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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Camp de Moria (Lesbos, Grèce) : destruction incendiaire des locaux de l’Union européenne par des migrants
Article mis en ligne le 26 octobre 2016
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Des locaux de l’Union européenne incendiés par des migrants à Lesbos

RTS, 24/10/16 18:47

Des conteneurs abritant des employés du service d’asile ont été incendiés et "presque détruits" lundi lors d’une action de protestation d’un groupe de 70 migrants dans le camp de Moria, sur l’île grecque de Lesbos.

Les employés dont la plupart du bureau européen d’appui pour l’asile (EASO) sont aussitôt sortis des conteneurs et aucune victime n’a été signalée, a précisé une source policière.

José Carreira, directeur de l’EASO a indiqué qu’"au moins quatre conteneurs dans lesquels des interviews ont lieu, ont été entièrement détruits, et trois autres endommagés".

Des heurts dégénèrent

Les employés ont quitté les lieux et le feu a été rapidement circonscrit par les pompiers, a-t-il ajouté.

Les incidents, qui ont duré environ une heure en fin matinée, ont commencé quand "des migrants, en majorité des Pakistanais et Bangladais, ont jeté des pierres contre des policiers et mis le feu à des couvertures qu’ils ont jetées sur des conteneurs abritant des services d’asile", a expliqué la source policière.

La police a procédé à une dizaine d’interpellations.


Incendie de l’EASO à Lesbos : “Nous travaillons dans un environnement difficile, où les tensions ne cessent de monter”

La Libre Belgique, lundi 24 octobre 2016 à 23h15 (extrait)

Ce lundi, trois conteneurs abritant des employés du service d’asile du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) ont été incendiés et "presque détruits" lundi lors d’une action de protestation d’un groupe de 70 migrants dans le camp de Moria, sur l’île grecque de Lesbos. La tension ne cesse de monter dans ce camp d’une capacité de 3500 places, mais où s’entassent plus de 5000 migrants. Ceux-ci sont bloqués sur l’île, dans des conditions atroces, en attendant qu’une décision soit prise quant à leur demande d’asile. L’EASO joue un rôle central dans l’application de l’accord migratoire entre l’Union européenne et la Turquie, puisqu’il réalise des examens préliminaires pour déterminer si les demandes d’asile sont ou pas recevables et donc si les réfugiés devraient retourner en Turquie pour y obtenir une protection.

Jean-Pierre Schembri, porte-parole à l’EASO, évoque les conditions de travail difficiles des membres de l’agence sur les îles grecques.

Pouvez-vous nous donner plus de détails sur l’incident qui a eu lieu aujourd’hui à Lesbos ?

Vers 8h45 ce matin, il y a eu des incendies aux environs du bureau de EASO où travaille l’équipe en charge de l’asile. En réalité, nous avons des bureaux mobiles, des conteneurs qui se trouvent dans le camp Moria. Au moment de l’incident, des interviews avec des demandeurs d’asile étaient en train de se dérouler. Tout le monde a dû être évacué d’urgence. Notre site, nos bureaux mobiles, nos ordinateurs ont été abîmés par les flammes. Nos opérations ont donc dû être interrompues pour la journée et je pense que ce sera le cas également pour les jours suivants. Nous devons évaluer les dommages subis, mais notre objectif reste de redémarrer le plus vite possible nos activités à Lesbos.

Avez-vous déjà connu ce genre de situation par le passé ?

Oui. Nous avons déjà dû faire face à beaucoup d’incidents. Il y a environ une semaine, un de nos interprètes a été hospitalisé après avoir été attaqué avec des pierres. Nous avons dû prendre plusieurs mesures de sécurité telles que la mise en place de sorties d’urgence ou l’appel à une entreprise privée de sécurité qui accompagne constamment les membres de EASO. Mais, évidemment, il y a des incidents que nous ne pouvons pas éviter. Car nous avons besoin, par exemple, de plus de policiers anti-émeute grecs qui soient présents dans le camp afin de nous permettre de continuer notre travail.

Comment les membres de l’équipe EASO font-ils face à cet environnement ?

Tout le monde ne peut pas faire le travail que nous faisons. Notre équipe est composée de professionnels qui ont beaucoup d’expérience dans le domaine. Avant d’être envoyés sur le terrain, nos membres suivent des formations, notamment pour savoir assurer leur sécurité. Ils sont donc préparés à faire face à des tensions. Mais en réalité on ne peut jamais être prêt à affronter un incendie dans nos locaux.

Comment interprétez-vous ces attaques ?

Cela est sans doute dû à un manque de compréhension de nos décisions et de notre travail de la part des migrants. Cela peut être aussi le résultat d’une frustration due à une longue période d’attente avant d’avoir accès à la procédure de demande d’asile. Aussi, ces gens vivent dans une peur constante d’être renvoyés de force dans le pays qu’ils ont quitté. Malheureusement, c’est un mélange d’éléments qui peut être explosif. Nous ne travaillons pas dans un environnement facile, ce n’est pas un environnement de travail normal. Donc nous nous attendons à faire face à ce genre de situations. Mais si on arrive à renforcer encore plus la sécurité, peut être que nous pourrons éviter une escalade de la situation.