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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

La rage s’étend. Des Ulis (Essonne) à Mantes (Yvelines), les flics ramassent... [mis jour]
Article mis en ligne le 13 février 2017
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Ca pète hors de Seine-St Denis et de l’Ile de France...

"Ce week-end, pour la première fois depuis le début de l’affaire [c’est faux, notamment à Nantes ou à Grenoble, dans les cités comme en ville], des incidents se sont également déroulés hors de la Seine-Saint-Denis : Argenteuil (Val-d’Oise), Mantes-la-Jolie (Yvelines), [Torcy, en Seine-et-Marne] ou encore Les Ulis (Essonne) ont été le théâtre de violences plus ou moins importantes. Des heurts ont également eu lieu en province, à Villeurbanne (Rhône), Chambéry (Savoie) et Rodez (Aveyron)."
(Figaro, Affaire Théo : la carte des violences en Ile-de-France, 13/02/2017 à 16:24)

...pendant que des journaflics sont identifiés comme l’ennemi

"Un journaliste de BFM Paris a été agressé hier alors qu’il quittait Argenteuil après avoir terminé son reportage, et il va porter plainte ainsi que la chaîne, a précisé une porte-parole de BFM Paris. Des heurts se sont produits dans cette ville du Val-d’Oise entre jeunes et forces de l’ordre, "sans doute" liés à l’affaire Théo.

RTL a déposé plainte après avoir perdu un véhicule technique, incendié parmi d’autres voitures à Bobigny. La radio a indiqué que son équipe sur place avait été "choquée mais pas blessée". Samedi également, une camionnette aux couleurs d’Europe 1 a été la cible d’un pavé qui a brisé une vitre et un journaliste de l’AFP s’est fait arracher sa caméra alors qu’il filmait les incidents. Le journaliste a déposé plainte pour vol."
(AFP, Violences à Bobigny et Argenteuil : deux médias portent plainte, 13/02/2017 à 16:28)

...et que les vieux vautours institutionnels s’agitent

Ce lundi, des représentants de SOS Racisme, du Cran, de la LDH, de la Licra et du Mrap ont été reçus par le Premier ministre, Bernard Cazeneuve. L’occasion pour ces associations de proposer des pistes pour lutter efficacement contre le racisme et les violences policières, plus d’une semaine après la mise en examen de quatre policiers pour viol et violences sur le jeune Théo, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)...
Les associations imaginent un organisme sur le modèle du Conseil économique social et environnemental, qui réunisse des policiers, des magistrats, des personnes qualifiées appartenant à la société civile. Et que les citoyens pourraient saisir pour apporter leurs idées et participer au débat.
(20Minutes, Violences policières : Les cinq solutions avancées par les associations pour apaiser les tensions, 13.02.2017 à 16:25 - extrait)


Torcy. Des équipements publics dégradés pour « venger Théo »

Le Parisien | 13 février 2017, 17h20 (extrait)

« C’est signé », souffle un passant ce lundi midi en désignant le graffiti jaune et gris apposé sur un mur de l’Arche Guédon, à Torcy. Le message est explicite : l’inscription « pour Théo », le jeune habitant d’Aulnay-sous-Bois victime de violences policières jeudi 9 février, orne le dessin représentant un postérieur et une matraque. L’inscription anti-police est sans équivoque.

Dimanche, vers 22h30, d’importantes dégradations matérielles sur des équipements publics ont été commises aux abords de la Place des Rencontres, en pleine zone de sécurité prioritaire (ZSP). Outre le tag injurieux envers la police, dix baies vitrées de l’Office municipal d’animation de la cité (Omac) ont été caillassées. Après avoir forcé la porte principale, les casseurs ont gagné le premier étage. Le hall a été incendié et complètement détruit mais, par chance, les salles n’ont pas été touchées grâce aux portes coupe-feu. Les pompiers sont parvenus à éteindre le feu dans la nuit mais les épaisses fumées ont noirci les murs.

La Ville a porté plainte. « Nous ressentons de l’amertume et un peu de colère. On fait tellement pour ce quartier ! L’Omac est un lieu de convivialité de regroupement pour la jeunesse, les familles et les associations. Nous ne comprenons pas... », se désole Michel Vermot, adjoint au maire délégué à l’habitat et à l’urbanisme. Le montant des dégradations, qui incombera à la commune, n’a pas encore été évalué.

Des vitres de la direction du réseau des médiathèques, à quelques dizaines de mètres de là, avaient été brisées juste avant, ainsi que celles d’un véhicule de la télévision locale Canal Coquelicot. C’est finalement une alarme qui a mis les vandales en fuite. Plusieurs « individus » ont été aperçus par les policiers de la brigade anticriminalité, mais ils se sont enfuis dans les dédales piétonniers et personne n’a été interpellé. Il n’y a pas eu de heurts avec la police. « Nous restons en alerte », indique une source policière. « Dimanche, je suis resté jusqu’à 4 heures du matin. Les jeunes ne sont pas revenus nous menacer. Nous avons sécurisé les lieux », poursuit Michel Vermot. Le commissariat de police de Noisiel mène l’enquête.


Essonne : un commissariat attaqué aux Ulis

Le parisien | 13 février 2017, 8h52

Après Bobigny (Seine-Saint-Denis) samedi et Argenteuil (Val-d’Oise) dimanche soir, de violents incidents ont éclaté aux Ulis (Essonne) dans la nuit de dimanche à lundi et dans les Yvelines.

Le commissariat des Ulis (Esonne) a été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi, tandis que des violences urbaines ont aussi été perpétrées dans le Val d’Oise et en Seine-Saint-Denis. Les dégradations du poste de police ont duré une bonne partie de la nuit. Trois voitures des forces de l’ordre ont été détériorées. Tous les effectifs de police de nuit du département ont été mobilisés.

Selon nos informations, trois vagues successives d’attaque du commissariat des Ulis ont eu lieu, entre 23h30 et 4h du matin. Une vingtaine de personnes auraient jeté des cocktails Molotov et pierres sur l’édifice public. Plusieurs voitures de particuliers ont également brûlé à cause des cocktails Molotov.

C’est d’abord un véhicule de police en patrouille qui aurait été visé par des jets de projectiles. Les assaillants auraient alors poursuivi les fonctionnaires jusqu’au commissariat obligeant les agents à se réfugier à l’intérieur une bonne partie de la nuit. Outre les véhicules de polices endommagés, trois abribus ont été détruits.

Personne n’a été interpellé.

Ce commissariat devait être rénové et sécurisé. Des fonds avaient été débloqués en ce sens. Mais l’entreprise mandatée pour les travaux a fait faillite et les travaux n’ont jamais eu lieu. « Nous dénonçons le manque de moyens en effectifs et matériels dont souffre notre département », indique le syndicat de police Alliance.

« Avec l’affaire Théo, on a l’impression que les émeutes de 2005 vont reprendre », confie un policier de nuit sur ce secteur.

A Argenteuil (Val-d’Oise), de violents incidents se sont également produits dimanche soir, au lendemain du rassemblement organisé pour Théo et qui a dégénéré en Seine-Saint-Denis. La police a procédé à 11 interpellations. En Seine-Saint-Denis, dix personnes ont aussi été interpellées dans la nuit, selon la préfecture de police de Paris. « Un groupe d’une cinquantaine de jeunes (de la commune voisine) du Blanc-Mesnil sont allés à Drancy avec des barres de fer, explique une source policière. Ils ont cassé sept voitures et la vitre d’une crèche a été brisée d’un coup de marteau ». Les interpellés seraient tous mineurs.

Selon cette source, une dizaine de voitures ont par ailleurs été incendiées sur le département pendant la nuit et des projectiles ont été lancés en direction des policiers en faction devant le poste de police situé au coeur de la cité des 3 000 d’Aulnay-sous-Bois. C’est dans cette cité que Théo, 22 ans, a subi un viol présumé le 2 février lors d’une interpellation violente.

Les Yvelines ne sont pas épargnées par la montée de la tension dans les quartiers sensibles. Durant la nuit de dimanche à lundi, les feux de poubelles et agressions envers les forces de l’ordre se sont multipliés. Huit feux de poubelles ont été allumés à Trappes, Achères, Mantes-la-Jolie et Sartrouville. Quatre voitures ont été incendiées à Limay, aux Mureaux et à Viroflay.

A Mantes-la-Jolie

A Mantes-la-Jolie, vers 21 h 30, les policiers ont été pris à partie rue Fragonard par une soixantaine de jeunes après avoir été appelés pour assurer la sécurité des pompiers venus éteindre un feu de poubelle. Dans le quartier plongé dans l’obscurité, les forces de l’ordre ont essuyé des pierres et d’un cocktail Molotov. Ils ont répliqué avec leur flash-ball et leur lanceur de grenades assourdissantes, tirant trente-neuf fois pour se défendre.