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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Hambourg (Allemagne) : Ça fait “boum” au domicile du chef de la police !
Article mis en ligne le 24 septembre 2016
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Ça fait “boum” au domicile du chef de la police !

« 10.000 fois contrôlés, à 10.000 reprises rien ne s’est passé. Mais cette nuit (23 septembre 2016) ça a fait « boum ». »

A l’adresse du ‘Raamfeld 12’ se trouve le Carport [abri pour voitures] du chef de police Enno Treumann¹, juste devant sa maison. Les bagnoles de la famille ‘Treumann’ ont été détruites par le feu et la nuit paisible de ce chasseur d’hommes a été perturbée.

Enno Treumann est le chef de police de la “Region Mitte” et compte parmi les plus hauts rangs de la police d’Hambourg et est depuis le 20 avril 2016 le chef de la « Task-Force Drogen » [équivalent de la brigade des stups en France]. Cette unité spéciale de 80 personnes mène une chasse à l’homme envers les dealers présumés de Sankt-Pauli, à Sternschanze et St-Georg. Son bilan : 230 interventions ont été menées entre avril et fin août dernier, plus de 11.500 personnes ont été contrôlées, au moins 5000 interdictions de territoire et de séjour ont été prononcées, plus de 350 personnes ont été pour l’instant arrêtées, 2000 plaintes émises, 60 mandats d’arrêt et 13 peines de prison ont été prononcées.

Dans le cadre de la coopération entre les administrations, il y a eu au moins 5.000 flics en intervention. Petit à petit, les zones d’intervention des flics de la ‘Task Force’ sont devenues des zones interdites aux personnes de couleur. Une rafle à l’initiative de Treumann dans les immeubles de la Hafenstraße à Sankt-Pauli a marqué l’apogée médiatique : près de 300 agents, incluant des flics lourdement armés des unités spéciales d’intervention, ont bouclé la rue, fracturé une porte de logements et ont embarqué une multiprise et un câble électrique.

Dans la cour, les flics ont arrêté provisoirement 300 dealers présumés. Le sénat d’Hambourg et la police ont montré leurs muscles dans leur « guerre contre les drogues ». Le préfet de police Meyer a dit : « Nous ferons en sorte de mettre les dealers dans une situation aussi inconfortable que possible !  »

Qu’une personne soit restée sur le carreau après une opération similaire, comme Jaja Diabi, qui a été arrêté à cause d’un à deux grammes de cannabis et qui ensuite est mort en prison, le pouvoir d’Etat n’en a rien à faire.

Par contre, des manifestations contre les contrôles racistes devant le domicile du sénateur à l’intérieur ‘Grote’ sont qualifiées comme quelque chose d’inadmissible et d’insupportable.

Nous sommes plutôt partisan-e-s du principe : «  les responsables ont des noms et des adresses et "rendre à César ce qui est César" »

Le chef de police de la ‘région Mitte’, Enno Treumann, s’occupera des tâches opératoires pendant le sommet du G20. Les maisons et les véhicules des chefs de police sont pour nous des cibles légitimes.

Nous soutenons la proposition de celles et ceux – ayant attaqué il y a quelques semaines la compagnie maritime ‘Cosco’ – qui consiste à attaquer les structures de la domination avant le sommet du G20 et de dire adieu, à Hambourg comme n’importe où ailleurs, à tout ce qui nous met des bâtons dans les roues sur notre chemin pour une société libérée.

Aujourd’hui [23 septembre 2016], nous avons dit adieu aux voitures du chef de police Treumann.

Flics, cassez-vous ! Personne ne vous regrettera !

Stoppons les contrôles racistes !

[Traduit par Lechatnoiremeutier de l’allemand de linksunten indymedia, 23. September 2016]

NdT :
¹Si l’on traduit le nom de cette crapule de flics, ça donne littéralement “l’homme fidèle”. Comme le hasard fait bien les choses…