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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Bure (Meuse) : affrontements contre la poubelle nucléaire de l’Andra
Article mis en ligne le 16 août 2017
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A Bure, le conflit contre la « poubelle nucléaire » s’envenime

LE MONDE | 17.08.2017 à 07h12

Les affrontements qui ont marqué mardi un rassemblement contre le projet Cigéo témoignent d’une tension croissante. Les opposants en appellent à Nicolas Hulot.

Mardi 15 août après-midi, à Bure (Meuse), une manifestation contre le projet Cigéo d’enfouissement des déchets les plus radioactifs a tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre, faisant plusieurs blessés dans les deux camps. Tout avait pourtant bien commencé, avec un festival – les Bure’lesques – mêlant trois jours durant, les 11, 12 et 13 août, débats sur le nucléaire, concerts, spectacles et veillées au coin du feu, en présence de quelque 1 200 participants. Mais ensuite tout a dégénéré.

Les manifestants – entre 800 et un millier selon eux –, s’étaient donné rendez-vous à 14 heures, devant la salle des fêtes du village de 80 habitants. Ils projetaient de défiler jusqu’à la petite commune voisine, Saudron (Haute-Marne), où des fouilles réalisées en vue du chantier ont mis au jour un site néolithique, et où se trouve le siège régional de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Mais, rapporte l’un d’eux, « dès la sortie de Bure, nous avons été bloqués par des gendarmes mobiles qui ont tiré des grenades lacrymogènes pour tuer notre manifestation dans l’œuf ».

La version de la préfecture de la Meuse est sensiblement différente. Selon elle, « environ 300 opposants » étaient rassemblés et « une majorité d’entre eux était casquée, cagoulée, vêtue de noir et armée de pierres, bâtons, boucliers ». Les militaires étaient « prépositionnés de manière préventive », ajoute-t-elle. Les contestataires « s’en sont immédiatement pris aux forces de l’ordre en leur jetant des pierres », les gendarmes ont alors riposté en lançant « trois grenades ».

« Disperser les opposants »

Ce n’était que le début des échauffourées. Contraints de passer à travers champs pour rejoindre Saudron, les manifestants se sont à nouveau heurtés, jusqu’en fin d’après-midi, aux forces de l’ordre. D’après la préfecture, celles-ci, « attaquées avec des pierres et des cocktails Molotov »,...