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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Lesbos (Grèce) : révolte dans le camp pour migrants de Moira, incendie des infrastructures des collabos humanitaires
Article mis en ligne le 12 juillet 2017
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Nouvel incendie dans le camp de Lesbos, où les migrants sont à bout

observers.france24, 11/07/2017 (extrait)

Après de violents affrontements avec la police, le camp de Moria a été en partie détruit par un incendie volontaire lundi. Selon notre Observateur, il s’est déclenché à la suite de protestations des migrants contre les expulsions des demandeurs d’asile déboutés et les conditions de vie rudimentaires dans ce camp, situé sur l’île grecque de Lesbos.

Près de 4 000 migrants sont bloqués, parfois depuis plusieurs mois, dans le centre d’enregistrement de Moria, où ils attendent que leur demande d’asile soit étudiée par la Grèce. Situé près du port de Mytilène, où débarquent, depuis la Turquie, de nombreuses personnes venues notamment d’Afrique et du Moyen-Orient, ce camp surpeuplé est régulièrement pointé du doigt par les ONG. Cet hiver, plusieurs Observateurs nous avaient déjà fait part de leurs conditions de vie insupportables.

Pour la troisième fois depuis septembre 2016, des migrants mécontents ont mis le feu au camp, lundi 10 juillet, dans l’après-midi, après des violents affrontements avec la police. Sur sa page Facebook, l’association United Rescue Aid, présente dans le camp, a fait savoir que les bureaux de plusieurs ONG avaient été brûlés. L’agence de presse grecque ANA rapporte également que deux grandes tentes et deux unités de préfabriqués ont été détruites par les flammes.

"Les bureaux des associations humanitaires ont été saccagés"

Notre Observateur, Ted (pseudonyme), un militant anti-gouvernemental originaire du Congo-Brazzaville, est arrivé dans le camp de Moria au début du mois de décembre. Il a envoyé à la rédaction des Observateurs de France 24 plusieurs vidéos de l’incendie.

" Lundi, un migrant a appris que sa demande d’asile en Grèce avait été refusée pour la deuxième fois. La police l’a alors menotté et emmené en prison, un préalable à son renvoi en Turquie. La scène était choquante : nous sommes des demandeurs d’asile, pas des criminels ! [sic]

Dans le camp, plusieurs hommes ont protesté contre son renvoi. La situation a alors totalement dégénéré. Des hommes se sont mis à lancer des pierres sur les policiers, qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes. Les bureaux des associations humanitaires ont été saccagés et des hommes ont mis le feu à certaines infrastructures du camp.

Il a fallu attendre que les leaders des différentes communautés présentes dans le camp trouvent un arrangement avec la police pour que la situation se calme. Le demandeur d’asile qui devait être emmené en prison a finalement pu rester. Ce que les gens demandent ici, ce sont de meilleures conditions d’hébergement et une prise en compte de leur demande d’asile. On ne veut surtout pas être renvoyés en Turquie."

Depuis le 20 mars 2016, un accord entre l’Union européenne et Ankara autorise la Grèce à renvoyer en Turquie les migrants arrivant illégalement sur son territoire. ...