" />
Slogan du site

Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Roubaix (Nord) : garder de bons réflexes face aux contrôles policiers
Article mis en ligne le 19 mai 2017
Imprimer

Roubaix. Quand des témoins interviennent pour empêcher des arrestations

La Voix du Nord, 19/05/2017

À trois reprises, en moins de 15 jours, des policiers intervenant pour interpeller des suspects ont été pris à partie par des « passants » qui ont voulu empêcher les arrestations. Six fonctionnaires ont été blessés.

Pour certaines professions, à Roubaix, la vie n’est plus « un long fleuve tranquille ». Si tous les services publics sont confrontés à une recrudescence d’incivilités, pompiers et policiers restent en première ligne. « C’est Roubaix, qu’est-ce que vous voulez qu’on dise ? Quasiment toutes les interventions de police-secours deviennent compliquées », dit l’un d’eux.

Par trois fois en moins de deux semaines, des fonctionnaires sont pris à partie lors d’interpellations. Chose inédite, il ne s’agit pas d’une personne arrêtée qui se rebelle mais de « passants » qui s’interposent.

Le 6 mai, au petit matin, une patrouille décide de contrôler le conducteur d’une voiture occupée par trois hommes. Bonne pioche, le conducteur se révèle positif au dépistage d’alcoolémie. Les passagers du véhicule s’opposent alors à l’interpellation du conducteur et permettent sa fuite. Une vitre d’une voiture de police sera brisée.

« Quand ils passent dans le quartier, ils nous gazent pour rien »

Trois jours plus tard, une patrouille intervient dans le quartier des Trois Ponts pour arrêter un homme recherché pour outrages. Un témoin se mêle à l’intervention et frappe les policiers. L’un d’eux s’en sort avec une grave blessure à la mâchoire. Pour calmer le Roubaisien, qui n’avait à l’origine rien à voir avec l’interpellation, un fonctionnaire de police devra lui asséner un sérieux coup de poing. Une vingtaine d’autres personnes interviennent alors et dans la rixe, trois policiers se retrouvent au tapis. « Quand ils passent dans le quartier, ils nous gazent pour rien », explique le prévenu au tribunal de Lille, où il écope de six mois de prison dont trois avec sursis.

Le 13, c’est une jeune femme policière qui recevra un violent coup de coude alors qu’elle vient de chuter au sol après une entorse. Son tort ? Être intervenue dans le quartier du Pile, à 200 mètres du commissariat, pour interpeller un homme suspecté de frapper une fillette de 10 ans au milieu de la rue. Ce qui n’a pas plu à des habitants du quartier qui se sont mis à poursuivre les policiers en les insultant et en les menaçant. Les fonctionnaires devront utiliser leurs bombes lacrymogènes.