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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Aachen (Allemagne) : Résumé des audiences des 31 mars et 7 avril du procès de 2 compagnon.ne.s pour braquage
Article mis en ligne le 18 avril 2017
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Si la raison est une boussole, les passions sont les vents
Alexander Pope

Il y a aujourd’hui un an que notre compagnonne a été arrêtée, séquestrée le 13 avril 2016 par les Mossos d’Esquadra catalans au cours d’une opération conjointe avec la police allemande. Elle se trouve actuellement en détention préventive dans la prison de Cologne, en même temps que se tient le procès contre elle et un autre compagnon (incarcéré, lui, à Aachen). Tous deux sont accusé-e-s du braquage d’une agence de la Pax-Bank à Aachen en novembre 2014.

Par ailleurs, la compagnonne hollandaise qui, en décembre dernier a été relaxée de l’accusation d’avoir exproprié une agence de la Aachener Bank en 2013, est toujours dans l’attente de savoir si l’appel du Parquet aboutira ou pas.

Au cours du procès qui se déroule actuellement, nous avons pu observer clairement l’utilisation de l’ensemble des mécanismes de contrôle à disposition des appareils répressifs d’Etat (écoutes téléphoniques, filatures policières, échanges de bases de données ADN, enregistrements de caméras de surveillance, rapports biométriques, aide de différents experts aussi bien ceux du monde universitaire que ceux des laboratoires de la police scientifique, collaboration entre fonctionnaires de plusieurs Etats, etc.) et ce afin de garantir le “fonctionnement normal” d’une société que nous détestons. Une société basée sur la domination capitaliste, l’oppression, le contrôle de tous les aspects de notre vie, l’aliénation consumériste et la misère du plus grand nombre au profit de quelques rares privilégiés.

Peu nous importe que les accusé-e-s soient responsables ou non de ce qu’on leur impute, toute notre complicité va à celles et ceux qui défient les logiques de la propriété privée et de l’exploitation et qui risquent leur liberté pour une vie plus pleine.
Leurs catégories d’innocent-e-s ou de coupables ne nous importent pas davantage. Pour maintenir la paix sociale, le pouvoir vise en premier lieu les “suspects habituels” et tente, en les punissant, de faire un exemple pour les potentiels réfractaires qui pourraient à leur tour s’opposer au système. Et avec la menace permanente de “fichage, surveillance, procédure judiciaire et prison”, l’Etat essaie de briser les liens solidaires entre les cœurs rebelles qui, malgré les frontières et les barreaux imposés, se reconnaissent dans une même lutte vers la liberté.

Ni innocent-e-s, ni coupables ! Solidarité rebelle et internationaliste !
Qu’elles ne se sentent pas seules dans la dernière phase du procès ! Qu’elles sentent notre chaleur et notre amour rebelle !
Pour la destruction des banques, des prisons et de la société qui en a besoin !

Des anarchistes, 13 avril 2017

[Traduit de l’espagnol de solidaritatrebel, 2017/04/13]


Court résumé de la 15e audience (31 mars 2017)

Lors de l’audience du 31 mars, le tribunal s’est intéressé à tous les élélments de preuves matérielles retrouvés à l’intérieur de la banque (outils, serflexs, marteau, burin, etc.) et dans un sac en plastique retrouvé à l’extérieur, et que l’accusation attribue au braquage (vêtements, lunettes de soleil, une perruque et deux pistolets). Ils ont aussi examiné les documents retrouvés dans différents ordinateurs mis sous séquestre lors des perquisitions : documents, pages web, photos personnelles, etc. bien que l’accusation ait conclu que ces derniers n’étaient pas pertinents pour le procès.

L’audience planifiée le 3 avril a été annulée. La prochaine se tiendra le 7 avril, et le flic du LKA (police judiciaire régionale) responsable de l’enquête viendra témoigner ce jour-là, et lira également la partie espagnole de l’enquête à la place de l’inspecteur en chef des Mossos d’Esquadra dont la cour a refusé le témoignage, vu qu’il a refusé de s’identifier devant elle avec son nom complet.

[Traduit de l’anglais de Solidariteit, 2017/04/03]


Aachen : 16e audience (7 avril 2017)

Lors de l’audience du 7 avril, le flic en charge des investigations du braquage de la Pax Bank a témoigné. Il appartenait à l’époque à la police judiciaire régionale (LKA, Landeskriminalamt), et a depuis été promu à l’Office fédéral de la police criminelle au niveau de l’Etat allemand (BKA, Bundeskriminalamt). Il était également présent lors des différents parloirs de compagnons avec les inculpé.e.s. Avant son témoignage, les avocats ont objecté qu’il y a des parties du dossier concernant le témoin du jour auxquels ils n’ont eu accès que très tôt le matin même, si bien que le juge n’a pas autorisé le flic à parler de cette partie-là (concernant notamment une expertise biométrique, une interception whatsapp,...). De plus, c’est ce flic qui avait déjà été chargé en 2004 de l’enquête sur le braquage des "Quatre de Aachen" [ayant conduit à la condamnation d’un compagnon anarchiste pour braquage dans la même ville d’Aachen].

Il a expliqué que ses collègues l’avaient appelé après le braquage et qu’il s’était alors rendu à la banque. Lorsqu’il est arrivé, les outils trouvés dans la banque ainsi que le sac en plastique retrouvé à l’extérieur (contenant une perruque, un manteau, des lunettes de soleil, un pistolet, etc.) étaient déjà placés sur la table comme des preuves. Il a précisé que la police allemande avait filoché notre compagnonne alors qu’elle rendait visite à ses parents en Allemagne, et également lorsqu’elle était allée à Berlin, sans qu’il n’y ait rien eu de pertinent pour l’enquête. Il a dit qu’ils avaient planifié de l’arrêter sur le sol allemand, puis décidé de ne pas le faire, vu que cette opération ne pouvait être montée en moins de 24h. Ils l’ont suivie à l’aéroport et ont prélevé des échantillons d’ADN sur sa valise.

A propos de la partie espagnole, il a déclaré qu’une fois que cet ADN avait matché, lui et plusieurs de ses collègues s’étaient rendus à Barcelone pour une réunion avec les Mossos d’Esquadra, parce que selon lui la police catalane était très intéressée par cette affaire. Lors de cette rencontre, ils ont partagé les théories sur le pseudo financement d’une organisation anarchiste supposément terroriste (les Groupes anarchistes coordonnés, GAC), sur les connexions entre anarchistes de différents pays, etc. A la demande des avocats, il a répondu qu’ils ne se sont jamais préoccupés de savoir s’il existait ou pas un mandat judiciaire pour prélever de nouveaux échantillons d’ADN sur notre compagnonne (pris sur une canette de bière et lors d’un faux contrôle d’alcoolémie) et qu’ils avaient entièrement confiance dans la police espagnole. Puis les avocats ont pointé quelques-unes des erreurs présentes dans le dossier : l’acharnement du parquet et des polices allemandes et espagnoles à créer des liens à un niveau international, en citant par exemple le braquage de 2004 (celui des "quatre de Aachen", pour être clair) comme s’il avait eu lieu en 2014. De plus, la police donne de l’importance à un coup de téléphone à cause de son contenu parce que –selon eux– il aurait été passé quelques jours après le braquage, alors qu’il peut être démontré qu’il date en réalité d’une année plus tard. Enfin, le dossier contient des noms de rue qui n’existent pas, etc. etc.

Le flic a répondu aux questions du juge et des avocats de manière évasive (je ne sais pas, je ne pourrais pas le dire, je ne me souviens pas...). Par exemple à propos de s’il savait pourquoi la police espagnole considérait les GAC comme une organisation terroriste (il ne sait pas), de quoi ils ont discuté de plus lors de leur réunion à Barcelone (il ne peut le dire), avec qui il était (il ne peut le dire, mais il y avait environ 7/8 flics présents au total), si il a discuté de l’affaire avec l’inspecteur en chef des Mossos d’Esquadra lorsqu’il s’est rendu plus tard à Aachen (ils n’ont pas discuté ensemble, bien qu’ils se soient rencontrés ?!), etc.

Vu qu’il y a une partie du dossier qui est nouvelle pour les avocats, il est possible que ce témoin de l’accusation soit appelé à témoigner de nouveau.

Sur les bancs de l’audience étaient présents différentes personnes qui ont donné de la force et soutenu nos compagnon.ne.s.

La prochaine audience se tiendra le 24 avril, où seront lus des extraits du dossier. Elle sera probablement courte.

[Traduit de l’anglais de Solidariteit, 2017/04/10]