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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Les attaques de permanences électorales finissent par (se faire) payer...
Article mis en ligne le 16 août 2017
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Parlement : pour les nouveaux députés, la galère des permanences...

Le parisien | 16 août 2017, 10h02

Les nouveaux élus, qui doivent trouver des locaux pour recevoir en circonscription, ont souvent du mal à les faire assurer compte tenu de la multiplication des dégradations contre ces permanences.

Les nouveaux députés s’attendaient à un été reposant mais, pour une partie d’entre eux, c’est raté. Faute de temps pendant une première session parlementaire très chargée, ils sont nombreux à profiter de ce mois d’août pour meubler ou réaliser des travaux dans leur permanence en circonscription... ou tout simplement pour en chercher une.

Car certains ont du mal à trouver des bureaux où ils pourront recevoir leurs administrés dès la rentrée. C’est notamment le cas en région parisienne, où le prix des locations est élevé. Et dans la capitale comme ailleurs, ceux qui ont fini par en dégoter une se heurtent à une nouvelle difficulté : les assureurs se montrent frileux. Ils veulent éviter d’assurer des bureaux qui se retrouvent souvent dégradés.

«  Sur mon contrat d’assurance, il est écrit que je suis une personnalité à risque , explique Annaïg Le Meur (LREM, Finistère). Les assureurs ont peur des manifestations. » De son côté, Caroline Fiat (la France insoumise, Meurthe-et-Moselle), souffle enfin. « On a vraiment galéré avec les assurances, ça m’a donné quelques belles insomnies. » Elle a finalement décroché une assurance quatre jours après avoir acquis son local à Pont-à-Mousson. « J’ai réussi à garder le même assureur que pour mon local de campagne. Mais c’était vraiment difficile de le convaincre, assure Catherine Osson (LREM, Nord). Ils me disaient : Non on n’assure plus les élus. Il a fallu engager un rapport de force et les rassurer... »

Les vitrines cibles des manifestants

Il est vrai que les permanences des députés sont devenues des cibles. Pas des cambrioleurs, mais des manifestants et des casseurs. Vitrines brisées, murs tagués, dépôts de déjections animales... Une véritable série noire pendant les manifestations contre la loi Travail en 2016. A Grenoble, en mai 2016, la permanence départementale du PS avait même été criblée de balles. Situé dans le département du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le local de François de Rugy, désormais président de l’Assemblée, a été attaqué à deux reprises en 2015 et 2016. « En réunion des présidents, il nous a rappelé un usage qui veut que ce qui n’est pas remboursé par les assurances l’est par l’Assemblée, souligne Cendra Motin, vice-présidente LREM. On ne laisse pas les parlementaires seuls ».

Caroline Fiat a un temps songé à passer par la Banque postale, qui a un bureau dans l’Assemblée, pour s’assurer. « Avant, elle couvrait les permanences, mais elle ne le fait plus. » Alors, pour réussir à signer un contrat, chacun y va de sa petite combine. Sandrine Le Feur, élue du Finistère, a joué sur la confiance de son assureur. « J’ai demandé à une assurance qui me connaît et où mon exploitation agricole est déjà inscrite. Même lui était réticent. Mais je n’ai pas le choix, j’ai besoin d’une permanence. »

D’autres ont abandonné l’idée d’avoir pignon sur rue. « Pendant la campagne législative, j’ai fait appel à un courtier, et seul un assureur a bien voulu me couvrir, raconte Jean-Charles Larsonneur (LREM, Finistère). Et encore, il assurait seulement les risques majeurs comme les inondations, mais pas la vitrine. »

Sarah El Haïry, 28 ans (MoDem, Loire-Atlantique), vient tout juste de trouver où s’installer, mais elle se souvient des échanges qu’elle a eus avec les assureurs. « La première question qu’ils vous posent, c’est : Est-ce que vous avez une vitrine ? » Elle a dû se résoudre à prendre un local au premier étage d’un bâtiment, notamment utilisé comme maison médicale, pour éviter tout risque... Ils sont nombreux chez LREM à faire de même et à ne pas s’installer en rez- de-chaussée.

La plupart des élus auront aménagé d’ici septembre. Alors que débuteront les manifestations contre la réforme du Code du travail...