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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Grèce : affrontements dans la rue à la manif pour Alexis et avant le vote d’un nouveau budget de rigueur
Article mis en ligne le 6 décembre 2011
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Violences à Athènes pendant une manifestation à la mémoire d’un adolescent

ATS, 06 décembre 2011 19h52

ATHENES - Des heurts ont opposé un groupe de manifestants à la police mardi à Athènes au milieu de slogans appelant à l’insurrection pendant un défilé à la mémoire d’un adolescent tué par un policier il y a trois ans à Athènes, ont constaté deux journalistes de l’AFP.

En début de soirée, les forces de sécurité ont dispersé un groupe de casseurs habillés de noir qui leur lançaient des projectiles après avoir défoncé les marches en marbre de l’hôtel Grande-Bretagne situé sur la place Syntagma, en face du Parlement réuni mardi soir pour le vote du budget 2012, a constaté une journaliste de l’AFP.

La police, qui a utilisé du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes contre les manifestants, a procédé à neuf arrestations et déploré 15 blessés dans ses rangs, a-t-on indiqué de source policière.

Les manifestants commémoraient le décès d’Alexis Grigoropoulos, 15 ans, tué par un policier le 6 décembre 2008, un drame qui avait déclenché des troubles urbains inédits dans en Grèce pendant plus d’un mois.

Le cortège, à l’initiative de partis d’extrême gauche et d’anarchistes, rassemblait 2.000 personnes selon la police, tandis que la presse évaluait leur nombre au double environ.

Sur la façade d’un palace de la place Syntagma, on pouvait lire les slogans peints à la bombe peuple aux armes ! ou le coup d’Etat parlementaire se transforme en révolution, tandis qu’une banderole portait l’inscription décembre 2008, nous n’oublions pas.

Dans l’après-midi, près de 1.500 lycéens et étudiants, selon la police, avaient également manifesté à Athènes pour la même raison, de brefs incidents ayant eu lieu également sur la place Syntagma en marge de cette manifestation.

Une centaine de jeunes avaient jeté des cocktails Molotov et des pierres en direction des forces antiémeutes, qui avaient répondu en faisant usage de gaz lacrymogène, selon des images retransmises par les télévisions grecques.

Alternant slogans contre l’austérité et hostiles à la police, les jeunes avaient défilé en face du parlement dans le centre-ville, qui était interdit à la circulation automobile. D’importantes forces de police étaient présentes.

De l’argent aux banques, des balles pour la jeunesse, trois ans après l’assassinat perpétré par l’Etat, pouvait-on lire sur la banderole à la tête du cortège des lycéens.

A Salonique, deuxième ville de Grèce, dans le nord, 400 lycéens ont manifesté. Un groupe a endommagé des voitures et jeté des pierres sur un bâtiment abritant un ministère, selon une source policière locale.

La commémoration intervient cette année parallèlement au débat budgétaire au parlement.

Le budget 2012 doit être adopté dans la nuit de mardi à mercredi, en principe sans problème en raison de la constitution d’un gouvernement de coalition réunissant trois partis (socialiste, droite et extrême droite) désigné après la démission du socialiste George Papandréou, afin de garantir la poursuite de la mise en oeuvre des mesures d’austérité demandées par les créanciers de la Grèce.

L’auteur du meurtre d’Alexis Grigoropoulos, le policier Epaminondas Korkonéas, 38 ans, a été condamné en octobre 2010 à la prison à vie, après avoir été reconnu coupable d’avoir intentionnellement tiré sur sa victime.


Grèce : violences dans la rue avant le vote d’un nouveau budget de rigueur

AFP, 6 décembre 2011 21h33

ATHENES (AFP) - Des heurts ont opposé un groupe de manifestants à la police mardi soir à Athènes devant le parlement réuni pour le vote d’un nouveau budget d’austérité en 2012, demandé par les créanciers du pays afin de maintenir leur soutien financier à la Grèce.

Les forces de sécurité ont dispersé un groupe de casseurs habillés de noir qui leur lançaient des morceaux de marbre et des cocktails Molotov après avoir défoncé les marches d’un grand hôtel situé sur la place Syntagma, en face du parlement, a constaté une journaliste de l’AFP.

La police a utilisé gaz lacrymogène et grenades assourdissantes contre ce groupe, en marge d’une manifestation qui commémorait le décès d’Alexis Grigoropoulos, 15 ans, tué par un policier le 6 décembre 2008, un drame qui avait déclenché des troubles urbains d’une intensité inédite en Grèce un an avant l’éclatement de la crise de la dette.

Quelque 2.000 personnes ont participé à cette manifestation convoquée par des partis d’extrême gauche et des groupes anarchistes, tandis que la presse évaluait leur nombre au double environ. D’autres rassemblements ont eu lieu à Salonique (nord), Volos et d’autres villes grecques.

Alors que les slogans sur la place Syntagma appelaient "le peuple aux armes" et à "l’insurrection", au même moment, dans l’enceinte du parlement, plusieurs responsables estimaient que le pays et la zone euro faisaient face à des enjeux vitaux, rendant nécessaires les mesures adoptées.

La procédure de désignation du nouveau gouvernement de coalition, non élu, a été conspuée par les manifestants, dont les slogans taggés sur les murs critiquaient un "coup d’Etat parlementaire", appelé à déboucher selon eux sur une "révolution".

Le vote en faveur du budget est en effet quasiment assuré, en raison de la participation de la majorité des partis parlementaires au nouveau gouvernement de coalition formé le 11 novembre par Lucas Papademos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), pour faire passer la pilule d’une nouvelle cure d’austérité en échange d’un deuxième plan de sauvetage de la Grèce et de la zone euro.

Le gouvernement peut être assuré de 250 votes sur les 300 députés que compte le parlement, en additionnant les voix des socialistes, de la droite et de l’extrême droite représentés en son sein.