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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

[Terrorisme d’Etat] : nouvelle prolongation de l’état d’urgence jusqu’au... 1er novembre
Article mis en ligne le 24 mai 2017
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En France, rallonge pour l’état d’urgence

Libération, 24 mai 2017 à 19:26

Après l’attentat de Manchester, le Président a annoncé son intention de le prolonger jusqu’au 1er novembre. Cela fera alors quasiment deux ans qu’il aura été mis en place, alors que Macron voulait initialement en sortir.

« Aussi longtemps que la sécurité de nos concitoyens le justifie, aussi longtemps que les perquisitions administratives que seul permet l’état d’urgence sont indispensables, il convient de maintenir l’état d’urgence », avait déclaré le candidat Macron sur France 2, le samedi 19 mars, juste après l’agression d’une militaire de l’opération Sentinelle à l’aéroport d’Orly. Quelque temps plus tôt, il exposait pourtant un raisonnement inverse, dans son ouvrage Révolution publié en novembre 2016. Il appelait ainsi à une sortie « dès que cela sera possible », précisant que « sa prolongation sans fin, chacun le sait, pose plus de questions qu’elle ne résout de problèmes ». Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas vivre en permanence dans un régime d’exception. Il faut donc revenir au droit commun […] et agir avec les bons instruments. Nous avons tout l’appareil législatif permettant de répondre, dans la durée, à la situation qui est la nôtre. »

Ce mercredi, le Président a levé toute ambiguïté quant à sa position. Deux jours après l’attentat de Manchester, il vient d’annoncer un renouvellement de l’état d’urgence qui arrivait à échéance le 15 juillet. A l’issue du conseil de défense, il a précisé que le Parlement serait saisi d’une prolongation jusqu’au 1er novembre. Il réclame, en outre, une nouvelle loi dans « les prochaines semaines » - une de plus qui viendrait s’ajouter aux textes qui se multiplient depuis trente ans - pour « renforcer la sécurité face à la menace terroriste ». La décision d’Emmanuel Macron, si elle est suivie par le Parlement, marquerait la sixième prolongation de l’état d’urgence, instauré par François Hollande après les attentats du 13 Novembre.

La France connaîtrait donc une période inédite de vingt-trois mois ininterrompus sous ce régime législatif d’exception. Créé en 1955 durant la guerre d’Algérie, il permet notamment d’assigner à résidence toute personne « dont l’activité est dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics » et autorise « des perquisitions à domicile de jour comme de nuit » sans passer par l’autorité judiciaire. En mars, sur les 68 personnes assignées à résidence, une vingtaine étaient soumises sans interruption depuis quinze mois à ce régime très contraignant.

« L’événement qui a surgi [à Manchester] montre évidemment que le niveau d’alerte est grand dans tous nos pays. On ne peut pas comme ça s’arrêter de manière brutale », a justifié le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb sur BFM TV, mettant tout de même en garde contre une prolongation « de manière indéfinie ». Par ailleurs, il a donné des « consignes » aux organisateurs d’événements culturels et sportifs prévus cet été pour « assurer au mieux la sécurité du public ». De son côté, le Premier ministre, Edouard Philippe, a rappelé à la sortie du Conseil des ministres que « la menace terroriste portée par Daech et Al-Qaeda demeurait en Europe et particulièrement [en France et au Royaume-Uni] à un très haut niveau ». Il appartiendra donc à la nouvelle majorité issue des élections législatives de se prononcer sur cette nouvelle prorogation.