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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Singapour : émeute de travailleurs étrangers contre la police
Article mis en ligne le 9 décembre 2013
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Violentes émeutes à Singapour

AFP, 9 décembre 2013 à 10:41

Des travailleurs indiens s’en sont pris à la police après la mort de l’un d’eux, écrasé par un autobus. On compte 18 blessés.

Des émeutes ont opposé dans la nuit de dimanche à lundi à Singapour des centaines de travailleurs étrangers à la police, choquant la cité-Etat à l’image multiethnique normalement très policée. Dix-huit personnes ont été blessées et des voitures de police brûlées dans les premières violences du genre depuis 1969, réveillant le souvenir des émeutes raciales qui avaient alors secoué Singapour.

Selon la police, les émeutes sont survenues après la mort d’un Indien, écrasé par un bus dans le quartier de Little India, où des milliers de travailleurs de la construction du sous-continent indien se réunissent le dimanche pour profiter de leur jour de repos, abusant parfois de l’alcool.

Environ 400 personnes s’en sont alors pris au bus incriminé, ainsi qu’à des voitures de police. Dix policiers ont été blessés, selon les forces de l’ordre. 27 personnes, dont 26 d’Asie du Sud, ont été arrêtées, 25 véhicules incendiés dont 16 voitures de police, a-t-on indiqué de même source.

Les images des émeutes, les premières depuis les violences raciales de 1969 selon les médias, ont choqué la population de la cité-Etat, ville sans histoires où les autorités font régner un ordre absolu. Les violences révèlent la face cachée de la riche capitale financière, dont le succès dépend d’une cohorte de travailleurs étrangers, notamment indiens, qui s’estiment souvent les laissés-pour-compte du miracle économique singapourien.

Leur présence fait de plus régulièrement l’objet de critiques de la part des Singapouriens de souche, contrastant avec l’image officielle d’une ville multiethnique très harmonieuse. « Nous n’épargnerons aucun effort pour identifier les coupables et leur infliger toute la force de la loi  », a indiqué le Premier ministre, Lee Hsien Loong.

« Mon Dieu. Comment une telle chose peut arriver à Singapour », écrit « Hayeden » dans un des très nombreux commentaires qui ont fusé sur les sites internet après les émeutes.

Les analystes ont cependant lancé une mise en garde après des suggestions selon lesquelles les violences pourraient augurer de nouvelles émeutes raciales. Il s’agit plus d’un « incident isolé », estime ainsi Devadas Krishnadas, fondateur de « Future-Moves », société de conseil en risques. « Le fait que cela ait impliqué des travailleurs étrangers est fortuit et non central. Il n’y aucune justification qui pourrait permettre une généralisation à un groupe, une race ou un sexe », a-t-il jugé.

Le ministre des Transports, Lui Tuck Yew, député de Little India, a estimé que « l’alcool aurait pu être un facteur ».

Les Singapouriens d’ethnie chinoise forment la grande majorité des 5,4 millions d’habitants, suivis des Malais, de confession musulmane, et des Indiens.