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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Notre-Dame-des-Landes : la voiture des journaflics à la barre de fer
Article mis en ligne le 8 octobre 2016
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Notre-Dame-des-Landes : les vitres brisées d’une voiture de France 3 Pays de la Loire

F3 Pays de la Loire, 08/10/2016 à 18:53

Un véhicule de reportage de notre rédaction a vu ses vitres brisées à coups de barre de fer cet après-midi à Notre-Dame-des-Landes alors que nos confrères rendaient compte de la manifestation des opposants au projet de transfert de l’aéroport, ils n’ont pas pu continuer leur travail.


Notre-Dame-des-Landes : les opposants font « résonner les chants de leurs bâtons »

Le Figaro, 08/10/2016 à 18:36 (extrait)

Dans une ambiance bon enfant, entre 12.000 et 40.000 manifestants se sont réunis samedi sur la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes pour protester contre le projet d’aéroport. Une mobilisation qui doit se poursuivre dimanche.

Un Compostelle altermondialiste. C’est l’image qui vient, à voir sur ces chemins du maquis nantais tous ces jeunes, retraités, familles, agriculteurs et militants écologistes qui convergent en trois cortèges distincts, bâtons en main « pour les mettre dans les roues » du gouvernement, vers le cœur nucléaire de la lutte anti-aéroport : la ZAD (Zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes. Réjouis par un beau soleil d’automne, ils cheminent tous vers la ferme de Bellevue, un lieu symbolique de la ZAD, dans une ambiance bon enfant. Pancartes, slogans et autocollants en forme de cœur « Défendre la ZAD, c’est vital » sont partout. Ici on prend la pose pour un selfie de groupe devant la haie impressionnante des bâtons peints et sculptés, plantés en bout de parcours « dans la terre de Notre-Dame-des-Landes », comme un gage de la promesse lancée par l’association historique de la lutte, l’Acipa : venir chacun les rechercher, « pour résister », si le gouvernement lance l’ordre de l’expulsion de la ZAD. Plus loin on chante, on distribue des tracts, on sommeille dans le foin du champ voisin où chapiteaux, échoppes vegan où l’on peut manger des « burger keuf », tribunes, scènes musicales et buvettes, où « le prix est libre » mais « la participation consciente », grouillent de monde.

À en juger par l’affluence et la détermination des troupes, la démobilisation des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’est pas à l’ordre du jour, même après leur défaite au référendum qui, en juin dernier, avait remporté 55 % de « oui » au projet. Une nouvelle fois, des milliers de personnes ont répondu présentes ce week-end au rassemblement national de la lutte contre la construction de l’aéroport. À l’appel de « Que résonnent les chants de nos bâtons ! », thème symbolique de la lutte du Larzac, de 12.800 (selon une estimation de la préfecture de Loire-Atlantique) à 40.000 opposants (selon les organisateurs) ont convergé de toute la France vers le site qui devrait être expulsé à l’automne par les autorités pour permettre le début des travaux.

« A Calais ou ailleurs, no borders, ni papiers ni frontières »

Sur la « vigie », une banderole affiche la détermination à rester : « Expulsions : ni ici ni à Calais ». Prévue en octobre par Manuel Valls, l’expulsion de la Zad ne devrait pourtant intervenir qu’après celle de la « jungle » de Calais (prévue avant décembre, s’est engagé François Hollande), où le gros des forces de l’ordre sera requis. Le parallélisme avec les migrants est de plus en plus présent sur la Zad. Dans le champ des festivités et des buvettes, d’autres pancartes habillent les cahutes : « A Calais ou ailleurs, no borders, ni papiers ni frontières ». Mais à ce galimatias de messages engagés, s’ajoutent aussi des tracts et des stands contre le nucléaire, pour les naturalistes, contre les mines, pour les féministes… Mais, pour la coordination de la lutte contre l’aéroport, rien d’incompréhensible dans ce mélange des genres : c’est « la convergence des luttes ».

Après des fest noz et des concerts une grande partie de la nuit, les opposants continuent la mobilisation dimanche, non plus avec des bâtons, mais des outils dans des ateliers de construction disséminés ça et là sur la ZAD. Ces chantiers se multiplient tout comme l’installation de nouvelles exploitations, car « la sédentarisation est la meilleure réponse face à la menace d’expulsion », explique un zadiste vivant ici parmi 200 à 300 autres permanents. Pour Dominique Fresneau, co-président de l’Acipa, « ce fort ancrage » fait décroître « l’inquiétude d’une intervention des forces de l’ordre ». « Nous sommes plus sereins », affirme-t-il.