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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris : rage des fêtes contre les violences policières
Article mis en ligne le 4 mars 2017
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Récit de la manif sauvage du 3 mars : rage des fêtes contre les violences policières

Paris-Luttes, 4 mars 2017

Le rassemblement de Place des Fêtes contre les violences policières s’est transformé en manif sauvage à travers les petites rues du XIXe et du XXe, pour finir dans le XIe vers Parmentier.

Vendredi 3 mars, 18h, à Place des Fêtes, un rassemblement contre les violences policières était appelé. 3-4 grappes de bacqueux, certains casqués, et armés de LBD se posent aux abords et sur la place fouillant et palpant les gens dont les têtes ne leur reviennent pas. Cependant, beaucoup passent les mailles du filet, et assez rapidement une banderole « D’Aulnay à Paris, organisons-nous » est déployée. Les désormais classiques « Tout le monde déteste la police », « Flics, violeurs, assassins » « Zyed, Bouna, Théo et Adama, on n’oublie pas, on pardonne pas » sont scandés et des prises de parole assez inégales ont lieu. Est notamment rappelé le rassemblement ce samedi 4 mars à Beaumont en soutien à Bagui Traoré et celui devant la prison de Fleury-Mérogis en solidarité avec les prisonnier-es suite au mouvement contre la loi Travail, les mutins de la prison de Valence et les révolté-es suite au viol de Théo. Pendant ce temps, certain-es jettent des bouteilles sur les quelques bacqueux de l’autre coté de la rue, sans plus de réaction de leur part. Plusieurs tracts sont distribués, en solidarité avec Théo, pour se prémunir contre les arrestations et la justice, contre le filmage des gens en action ainsi qu’un plan commenté du quartier avec quelques bonnes cibles et les emplacements probables des flics (il manquait juste les caméras de vidéosurveillance du tiécar).

Finalement un cortège se met en branle. Comme la première rue (la rue des Solitaires, longue et étroite) me parait facile à nasser, je reste un peu en arrière, ce qui me permet de pouvoir assurer qu’on était plus de 400 à partir. Des tags fleurissent, pas mal en mode « section nique tout » (l’État, la justice, la police, la BAC, la BST…), un tag « Justice pour tous » est toyé en « Liberté pour tous », une camionette JC-Decaux est taguée « Exploiteurs », une agence immobilière ouverte voit sa vitrine taguée en mode vandale et un véhicule d’Engie prend des coups. Les poubelles sont renversées et certaines incendiées. Le cortège passe par des petites rues, avec certes moins de cibles à détruire mais beaucoup de gens à qui notre révolte parle. Traverser Place des Fêtes, Rigoles, Piat, Couronnes, la Banane en laissant des tags, criant notre haine des flics, cassant au moins deux DAB sur notre passage, ca change des grands boulevards et de l’affrontement quasi-rituel avec les flics. Des curieu-x-es nous rejoignent d’ailleurs dans la rue comme aux fenêtres. Arrivé-es à Ménilmontant, on aperçoit les CRS au loin. Les barricades s’avèrent efficaces, et ils sont obligés de nous poursuivre à pied, rue Oberkampf, où les patrons et clients bourgeois zélés aident les flics à remettre les poubelles et le mobilier urbain déposé en travers de la route. Sur la rue Oberkampf, ça a commencé à pas mal se disperser, en descendant la rue des A cerlés recouvrent les murs et un Crédit du Nord a ses vitres défoncées. Le restant de la manif s’est évaporé vers Parmentier, et les flics dépêchés en nombre semblent s’être fait balader.

Une petite demi-heure de sauvage, en mode tranquille, offensif, et communicatif, appelée de manière autonome. On remet ça ?

Un autre habitant du quartier