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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Les journaflics refont le coup de la "mouvance anarcho-autonome" et du "mouvement anarcho-libertaire" grenoblois...
Article mis en ligne le 21 juillet 2017
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Mais qui se cache derrière les actes de sabotage commis en Auvergne-Rhône-Alpes ?

France 3 Alpes avec AFP, 20/07/2017 à 17:12

Depuis plusieurs mois, de nombreux actes de sabotage, contre des équipements publics ou privés, ont été perpetrés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Toujours revendiqués par une mouvance anarcho-autonome, reste à établir désormais si un ou plusieurs groupes se cachent derrière le mouvement.

Saint-Laurent-sous-Coiron (Ardèche), Piegros-la-Clastre (Drôme), Grenoble (Isère)... Depuis quelques mois, la liste des lieux touchés par des actes de sabotages commis par une mouvance anarcho-autonome s’allonge. Ces dégradations contre des équipements publics ou privés conduisent les autorités à ouvrir plusieurs enquêtes.

Dernier sabotage en date : l’incendie d’une antenne relais de TDF à Saint-Laurent-sous-Coiron, en Ardèche, dans la nuit du 19 au 20 juillet 2017. Plus de 165.000 foyers ont été privés de TNT et des antennes de Radio France et NRJ, sans compter les 40 000 usagers de SFR privés de réseau.

Suite à cet incident, le Parquet de Privas a ouvert une enquête et saisi la section de recherches de Grenoble. Les incendiaires "étaient très bien organisés et savaient très bien ce qu’ils faisaient", assure une source judiciaire, "ils n’ont pas visé ce site au hasard. Mais pour l’instant, on a peu de pistes".

Ce n’est pas le premier acte du genre dans le secteur. Dans la nuit du 14 au 15 juin, un autre pylône de TDF, à Piegros-la-Clastre, dans la Drôme voisine, avait été visé par un incendie. Et dans la nuit du 8 au 9 juin, c’est un local du distributeur d’électricité Enedis qui partait en fumée, à Crest, encore dans la Drôme. A chaque fois, un communiqué diffusé sur le site internet Indymedia [lien cliquable vers Indymedia Nantes], proche de la gauche radicale, a revendiqué l’action.

Le parquet de Valence a lui aussi ouvert une enquête, confiée également aux gendarmes de Grenoble. [La préfecture de l’Isère a elle-même été touchée par plusieurs actes de sabotage, de moindre envergure, mais toujours revendiqués. Ajout de la dépêche AFP]

Grenoble comme point de départ ?

Grenoble serait-elle donc le centre névralgique des opérations de ce mouvement anarcho-libertaire ? Tout a commencé en mars dernier, quand un local du parti Les Républicains a été saccagé pour lutter contre "les sentinelles de l’ordre marchand". Quelques jours plus tard, sept véhicules étaient incendiés, dont trois du centre communal d’action social (CCAS) de Grenoble, accusé de "cogérer la misère".

Vint ensuite le tour de la Métropole de Grenoble qui était visée avec sept véhicules brûlés. Cette fois-ci, le communiqué revendiquait cette action au nom de la lutte contre les "sites de stockage et d’exploitation de la ressource humaine". Le 11 avril, 185 composteurs du réseau de tramway ont été dégradés, avant que 11 véhicules d’Enedis ne soient incendiés, le 30 mai, au nom de la lutte contre "un des mille avatars de l’infrastructure capitaliste".

" Une pensée intellectuelle commune "

La Police judiciaire et la Sûreté départementale ont été chargées d’enquêter. En mai, une source proche du dossier faisait part de son "inquiétude" face à "ce type d’actions ciblées", une nouveauté à Grenoble.
Pour l’instant, un rapprochement des dossiers n’est pas à l’ordre du jour. "On a peut-être une pensée intellectuelle commune" chez les auteurs de tous ces délits, concède à l’AFP une source proche de l’enquête. "Ils sont peut-être issus d’une mouvance commune mais chacun enquête de son côté pour le moment", complète le parquet de Valence.


Les journaflics font leur travail
Où comment passer d’individualités sauvages à une entité collective fantôme créée par les services de renseignement...

L’article de France3 ci-dessus est quasiment identique à la dépêche AFP diffusée le jeudi 20 juillet (15h43) à tous les médias sous le titre "Une mouvance anarcho-autonome fait parler d’elle en Rhône-Alpes", soit quatre jours après l’attaque contre l’antenne TDF de Saint-Laurent-sous-Coiron pourtant revendiquée par des Individualités singulières. Quatre jours, le temps pour l’Etat d’observer les réactions, de recevoir les premiers résultats de la police scientifique et surtout d’organiser un contre-feu avec l’aide de ses fidèles serviteurs. Cette dépêche AFP sera notamment reprise par La Montagne (journal régional d’Auvergne et du Limousin), France Soir, Libération, La Croix, L’Express, France24, Le Point, TV5Monde, Lyon1ère, Paris Normandie (journal régional), RTL Belgique, Le Télégramme (journal de Bretagne), etc...
Le lendemain vendredi 21 juillet, cela donnera également des titres tous plus imaginatifs les uns que les autres dans leur édition papier, comme "Une mouvance anarcho-autonome multiplie les actes de vandalisme" ou "Une mouvance anarchiste multiplie les actes de vandalisme en Rhône-Alpes" dans les journaux Le Progrès (Lyon) et Sud Ouest (Bordeaux), et "Inquiétants sabotages en série en Auvergne-Rhône-Alpes" dans Le Parisien.

Ce bel exemple de martelage directement issu du cerveau moisi des services de renseignement ("opérations du mouvement anarcho-libertaire" pour France3, "actes de sabotage commis/revendiqués par une mouvance anarcho-autonome" pour l’AFP) illustre presque à lui tout seul la nécessité de sectionner les artères de la propagande du pouvoir. La spectaculaire dépêche venue réveiller des médias assoupis entre Tour de France et Macronmania est signée par le journaflic Antoine Guy, qui fut le lauréat 2015 de la Bourse AFP dans la catégorie "jeunes professionnels en activité depuis quelques années". Avant de collaborer avec la célèbre agence où trois représentants de l’Etat siègent d’ailleurs au conseil d’administration, ce jeune professionnel de l’intoxication policière avait travaillé pour Le Parisien, Ouest-France, BFMTV et LCI (où il est toujours).

Comme le disait déjà un vieux texte italien de 1999, Journalistes et médias : Les raisons d’une inimitié à propos des attaques contre l’ordre que les porte-parole du pouvoir choisissent de ne pas passer sous silence : "Les pensées et les actions hostiles à cette société ne doivent pas apparaître. Il faut les taire, les falsifier ou les rendre incompréhensibles. Les taire quand leur existence même est une attaque contre l’ordre établi. Les falsifier quand ce qu’on ne peut pas taire doit être opportunément reconstruit. Les rendre incompréhensibles quand il est nécessaire de concéder à la révolte quelques vérités partielles afin que s’évanouisse leur sens global.."