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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Etampes (Essonne) : attaque et destruction d’une caméra pendant son installation
Article mis en ligne le 28 décembre 2016
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Nouvelle attaque de policiers pour une caméra de surveillance

Le Parisien | 28 décembre 2016, 7h00

La ville a décidé d’installer une 6e caméra à la Croix-de-Vernailles. Au grand dam de certains jeunes, qui ont pris à partie ouvriers et forces de l’ordre et détruit une partie de l’équipement.

Au sol, quelques fils dépassent. Un cône de signalisation indique l’endroit où devait se dresser le mât accueillant une caméra de vidéosurveillance. Quelques morceaux de verre témoignent de la violence des affrontements survenus lundi, en fin, de journée, en bordure du quartier de la Croix-de-Vernailles à Etampes. C’est là que des policiers ont été pris à partie par une quinzaine de jeunes sérieusement remontés contre l’installation de cette caméra décidée par la mairie.

Dans l’après-midi de lundi, des techniciens de la société Spie viennent installer l’équipement. Mais rapidement, leur présence déplaît à un groupe de jeunes. L’ambiance se tend et les policiers sont appelés à la rescousse. Il est finalement décidé, en accord avec la mairie, de décrocher du poteau la caméra et le dôme.

Vers 19 h 30 les policiers sont à nouveau appelés car des jeunes avec des écharpes remontées jusqu’aux yeux et des capuches sur la tête s’en prennent au mât. « Ils l’ont couché assez facilement raconte une source proche de l’enquête et ils ont incendié le boîtier électrique sur lequel devait être branchée la caméra. » Des jets de pierres et de bouteilles de verre visent les forces de l’ordre qui, pour disperser tout le monde, font usage de grenades lacrymogènes. Des renforts de policiers arrivent dans le quartier. Personne n’est blessé et aucun émeutier n’est interpellé.

« Nous avons décidé d’installer trois nouvelles caméras dans ce quartier, explique Franck Marlin, le maire (LR) d’Etampes. A cet endroit, il y a l’école d’infirmières et un peu plus loin un foyer d’élèves infirmiers où des exactions ont déjà été commises. » Une habitante du quartier décrit : « C’est un coin assez reculé où il n’y a pas trop de passage et ce n’est pas très bien éclairé. On observe parfois du va-et-vient mais on ne sait pas trop ce qu’il s’y passe. »

Pas la bienvenue dans ce lieu de deal

Un chemin de terre situé à l’extrémité de cette voie sans issue pour les voitures permet de prendre la fuite rapidement à pied. Un jeune explique que « ça deale » loin des fenêtres des immeubles et donc des témoins. « Les caméras installées dans le quartier ont aussi poussé les dealeurs à l’écart des habitations. »

Logiquement, cette caméra n’était pas la bienvenue dans le quartier. Selon nos informations, des menaces ont été proférées contre ce nouvel équipement ce que dément Franck Marlin : « Même si nous avions reçu de telles menaces, nous n’aurions pas décidé de reculer. Force doit rester à la loi... »

Philippe Toussaint du Wast, du syndicat de police Alliance, peste : « Nous n’avons retenu aucune leçon de ce qui s’est passé à la Grande-Borne à Viry-Châtillon le 8 octobre, on continue à envoyer des hommes pour protéger une caméra. » Il fait référence à ses quatre collègues pris pour cible par des jets de cocktails Molotov alors qu’ils surveillaient une caméra régulièrement dégradée.

Dans un communiqué, Alliance, le syndicat majoritaire chez les policiers, a aussi dénoncé « ce sentiment de défiance et d’impunité totale, animant les individus que nos collègues rencontrent dans l’exercice de leur profession au quotidien. »

Franck Marlin appuie : « Cet événement est la preuve que cette caméra est bien utile. Nous irons au bout de cette installation. » Ce qui portera ainsi à six le nombre de caméras qui scrutent le quartier de la Croix-de-Vernailles.