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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Hochelaga (Montréal) : Attaquer plus que des vitrines [mis à jour]
Article mis en ligne le 29 novembre 2016
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Attaquer plus que des vitrines : attaques à Hochelaga

Montréal Contre-Information, novembre 29, 2016

Il y a près d’un an, les biens pensants du quartier se sont indigné face à une attaque contre Electric Kids, dont la devanture avait été aspergée de peinture mauve – dont on peut encore voir les traces aujourd’hui.

Cette nuit, nous avons décidé d’attaquer d’autres commerces de la rue Sainte-Catherine – trois boutiques de meubles design, une agence immobiliaire et un salon de coiffure bobo. Si c’est cette stratégie que nous employons, il ne s’agit pas que de faire parler ceux et celles qui appuient et participent à la gentrification d’Hochelaga. Nous désirons faire plus qu’élever notre voix, faire plus que nous indigner face à ce mouvement qui nous chasse lentement du quartier. Plutôt que de se contenter de fracasser leurs vitrines, nous avons décidé d’asperger l’intérieur des commerces de design de peinture afin de ruiner leur marchandise. Il s’agit d’affecter directement ces marchands, et pas uniquement la façade qui les protège.

Ces vitrines détruites, cette marchandise ruinée par la peinture, c’est un acte de guerre. Nous ne laisserons pas ces boutiques s’installer en paix – cette paix de façade qui n’est autre que l’invisibilisation de la guerre en cours contre les pauvres et les marginaux.ales. Nous ne les laisserons pas faire monter les prix de nos loyers, et participer au nettoyage social qui vient nécessairement avec leur clientèle Bon Chic Bon Genre.

Nous ne laisserons pas agir impunément ni la mairie qui participe à faire de ce quartier un endroit hostile à ceux et celles qui ne se conforment pas, ni les entrepreneurs de condos ultra-design qui renforcent l’isolation et la pauvreté relationnelle.

Ces boutiques sont le visage sympatique d’un processus violent que nous désirons saboter, au même titre que les voitures de luxe, les condos en construction, les voitures de police qui patrouillent le quartier, et tous les autres efforts mis en place pour rendre nos quartiers stériles et contrôlés par les intérêts des propriétaires et des riches.

Fuck la gentrification.


Vandalisme dans cinq commerces de Hochelaga-Maisonneuve

Métro, 28 novembre 2016 | 11:03

Cinq commerces de la rue Sainte-Catherine ont été la cible de vandales, dans la nuit du 27 au 28 novembre, dans Hochelaga-Maisonneuve.

Tous situés près de l’intersection de la rue Sainte-Catherine et de l’avenue d’Orléans, les commerces touchés sont la boutique Showroom, la boutique de meubles Montréal Moderne, le salon de coiffure Cornette Touffue, le commerce Lavoie Luminaires et une agence de gestion immobilière.

En plus d’avoir fracassé les vitrines, les vandales ont endommagé la marchandise exposée pour la vente, en aspergeant des meubles avec de la peinture en aérosol, rapporte le propriétaire de la boutique Montréal Moderne, Martin Lefebvre, qui se spécialise dans la remise à neuf de meubles des années 60.

« Je suis trop bouleversé pour commenter davantage, exprime M. Lefebvre sur sa page Facebook. Une chose est certaine par contre. Je vais travailler avec encore plus de détermination et d’acharnement pour vous revenir le plus vite possible. »

De son côté, la boutique « Du Design, Du Retro et du Kitsch » a dénoncé les actes posés par les vandales.

« On ne peut qu’être solidaire envers nos voisins qui subissent pour certains une deuxième vague de vandalisme, affirme-t-on. Des vitres brisées à la limite, ça se remplace facilement, mais de la peinture à la grandeur des magasins c’est autre chose. »

Enquête en cours

Selon le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Benoit Boisselle, il est possible que les actes de vandalisme soient le résultat d’un mouvement contre l’embourgeoisement du quartier. On estime cependant qu’il est trop tôt pour le confirmer.

« Une dizaine de personnes masquées auraient pris part au mouvement, vers 1h30. Toutefois, aucune arrestation n’a été effectuée », mentionne M. Boisselle.

Une enquête est en cours pour tenter de retracer les coupables.

Réal Ménard, maire de l’arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, a de son côté dénoncé les actes commis.

« Tous les moyens doivent être pris pour que des accusations soient portées dans ce dossier, souligne M. Ménard. Peut-être qu’on devrait envisager l’installation de caméras de surveillance près des commerces. Une chose est certaine, il faut que quelque chose soit fait. On ne peut pas mettre les commerçants dans des situations comme celles-là à répétition. »

Ces événements ne sont pas sans rappeler d’autres cas semblables survenus dans le quartier, notamment au mois de février dernier. Des commerces avaient été la cible de graffitis, pour dénoncer l’embourgeoisement et le capitalisme.

En ce sens, rappelons qu’un comité spécial créé récemment par l’arrondissement tiendra des assises sur l’embourgeoisement, le 15 mai prochain.