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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Toulouse : attaque incendiaire contre un rouage de la machine à expulser
Article mis en ligne le 28 décembre 2016
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[Rappel : l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration), créé en mars 2009 et qui dépend du Ministère de l’intérieur, est un rouage important de la machine à expulser. Il est officiellement en charge de "la gestion des procédures de l’immigration professionnelle et familiale, la gestion du dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile, celle des aides au retour" ainsi que de "la lutte contre le travail illégal".
L’année même de sa création,la nuit du 20 au 21 décembre 2009, son siège central dans le 15e arrondissement de Paris avait subi une attaque en règle qui avait brisé un grand nombre de ses portes et vitres, tandis qu’un tag « Feu aux CRA – Non aux expulsions » avait été laissé sur place. En mai 2010, contre l’Etat et les frontières, c’est cette fois son annexe située rue de la Roquette à Paris, qui avait vu trois de ses vitres voler en éclat.
Comme le soulignait l’article Temps de guerre publié dans Avalanche n°6 (décembre 2015, p33), "Les personnels de l’OFII, autre instance en charge de l’« accueil » des demandeurs d’asile qui travaille en étroite collaboration avec le Département Lutte contre l’immigration irrégulière, sont quant à eux notamment responsables de la lourde tâche de promouvoir l’incitation au retour auprès de certains candidat-e-s détecté-e-s « non éligibles », ainsi que du transfert sur le lieu d’hébergement en cas d’assignation à résidence."
Le dispositif "Dublin" est le principal prétexte utilisé par la France pour expulser les réfugiés vers un autre pays européen (ou la Turquie depuis l’accord signé avec cette dernière), puisque ce règlement inter-étatique précise "que le premier pays ayant accordé un visa à tout(e) requérant(e) d´asile ou qui prélève les empreintes digitales de celui/celle-ci est responsable de sa procédure d´asile". Selon l’appel d’offre du 28 septembre 2016 visant à créer 5531 places d’hébergement sur tout le territoire, dans le cadre du programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile (PRAHDA), il est précisé que ces places d’accueil où sont actuellement balancés les réfugiés chassés des rues par la police après avoir été triés dans les Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO), seront destinées à la "préparation du transfert des personnes sous procédure Dublin", et au "suivi des personnes assignées à résidence dans ce cadre". Sur le document technique de l’appel d’offre, il est clairement mentionné que "les personnes placées sous procédure Dublin pourront être maintenues dans le lieu d’hébergement le temps nécessaire à la mise en oeuvre effective de leur transfert vers l’Etat responsable de l’examen de leur demande d’asile". En clair, les réfugiés seront renvoyés dans le pays européen qu’ils ont foulé en premier, pour y déposer leur demande d’asile, en vertu des accords de Dublin III.
L’OFII, chargé des demandes d’asile et de basculer les demandeurs dans ces nouvelles structures (PRAHDA) dont il va assurer le "pilotage", avec l’aide de très nombreuses associations humanitaires collabos, est donc en ce moment un des organismes principaux qui prépare concrètement l’expulsion en masse des réfugiés arrivés ces dernières années.


Toulouse : découverte d’un nouvel engin incendiaire

AFP, 27/12/2016 à 17:00

Une enquête pour "tentative de dégradation et destruction par un moyen dangereux" a été ouverte après la découverte d’un second engin incendiaire artisanal à Toulouse en moins de trois semaines, selon des sources judiciaires aujourd’hui.

Un dispositif rudimentaire, constitué de produits incendiaires et d’un système de mise à feu qui n’a pas fonctionné, a été retrouvé caché sur une roue de véhicule devant les locaux de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) près du quartier des Izards à Toulouse, lundi après midi. Non loin de l’engin, un tag proclamant "Stop Dublin" en référence au texte européen sur le droit d’asile avait été tracé sur un mur de l’OFII, "en proie à des dégradations régulières", selon son directeur en cours d’audition, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Un premier engin sommaire avait été retrouvé devant une église toulousaine le 8 décembre dans le quartier de la Roseraie, et ramené à l’Hôtel de police, où il avait été désactivé sans encombre.

Une enquête préliminaire a été confiée au SRPJ de Toulouse. Les enquêteurs n’avaient pas mardi établi de "lien avéré" entre les deux engins mais la police scientifique n’avait pas rendu ses conclusions.