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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Gênes/juillet 2001 : un siècle de prison distribué aux "black bloc" en cour d’appel
Article mis en ligne le 17 octobre 2009
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Gênes 2001 : un siècle de prison contre les "black bloc"

Un siècle de prison pour les manifestants qui ont "dévasté" et "pillé" Gênes lors du G8 de 2001. 48h après l’acquittement du préfet Gianni De Gennaro, pleuvent des mesures très dures contre 10 présumés Black bloc : 98 années et 9 mois d’incarcération en tout. Prescription et acquittement pour 15 autres inculpés qui ont participé aux désordres, mais avec la circonstance atténuante d’avoir réagi à une charge illégitime des forces de l’ordre [Il s’agit bien sûr des dissociés de Tute bianche, devenus Disobbedienti].

La deuxième section de la Cour D’appel du chef-lieu ligure a lu le verdict vers midi : Vincenzo Puglisi est condamné à 15 ans de prison, Vincenzo Vecchi à 13 ans et 3 mois, Marina Cugnaschi à 12 ans et 3 mois. "Des peines qu’on n’inflige pas même à des assassins. Et si ces jeunes ont commis un délit, c’est contre des choses, des objets. Pas des personnes", "En frapper 10 pour en éduquer des millions" a protesté le public dans la salle. Les avocats sont décontenancés et attendent les motivations écrites du verdict (il faudra encore 3 mois) mais parlent en attendant de décision "incroyable" : "On avait l’intuition, après les sentences plus récentes, qu’il soufflait un air mauvais : mais il y a ici des inculpés qui ont pris plus de 10 ans pour avoir brisé une vitrine, et c’est tout", commente l’avocat Roberto Lamma.

Maria Rosaria D’Angelo, présidente du tribunal, a partiellement changé la décision prise en première instance en décembre 2007 : par rapport à avant, le total des peines diminue un petit peu (10 années en moins), mais se durcit contre les dénommés Black Bloc. Les juges ont confirmé que la charge des forces de l’ordre via Tolemaide, en début d’après-midi du 20 juillet, était illégitime. Cet assaut contre le cortège des No-global a déchaîné l’enfer où trouvera ensuite la mort Carlo Giuliani [assassiné par les flics alors qu’il tentait de défoncer une jeep de carabiniers, Ndt]. Massimiliano Monai, le jeune qui se trouvait à côté de lui lors de l’attaque contre la Jeep Defender des carabiniers avait été condamné en première instance à 5 ans de prison : la prescription a en revanche maintenant définit qu’il n’effectuera pas de peine.

"Je m’honore d’avoir participé en homme libre à une journée de contestation contre l’économie capitaliste" avait déclaré Vincenzo Vecchi. Carlo Cuccomarino a été condamné à 8 années, Luca Finotti à 10 années et 9 mois, Alberto Funaro à 10 années, Dario Ursino à 7 années. Antonino Valguarnera, qui avait effectué son service militaire en Bosnie avant le G8 et même décoré, accusé d’avoir jeté des molotovs, a pris 8 années (...)

[Traduit de l’italien de La Repubblica, 9 ottobre 2009]