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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Saint-Henri (Montréal) : Coucou les bobos. Nouvelles attaques contre l’embourgeoisement [mis à jour]
Article mis en ligne le 20 mai 2017
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Coucou les bobos

MTL Contre-info, mai 22, 2017

Dans la nuit du 19 mai, nous avons décidé de nous rassembler pour attaquer le restaurent Ludger, le bureau de Projet Montréal et le IGA de Saint-Henri.

Si nous avons attaqué-es le Ludger, ce n’est pas seulement pour dénoncer les plats trop cher qu’on y sert, mais pour s’attaquer au mode de vie des jeunes professionnels yuppis qui viennent envahir les quartiers populaires avec tout leur fric et qui contribue largement à l’exclusion des pauvres dans le quartier.

Si nous avons attaqué le bureau de Projet Montréal ce n’est pas seulement pour leur rôle dans la gentrification du quartier en sortant l’argument de la mixité sociale et en favorisant l’implantation de nouveaux commerces et de nouveaux projets de condos. Nous avons attaqué le bureau, car c’est le monde politique au grand complet qu’on voulait attaquer. Nous refusons d’être représentés et diriger par quelqu’un-e d’autre que ce soit le premier ministre ou un député d’arrondissement. Nous sommes maîtres de notre propre vie.

Si nous avons attaqué le IGA ce n’est pas seulement parce que la bouffe y est trop cher, mais parce que nous croyons que bien manger ne devrait pas être un luxe, mais quelque chose de gratuit et accessible à tous et à toutes. Dans ce quartier, certaines personnes ont faim et nous ne voulons pas être des observateurs désolés de la situation.

Nous sommes très conscient-es qu’en s’attaquant à ces cibles ce ne sont pas les grandes institutions capitalistes qui ont été visées. Il reste que ces commerces sont le reflet, à plus petite échelle, d’un monde qui favorise toujours les plus nantis face aux plus pauvres qui subissent toujours plus la misère. C’est pourquoi nous avons voulu pendant un instant renversé l’ordre des choses et faire comprendre à ces gens qu’ à force de se faire piétiner dessus à chaque jour nous pouvons aussi mordre. Nous voulons une vie riche pas une vie de riche.

Nous avons été réjoui-es le lendemain matin en voyant dans les nouvelles que d’autres commerces avaient été attaqués dans la même nuit à Verdun.

p.s On espère ne pas avoir trop déranger votre petit souper du vendredi.

Des insoumi-ses


Des vitrines vandalisées à Saint-Henri

Métro Montréal, 20 mai 2017 | 12:34

Des vitrines du restaurant Ludger et des bureaux du parti Projet Montréal, situés sur la rue Notre-Dame Ouest, dans le quartier Saint-Henri, ont été fracassées vendredi soir. Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) enquête sur les événements et estime que les gestes auraient pu être commis par des groupes anti-embourgeoisement.

Vers 23h30, un groupe d’environ dix individus masqués et cagoulés ont vandalisé les vitrines du restaurant Ludger alors qu’il était encore ouvert et que des clients se trouvaient à l’intérieur. Ils ont ensuite ciblé les bureaux de Projet Montréal, situés de l’autre côté de la rue, et ont pris la fuite à pied. Les policiers n’ont pu localiser les suspects.

« Des objets ont été trouvés non loin des méfaits et seront des éléments de preuve si jamais il y a des arrestations », fait savoir l’agent Benoit Boisselle.

Anti-embourgeoisement

Le SPVM n’était pas en mesure de se prononcer sur les circonstances entourant les événements samedi matin, mais suspecte que les actes de vandalisme s’apparentent à d’autres actes anti-gentrification qui se sont produits à Saint-Henri dans les deux dernières années.

« Le fait qu’ils soient arrivés en groupe, qu’ils étaient cagoulés et masqués et qu’ils ont frappé ces deux bâtiments spécifiques nous portent à croire que c’est lié à la gentrification, mais l’enquête le confirmera », a indiqué Benoit Boisselle samedi matin.

Les vitrines de près d’une dizaine de commerces situés sur la rue Notre-Dame ont été fracassées depuis 2015. Plusieurs d’entre eux ont également été la cible de graffitis anti-embourgeoisement.