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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris : le rendu du 1er procès de la lutte contre la machine à expulser
Article mis en ligne le 23 juin 2017
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Paris : le rendu du 1er procès de la lutte contre la machine à expulser

Indy Nantes, vendredi 23 juin 2017
(corrigé avec les remarques des commentaires)

Aujourd’hui 23 juin 2017 s’est déroulé le procès contre 4 personnes, accusées de quelques dégradations dans le cadre de la lutte contre la machine à expulser à Paris (2006-2011).

Après une instruction de 2010 à 2014 confiée à la section anti-terroriste concernant des centaines d’attaques (notamment incendiaires), ces 4 personnes étaient donc renvoyées aujourd’hui devant la 16e chambre du tribunal correctionnel. En plus des refus ADN, 2 étaient accusées d’un collage d’affiche sur un distributeur de La poste lors d’une balade sauvage le 6 février 2010, et 3 (dont une personne accusée des deux faits) d’une dizaine de tags réalisés la nuit du 12 au 13 janvier 2011.

Le procureur a reconnu d’emblée la prescription pour le collage (dégradation légère qui risque une contravention) de l’affiche, et réclamé 8 mois avec sursis pour les dégradations en réunion (les tags). De leur côté, les différents avocats ont soulevé plusieurs nullités (sur pour la violation du délai raisonnable à être jugé, plus de six ans après les faits, sur l’ADN, ou sur l’ordonnance de renvoi en procès) et demandé la relaxe.

La défense était plus offensive que dans les procès habituels. Un des inculpés était absent, un autre a refusé de s’exprimer (les deux qui étaient à la Santé) et a remis une déclaration, "Ca ne va se passer comme ça", qui a été distribuée à l’extérieur de la chambre, et remise au proc aussi. Ce dernier s’est alors un peu lâché à coup de "cette mouvance" et des "anarchistes qui refusent l’autorité de l’Etat". A noter que plusieurs dizaines de personnes solidaires étaient présentes pendant les trois heures du procès malgré la pression (la juge menaçant de prononcer à tout bout de champ le huis-clos à la moindre incartade, un camarade dégagé par les gendarmes directement hors du Palais de justice, une "haie d’honneur" de gendarmes en tenue pour raccompagner les solidaires vers la sortie,...).

Les juges ont donc relaxé des 2 personnes pour le collage en raison de la prescription, mais condamné les 3 accuséEs de tags à 500 euros pour le refus d’ADN et 4 mois avec sursis pour les dégradations en réunion (sachant que deux avaient alors effectué deux et trois mois à La Santé, et une avait passé une semaine dedans).

On verra si quelqu’un (condamnés ou procureur) fait appel. En attendant, un 2e procès de la lutte contre la machine à expulser est toujours prévu contre sept autres personnes (certainement à la rentrée).

La lutte contre la machine à expulser et à enfermer continue.
Liberté pour tous et toutes,
A bas les frontières...


Un autre compte-rendu a été publié le lendemain ici.