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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Valence (Drôme) : les mutins de novembre condamnés à 5 ans supplémentaires
Article mis en ligne le 11 mars 2017
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Prison de Valence : les deux meneurs de la seconde mutinerie condamnés à cinq ans supplémentaires

France Bleu Drôme-Ardèche, 11 mars 2017 à 12:33

Les deux meneurs de la seconde mutinerie de la prison de Valence condamnés à cinq ans de prison supplémentaires. En novembre, ils avaient pris le contrôle d’un bâtiment pendant près de trois heures et l’avaient saccagé. Les dégâts ont été chiffrés à près d’1,7 million d’euros.

Ils ne sortiront de prison qu’en 2026 et 2038. Deux détenus ont été condamnés vendredi à cinq ans de prison supplémentaires par le tribunal de Valence, pour avoir mené la seconde mutinerie à la prison de Valence.

Le 27 novembre dernier, ils avaient pris les clefs d’un gardien en le menaçant avec un couteau, avant d’ouvrir toutes les cellules et de libérer les 26 détenus du quartier maison centrale, celui des longues peines. Et pendant près de trois heures, ils avaient saccagé le bâtiment. Un déchaînement de violence comme un "appel à l’aide" selon les avocats des deux détenus. A l’audience, ils ont fait tourner le débat autour des conditions de détention à la prison de Valence.

Dans le box, Romain et José, les deux mutins de 33 et 27 ans, reconnaissent les faits. Selon eux, c’était le seul moyen de se faire entendre, pour montrer ce qui se passait à l’intérieur du quartier maison centrale. "Comment se fait-il qu’il y eu une première mutinerie quelques semaines avant ?" demande l’un de leurs cinq avocats. "En vérité, il n’y a qu’une seule affaire, c’est celle des dysfonctionnements à la prison de Valence." Il va même jusqu’à comparer Romain et José à des lanceurs d’alerte. "L’incendie de leurs matelas, c’est une fusée de détresse."

Manque de communication et régime carcéral trop strict selon les détenus

Les détenus racontent leur quotidien, l’enfermement individuel, mal vécu dans cette prison toute neuve. "Ça fait 10 ans que je suis en prison, et je n’ai jamais vu ça" raconte Romain. Il parle d’un régime carcéral trop strict, inadapté aux détenus lourdement condamnés, et d’une administration sourde à toute revendication. "On demandait simplement à ce que ça fonctionne comme une vraie maison centrale" enchaîne José, l’autre meneur de la mutinerie.

"C’est une cocotte minute sous pression qui a fini par exploser", explique Amid Khallouf, coordinateur sud-est de l’Observatoire International des prisons, qui était à l’audience des deux mutins. "Ces détenus ont eux des revendication pacifiques, ils ont fait des courriers à la direction, ils ont refusé de réintégrer leur cellule en signe de protestation... ça c’est traduit par des sanctions disciplinaires et leur parole n’a jamais été écoutée."

Près d’1,7 million d’euros de dégâts dans le bâtiment

Alors le 27 novembre peu avant midi, ils ont cassé toutes les caméras de surveillance à coups de casseroles, balancé les frigos et les machines à laver des étages, incendié des cellules. Les surveillants qui sont entrés dans le bâtiment après la mutinerie parlent de scènes de chaos. Un chaos dont on connaît aujourd’hui le prix : l’avocat du centre pénitentiaire a chiffré les dégâts à 1 696 000 euros. Il faudra encore des semaines voire des mois de travaux pour tout remettre en état.

Depuis la mutinerie, le directeur de la prison a été muté. Son remplaçant est arrivé il y a quelques semaines. Quant à la condamnation des deux meneurs par le tribunal, leurs avocats ont annoncé qu’ils allaient faire appel.


Le procès des mutins mais aussi des conditions de détention

Dauphiné Libéré, 11/03/2017 à 06:03

Hier, Romain Leroy, 33 ans, et José Torres, 27 ans (deux “longues peines”) ont été condamnés à 5 ans de prison pour avoir agressé un surveillant du centre pénitentiaire de Valence et pris part à l’incendie qui a dévasté plusieurs cellules, causant de très lourds dégâts.

Bien malgré les magistrats, malgré les avocats et même malgré les prévenus eux-mêmes, le procès, hier, des deux détenus soupçonnés d’être à l’origine de la mutinerie qui a touché la maison centrale de Valence, le 27 novembre dernier, est devenu, au fil de l’audience, le procès de la prison et des conditions de détention.

Une mutinerie qui intervenait après un premier épisode de violence survenu dans l’établissement quelques semaines plus tôt et à l’issue duquel le garde des Sceaux avait demandé un audit.

Le procès d’hier faisait aussi écho à plusieurs signaux lancés par les syndicats du centre pénitentiaire de Valence sur l’ambiance tendue qui y régnait.

Hier donc, José Torres, 27 ans, et Romain Leroy, 33 ans, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Valence pour la mutinerie du 27 novembre dernier. La justice leur reprochait d’avoir volé les clefs d’un gardien en l’agressant, d’avoir dégradé des portes, du matériel informatique et des machines à laver et d’avoir incendié quatre cellules avec les affaires de détenus qui se trouvaient dedans. Des faits pour lesquels les deux hommes (tous deux condamnés à de longues peines, Leroy est libérable en 2033 et Torres en 2019) étaient en état de récidive légale, les faisant encourir 20 ans de prison.

À l’audience, les deux hommes ont reconnu s’être emparés des clefs du surveillant mais ont nié les violences. Ils ont reconnu avoir « cassé quelques caméras et ouvert les portes des cellules de 40 détenus », mais ils ont nié avoir incendié les quatre cellules et dégradé du matériel mobilier.