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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Saint-Denis (Seine St Denis) : fermer le bagne scolaire à coup de mortier, d’essence et de pavés [mis à jour]
Article mis en ligne le 7 mars 2017
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Saint-Denis : deux lycéennes de Suger poursuivies pour attroupement avec arme

Le Parisien | 10 mars 2017, 22h58

Les deux lycéennes qui avaient été interpellées jeudi devant le lycée Bartholdi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en possession d’un cocktail Molotov seront déférées demain devant un juge des enfants à Bobigny. Toutes deux mineurs, elles avaient été repérées en compagnie de cinq autres jeunes lycéennes de Suger en train de lancer des projectiles sur l’établissement. Elles devront s’expliquer toutes les deux pour attroupement avec arme et pour rébellion pour l’une d’elles.

D’autre part, le jeune lycéen qui avait été surpris jeudi matin avec deux cocktails Molotov dans son sac à dos à proximité de Suger est aussi poursuivi pour attroupement armé et devra également être entendu par un juge des enfants.

Ces nouvelles mises en cause s’ajoutent aux six mises en examen de lycéens de Suger, pour des attroupements armés malgré les sommations de dispersion, attroupement armé suivi d’effet, violences sur personne dépositaire de l’autorité publique et dégradations de biens publics. Ils avaient tenté de mettre le feu au lycée Suger mercredi matin et s’étaient affrontés violemment aux forces de l’ordre. Des échauffourées qui s’étaient conclues par l’interpellation de 55 lycéens et autant de gardes à vue.


Violences dans plusieurs lycées à Saint-Denis : six mineurs mis en examen

AFP, 10/03/2017 à 12h47

Après les violences dans des lycées de Saint-Denis, mardi 7 mars, six mineurs ont été mis en examen et deux autres ont été placés sous le statut de témoin assisté. Tous ont comparu devant un juge pour enfants pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », « attroupement armé » et « rébellion »

Six mineurs ont été mis en examen jeudi 9 mars, deux jours après des violences dans et aux abords de plusieurs lycées de Saint-Denis où de nouvelles interpellations ont eu lieu. Deux autres mineurs ont été placés sous le statut de témoin assisté, a précisé le parquet de Bobigny. Les huit jeunes comparaissaient devant un juge pour enfants pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », « attroupement armé » et « rébellion ».

Cinquante-cinq personnes avaient été interpellées

Mardi 7 mars, après des incidents au lycée Suger, situé dans un quartier réputé difficile, des jeunes s’en étaient pris aux policiers, avaient incendié des poubelles et dégradé du mobilier urbain. Ils avaient aussi commis des dégradations dans un autre lycée et autour d’un troisième établissement. Cinquante-cinq personnes avaient été interpellées pour ces faits. La majorité d’entre elles ont été relâchées mercredi dans la soirée.

Jeudi, de nouvelles interpellations ont eu lieu près de deux lycées. Quatre personnes, un lycéen et trois étudiants, ont été arrêtées devant le lycée Suger, en marge d’un rassemblement de parents d’élèves demandant des explications sur les événements et qui ont été reçus dans l’établissement.

Le lycéen arrêté ce matin-là avait « deux cocktails Molotov » dans son sac, a précisé la préfecture de Seine-Saint-Denis. Les trois autres, des étudiants de l’université Paris 8, qui étaient en train de faire des « graffitis contre les violences policières », ont été interpellés pour « dégradations », selon une source policière.


Saint-Denis : 55 interpellations après plusieurs tentatives d’incendie au lycée Suger

France Bleu Paris Région, 7 mars 2017 à 21:04

55 personnes ont été arrêtées ce mardi matin, après une intrusion violente au lycée Suger de Saint-Denis. Un groupe a tenté de mettre le feu à l’établissement qui connaît des épisodes de violence à répétition depuis plusieurs mois.

Il est environ dix heures du matin, ce mardi, au moment de la récréation, quand les élèves et les professeurs entendent une grosse explosion au mortier dans le hall du lycée. "Il y a de la fumée, c’est irrespirable" nous raconte une enseignante qui souhaite rester anonyme. Les élèves sont rassemblés dans la cour par les EMS, les équipes mobiles de sécurité du rectorat, déployés dans l’établissement.

Les intrus tentent de mettre le feu à trois endroits différents en même temps, selon ce témoin. "Ils ont cherché à s’introduire dans le bâtiment B avec des produits incendiaires et ils ont répandu de l’essence dans les escaliers", raconte-t-elle. Les départs de feu ont été "rapidement maîtrisés" et les élèves évacués. Suite à ces événements, 55 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, aux abords du lycée, nous indique la préfecture de police de Paris. Selon une source proche de l’enquête, 44 d’entre elles sont des mineurs.

"On a demandé lundi un protocole d’urgence pour nous indiquer comment gérer les élèves dans de telles situations", raconte l’enseignante, car une première agression s’était déroulée ce lundi. Des jeunes situés à l’extérieur de l’établissement avait déjà tiré des projectiles contre les vitres de la salle des professeurs. "Ils nous visaient", raconte-t-elle.

"Je vois chaque année ce type d’incidents"

Le lycée subit depuis longtemps déjà la violence du quartier du Franc Moisin, près duquel il se situe. En septembre, les professeurs ont fait grève durant deux semaines pour réclamer des moyens humains après l’agression d’un surveillant. "On n’a pas été entendu", regrette l’enseignante, qui ajoute : "je vois chaque année ce type d’incident" avec à chaque fois des "éléments déclencheurs" comme la mort du jeune écologiste Rémi Fraisse ou cette année, semble-t-il, l’affaire Théo. "Ce qui m’inquiète c’est cette montée de la violence", dit-elle.

Najat Vallaud-Belkacem dénonce les violences

Il n’y a pas eu de cours ce mardi après les événements. Le rectorat de l’académie de Créteil indique ce mardi soir que l’établissement n’est pas fermé. On ne sait pas encore si les enseignants assureront les cours ce mercredi. "La violence, la casse, les dégradations sont inacceptables", a dénoncé ce mardi soir Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education, dans un communiqué. "L’Etat restera ferme face à ces situations, comme l’ont montré les interpellations de ce jour", ajoute-t-elle.

Selon Najat Vallaud-Belkacem, des violences ont également été commises dans deux autres lycées de Saint-Denis. La ministre précise qu’une réunion a eu lieu avec "les chefs d’établissement, les représentants des personnels, des parents d’élèves et des lycéens des trois établissements, en présence du préfet du département, de la rectrice de Créteil, du maire de Saint-Denis et du député de la circonscription."


Saint-Denis : 55 personnes en garde à vue après des échauffourées au lycée Suger

Le Parisien | 07 mars 2017, 21h58

Une cinquantaine de jeunes étaient en garde à vue, mardi, après avoir « caillassé des policiers » et incendié des poubelles à proximité d’un lycée de Saint-Denis que le proviseur venait d’évacuer après des jets de fumigènes.

Cinquante-cinq personnes (dont 44 mineurs) ont été interpellées et placées en garde à vue après des débordements qui se sont produits mardi, en fin de matinée, dans le lycée Suger de Saint-Denis et dans une moindre mesure aux lycées Paul-Eluard et Frédéric-Bartholdi. « La plupart des personnes interpellées sont scolarisées dans l’établissement », indique une source proche de l’enquête. L’établissement a dû être évacué et aucun cours n’a été assuré dans l’après-midi.

Face à cette situation d’urgence, la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem s’est rendue en fin d’après-midi à la direction académique de Bobigny, où elle s’est entretenue avec les chefs d’établissement. « La violence et la casse sont inacceptables, a-t-elle déclaré. L’Etat restera ferme. »

Un tir de mortier dans le lycée

Ce mardi, les premiers incidents ont éclaté dans l’enceinte même du lycée Suger. Vers 11 heures, trois foyers d’incendie ont été détectés dans les toilettes du 1er et du 2e étages. De la fumée s’est propagée dans les couloirs. Un tir de mortier a retenti. Curieusement, l’alarme incendie ne s’est pas déclenchée. Les enseignants apprendront plus tard qu’elle a été volontairement désactivée « pour ne pas effrayer les élèves ». A ce moment-là, dans les classes, les lycéens sont terrorisés. Une certaine confusion règne. Un enseignant muni d’un extincteur tente d’éteindre lui-même les flammes. « On a répandu de l’essence dans un escalier », ajoute avec effroi un professeur.

Au milieu de ces scènes de chaos, des ordres contradictoires sont donnés. « La direction nous demandait de faire rentrer les élèves. Tandis que des équipes mobiles de sécurité (NDLR : les EMS, dépêchées par le rectorat) ordonnaient l’évacuation des locaux », poursuit cet enseignant. Finalement, les élèves — 1 200 en temps normal  — ont été invités à sortir dans la cour. Pendant ce temps, sur le parvis du lycée, l’agitation est à son comble. Une bataille rangée entre des dizaines d’individus encapuchonnés et la police a éclaté devant l’établissement et dans les petites rues alentours. Les pavés volent, des containers renversés flambent. Les forces de l’ordre ripostent par des jets de gaz lacrymogène et des tirs de flash-ball.

Des signes avant-coureurs sur les réseaux sociaux

La veille déjà, le lycée avait fait face à des violences. Vers 9 h 40, la salle des professeurs, située au 1er étage, avait été la cible de jets de morceaux de parpaing faisant voler en éclat le double-vitrage. « Un projectile n’est pas passé pas loin de la tête d’un collègue », indique une jeune enseignante en état de choc.

Après cette montée de fièvre aussi violente que soudaine, personne n’était en mesure de comprendre les motivations des auteurs. Des signes avant-coureurs avaient filtré via le réseau social Snapchat. Il était question d’attaquer le lycée à coups de cocktails Molotov. Le message avait circulé parmi les élèves. « Ce matin, ma salle de classe était à moitié vide », confie cette professeur.

Début d’explication : une vidéo postée sur les réseaux sociaux avec des hashtags « blocus pour Théo » ou « blocus contre la police » offrait peut-être un début d’explication. Lors de ces deux journées, les enseignants ont fait valoir leur droit de retrait. Les cours devraient devraient reprendre ce matin, sous l’étroite surveillance de la police. Mais dans le corps enseignant, le coeur n’y est pas : « On a la trouille. Je n’avais jamais vu un tel niveau d’agressivité », s’inquiète une enseignante de Suger.