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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Abbévillers (Doubs) : sabotage contre le projet d’éoliennes industrielles
Article mis en ligne le 8 mars 2016
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Le mât de mesures, sur le site du projet éolien d’Abbévillers Vandoncourt Hérimoncourt, a été dégradé

Est Républicain, 08/03/2016 à 08:01

Les dégradations, d’aucuns qualifient de sabotage, ont été découvertes voici trois semaines. Un habitant s’est aperçu que le mât de mesures des vents, installé sur le site du projet éolien d’Abbévillers Vandoncourt Hérimoncourt, était abîmé (en fait, il ne voyait plus l’imposante structure depuis sa fenêtre...). Le Doubien s’en est inquiété et a contacté la société Opale énergies naturelles, basée à Fontain (25).

Sur place, c’est-à-dire au cœur de la forêt Hollard, l’entreprise n’a pu que constater l’ampleur des dégradations. La structure, implantée en 2012, d’une hauteur de 100 m et coûtant 60.000 €, était mise en pièces. « Nous avons déposé plainte. Une enquête est en cours. Les câbles ont été coupés. C’est un acte de vandalisme gratuit », déplore Laurent Kientzel, chef de projets éoliens chez Opale. L’affaire pourrait en rester là.

Un projet à la traîne

Sauf que des vents contraires soufflent sur ce programme d’aménagement, lancé en 2009. Ainsi, l’association Libres comme le vent, qui s’oppose à cette implantation (comme aux autres), se sent montrée du doigt. Certes, les bénévoles qui ne cessent de sensibiliser l’opinion publique sur les risques d’un tel projet (pour la faune, la biodiversité, les maladies vibro-acoustiques, le stress, la destruction des paysages…) ne vont pas verser leur petite larme, ce serait hypocrite. « Mais ce n’est pas nous ! On y aurait gagné quoi ? Idéologiquement, cet acte ne nous servirait pas. Opale avait annoncé que le mât de mesures serait démonté au cours de cette année. C’est facile de nous faire porter le chapeau ! », commente Norbert Croce, le président de l’association qui regroupe 250 sympathisants.

« Nous n’avons pas les résultats de l’enquête. Il n’est pas question d’incriminer qui que ce soit. Mais on voit mal qui, à part un opposant, pourrait avoir sectionné les câbles ? », observe, pour sa part, Laurent Kientzel.

En l’état, le dossier paraît sinon compromis, tout au moins en suspens. Parmi tous les projets de ce type à l’étude, la zone de la forêt Hollard paraît le moins bien engagé et traîne en longueur. Des retards dus, selon la société Opale, à des contraintes techniques (ndlr : des études sont toujours en cours sur le radar météo de Montancy pour lequel les éoliennes seraient un écran gênant). D’autre part, la société Opale s’interroge (sans s’appesantir sur le sujet) sur la pertinence de réimplanter un nouveau mât à cet endroit. « À quoi cela servirait-il ? C’est inutile. Les mesures ont déjà duré plus longtemps que prévu. On sait très bien que sur cette zone, il n’y a pas assez de vent et que la production énergétique ne sera pas rentable. À mon avis, le dossier est ‘’embourbé’’. Nous demandons à la société la dépollution et la remise en état du site », reprend Norbert Croce.

Maire d’Hérimoncourt et vice-présidente de PMA, déléguée « environnement et énergie », Marie-France Bottarlini-Caputo est circonspecte : « Je suis favorable au développement du parc éolien. Mais ça ne sert à rien de ‘’planter des éoliennes’’ pour ‘’planter des éoliennes’’. J’ai eu plusieurs fois l’impression que le dossier était abandonné. D’ailleurs, on est passé d’un programme de 15 éoliennes à 6. Ce qui est certain, c’est que l’élue que je suis manque d’informations et d’éléments clairs sur ce projet ».