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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Birmingham (Angleterre) : Au sujet de la mutinerie la plus dévastatrice depuis une vingtaine d’années
Article mis en ligne le 27 décembre 2016
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Dans la nuit du vendredi 16 décembre, une mutinerie a éclaté à la prison de Birmingham , connue sous le nom de ‘Winson Green’. Pendant près de douze heures, les nombreuses unités de police anti-émeute n’ont pas pu contenir la rage qui n’a fait que se répandre au fil des heures dans les bâtiments de la prison. Au moins quatre ailes de la taule ont été saccagées : des spots de lumière et des caméras ont été détruits, plongeant l’aile ‘N’ dans l’obscurité totale ; des documents administratifs ont été cramés. La salle de dépôt du matériel de sécurité (casques, boucliers, armes…), ainsi que la salle de sport et la pharmacie, ont été prises d’assaut et pillé par les émeutiers.

Pourtant, les matons ont tout fait pour limiter le désordre : en verrouillant certaines portes de sécurité et en enfermant les prisonniers dans leurs cellules. Ces quelques précautions des bourreaux n’ont pourtant pas été suffisantes : un maton a été maîtrisé par des mutins qui lui ont volé ses clés, ce qui a permis d’ouvrir bon nombre de cellules. Au total, près de 600 détenus auraient pris part au soulèvement. Les quatre ailes L, M, N et P ont été sous le contrôle des prisonniers pendant plusieurs heures.Les bâtards en uniforme de l’entreprise G4S qui gère la prison ont été contraints de reconnaître leur défaite et d’appeler le ministère de la justice à la rescousse. Les équipes spéciales d’intervention dans les prisons (appelées « Tornado ») ont été envoyées pour mater la rébellion, tandis que divers foyers d’incendies étaient allumés un peu partout et que des cris de guerre des mutins étaient audibles depuis l’extérieur.

Des témoignages de proches des détenus rapportent que des portes ont été détruites et des barreaux retirés. Il a aussi été rapporté que le bureau des services de probation a été visité par les émeutiers, comme en atteste les restes noircis de documents administratifs retrouvés. Un ordinateur a même été jeté par la fenêtre du bureau. Des flics anti-émeute sont ressortis des affrontements avec leurs uniformes souillés de peinture.

Il semble que cette révolte ait éclaté dans la matinée de ce vendredi après que les gardiens aient privé les détenus d’activités (interdictions notamment de regarder la télévision et d’aller en salle de sport).

Un prisonnier rapporte que deux prisonniers sont morts en l’espace de deux semaines après avoir pris de la « Black mamba » [1].

Un autre prisonnier a dit :

« Je n’ai jamais vu une chose pareille auparavant. Le plus gros problème pour nous est le manque d’exercice. Ils nous ont dit d’arrêter d’utiliser la salle de sport et d’avoir une quelconque activité sportive. Lorsqu’on nous a dit ce matin que nous n’aurions pas accès à la salle de gym, tout le monde est devenu fou. Ils en ont eu assez. Ils annulent le sport tout le temps, les douches sont froides, la bouffe est dégueulasse, le chauffage toujours débranché et nous n’obtenons jamais notre courrier à l’heure. »

Les forces anti-émeute sont venues à bout du soulèvement dans les quatre ailes après douze heures d’intervention. Elles se sont retirées vers 23h. Depuis, la répression a déjà débuté : au moins 240 détenus sont en cours de transfert vers d’autres prisons.

Mise-à-jour 18 décembre 2016 :

La prison de ‘Hull’ [2] est au bord de l’émeute après que 15 personnes impliquées dans la mutinerie à la prison de Birmingham ce vendredi y aient été transférées. Les détenus de catégorie B enfermés dans la prison se sont révoltés en attaquant les matons et en foutant le feu aux caméras de surveillance. Cela arrive seulement deux jours après que 600 détenus aient saccagé quatre ailes de la prison ‘Winson Green’ à Birmingham (West Midlands)

[Traduit librement par Lechatnoiremeutier du blog Fire on the Horizon, 2016/12/17 & 2016/12/18 (voir ici et )]

NdT :
[1] Drogue synthétique très répandue et facilement accessible sur le marché
[2] Prison située dans la ville de Kingston upon Hull (East Riding of Yorkshire), enfermant près de 1000 détenus.