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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris-19e : affrontements devant le commissariat suite à l’assassinat policier de Shaoyo Liu
Article mis en ligne le 28 mars 2017
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Homme abattu par la police à Paris : l’hommage dégénère, 35 personnes interpellées

Le Parisien | 28 mars 2017, 10h40

Des heurts ont éclaté lundi en fin de soirée dans le XIXe arrondissement de Paris, en marge du rassemblement d’environ 150 personnes en hommage à Shaoyo Liu, décédé la veille. 35 personnes ont été interpellées.

Les affrontements après l’hommage. Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées lundi soir devant le commissariat du XIXe arrondissement de Paris pour honorer la mémoire d’un ressortissant chinois, Shaoyo Liu, mort au cours d’une intervention de police dimanche soir. La manifestation a dégénéré lorsque des individus ont brisé la vitre d’une voiture de police. L’arrière du véhicule a entièrement brûlé à cause « vraisemblablement d’un objet incendiaire », selon une source policière.

Policiers et manifestants se sont ensuite fait face. Plusieurs affrontements ont éclaté.

Trois policiers « blessés »

La situation s’est calmée peu avant minuit. Trois policiers de la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI 75) ont été « blessés légèrement par des jets de projectiles », ajoute la source policière, tandis que 35 manifestants ont été interpellés. Vingt-six personnes ont été arrêtées pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, trois pour violences sur agent de la force publique et dégradation d’un véhicule de police par engin incendiaire et six pour jets de projectiles, a rapporté la PP.

Selon les forces de l’ordre, les policiers de la BAC envoyés au domicile de la victime dimanche soir l’auraient abattu après qu’elle a attaqué l’un des fonctionnaires avec une paire de ciseaux. Interrogée par « Le Parisien », une des filles de la victime conteste cette version et nie toute agression. L’avocat de la famille estime que « tout s’oriente vers une bavure policière ».


Shaoyo Liu abattu à Paris : sa famille conteste la version de la police

Le Parisien | 28 mars 2017, 12h31

L’intervention de la Bac dimanche soir dans un appartement du XIXe arrondissement s’est soldée par la mort d’un occupant tué par l’un des policiers. Ces derniers invoquent la légitime défense mais sa famille assure que l’homme était en train de découper des poissons.

Que s’est-il passé réellement dimanche soir rue d’Aubervilliers, dans le XIXe arrondissement de Paris, dans la résidence Villa Curial ? Un homme de 56 ans, Shaoyo Liu, a été abattu par un policier de la BAC (brigade anticriminalité), lors d’une intervention à son domicile pour « différend familial ». Malgré des massages cardiaques, ce père cinq enfants est décédé. Mais les versions, celle de la police et de la famille, sont pour le moins opposées.

Pour les forces de l’ordre, sollicitées par police secours, la victime a attaqué l’un des membres de la BAC au thorax avec une paire de ciseaux et l’un de ses collègues a réagi sous la menace en faisant usage de son arme. « Le 2e DPJ (district de police judiciaire) est chargé d’enquêter sur une tentative d’homicide sur fonctionnaire de police et l’IGPN (l’inspection générale de la police nationale) doit statuer sur l’usage de l’arme à feu. Les deux enquêtes ne font que commencer », souligne une source judiciaire. Et d’enchaîner : « Les premiers faits laissent à penser qu’il s’agit bien de légitime défense. Si le policier attaqué n’a pas été blessé, il le doit au port de son gilet pare-balles. »

Des ciseaux pour découper des poissons ?

Un scénario très fortement contesté par la famille de Shaoyo Liu. « Vers 20 heures, ma petite sœur a entendu frapper à la porte. Elle a regardé le trou de la porte (l’œil-de-bœuf) et elle a vu deux hommes et une femme armés, explique l’une des filles de la victime, la voix serrée par l’émotion. Mon père est arrivé à la porte avec les ciseaux qu’il avait pour s’occuper du poisson qu’il cuisinait. Les coups à la porte sont devenus de plus en plus forts. J’ai crié Calmez-vous, faites moins de bruit, mais rien n’y a fait. Ils ont défoncé la porte, le coup est parti et mon père s’est retrouvé au sol. »