" />
Slogan du site

Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Fleury-Mérogis (Essonne) : six matons mis hors service pour un moment...
Article mis en ligne le 6 avril 2017
Imprimer

Déchaînement de violences à la prison de Fleury-Mérogis : des surveillants roués de coups

Le Parisien | 06 avril 2017, 21h39

Six surveillants pénitentiaires de Fleury-Mérogis (Essonne) ont été blessés, jeudi, après avoir été pris dans une bagarre avec plusieurs détenus mineurs, selon les syndicats, qui appellent à une manifestation devant la plus grande prison d’Europe vendredi, puis à un blocage lundi.

« Une violence inouïe. » Les surveillants peinent encore à mettre des mots sur la rixe qui s’est déroulée ce jeudi après-midi au quartier des mineurs de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Six agents ont été attaqués et passés à tabac par des détenus. Ce jeudi soir, certains étaient encore en observation aux urgences afin de passer des IRM pour de multiples coups de pied et de poings reçus à la tête. Deux autres sont plâtrés, un au bras et l’autre à la jambe pour des fractures. Un mouvement de protestation est prévu ce vendredi midi devant la maison d’arrêt. Et une grève pourrait débuter lundi.

Tout démarre au moment de la promenade. Deux mineurs commencent à se battre. « Les agents sont intervenus sur cour pour tenter de les séparer », décrypte Marcel Duredon, responsable syndical FO-pénitentiaire de l’Essonne. Lorsque les six surveillants pénètrent dans cette enceinte, huit détenus se jettent sur eux. « On ne sait pas si c’est un guet-apens ou si c’est l’occasion qui fait le larron », reprend un employé en poste à ce moment-là. Il semblerait que la dispute originelle entre les deux détenus ne soit pas feinte et que la tension soit déjà montée entre ces mineurs plus tôt dans la journée.

« Des profils très durs, réfractaires à l’autorité »

« Ça devait arriver, soupire David Derrouet, le maire (DVG) de Fleury-Mérogis. Les jeunes détenus présentent des profils très durs, réfractaires à l’autorité. Et en face on a un sous-effectif qui rend les choses plus dangereuses encore. » Selon les syndicats, la surpopulation carcérale est telle que le taux d’occupation dépasse 180 %. Près de 4 500 détenus séjournent actuellement à Fleury pour un peu moins de 1 500 personnels pénitentiaires en tout. « Mais en comptant les postes administratifs et de direction, au quotidien sur le terrain, cela fait deux surveillants pour gérer 100 détenus », tacle le maire de Fleury.

Les jeunes mis en cause dans cette agression sur les agents pourraient d’ailleurs n’écoper d’aucune sanction préventive en interne. « S’ils ont moins de 16 ans, ils ne peuvent pas faire de quartier disciplinaire, même après de tels faits », détaille Marcel Duredon. Il reste encore à les identifier formellement avant qu’une procédure pénale ne débute.

Cette attaque à Fleury intervient dans un contexte tendu pour les gardiens de prison en Ile-de-France. Ces derniers jours, certains syndicats ont manifesté devant les établissements de Fresnes (Val-de-Marne) et de Bois-d’Arcy (Yvelines), pour protester contre l’agression de deux de leurs collègues devant chez eux ou sur le chemin du travail.