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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

[Terrorisme d’Etat] : La France va armer ses drones de surveillance
Article mis en ligne le 6 septembre 2017
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La France va armer ses drones de surveillance

Reuters, 5 septembre 2017

TOULON, Var (Reuters) - Les drones de surveillance de l‘armée française seront armés de missiles sol-air, a annoncé mardi Florence Parly, qui tranche ainsi un débat de longue date sur l‘engagement militaire de la France sur les théâtres extérieurs.

La ministre des Armées, qui s‘exprimait en clôture de la 15e université d’été de la Défense à Toulon (Var), a assuré qu‘avec cet équipement, le risque de dégâts collatéraux serait limité.

A l’extérieur de nos frontières, l’adversaire se fait plus furtif, plus mobile, se dilue dans les vastes étendues du Sahel ou se dissimule au milieu des populations civiles. Face à ce constat, nous ne pouvons rester statiques”, a plaidé la ministre.

Nos modes d’action et nos équipements doivent s’adapter pour garder le temps d’avance qui est décisif pour atteindre nos objectifs”, a-t-elle ajouté.

La France dispose actuellement de six drones de surveillance Male Reaper, achetés aux Etats-Unis, dont cinq sont basés à Niamey, au Niger, dans le cadre de l‘opération Barkhane et un au sein de l‘escadron de drones 1/33 Belfort de Cognac (Charente).

Six autres drones directement armés, fabriqués par General Atomics, seront livrés d‘ici fin 2019.

Le type d‘armement des six drones déjà en service sera déterminé dans le courant de l‘année prochaine et leur armement sera effectif en 2020, dit-on dans l‘entourage de la ministre.

A moyen terme, le futur drone européen, dont nous réalisons les études en coopération avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, sera également doté d’armements, a précisé Florence Parly. Une première livraison est attendue à l‘horizon 2025.

A l’avenir, avec la décision que j’annonce aujourd’hui, les drones armés permettront d’allier en permanence la surveillance, l’endurance dans la discrétion et la capacité de frappe, au moment le plus opportun”, a-t-elle expliqué.

“Ainsi, nous gagnons en efficacité et nous limitons le risque de dégâts collatéraux”, a-t-elle souligné.

Je veux par avance réfuter de possibles amalgames et dissiper d’éventuelles craintes. Non, un drone armé n’est pas un robot tueur. Ce sont deux systèmes qui n’ont rien de semblable”, a-t-elle poursuivi.

“PRESSION CONSTANTE”

“Cette décision ne change rien aux règles d’usage de la force, au respect du droit des conflits armés et je reste plus que jamais attachée au respect du droit international et de nos engagements relatifs à la maîtrise des armements et à la préservation des populations civiles dans les conflits.”

Les Etats-Unis, Israël, précurseurs dans ce domaine, la Grande-Bretagne, l‘Italie, notamment, disposent déjà de drones armés.

Dans un rapport publié en mai dernier, les sénateurs Cédric Perrin (Les Républicains) et Gilbert Roger (PS) préconisaient l‘armement des drones, “une étape logique supplémentaire” dans la boucle décisionnelle des frappes aériennes.

Ils pourraient ainsi dans certains cas faire économiser un temps précieux pour neutraliser une cible très mobile ou dégager des troupes d’une embuscade”, écrivaient-ils.

“La France ne saurait passer à côté sous peine de se voir déclassée”, a plaidé mardi Florence Parly, répondant ainsi à une demande des militaires.

Les drones qui vont être armés d‘ici quelques années ne vont pas voler au hasard de grandes étendues et tirer des missiles de manière aléatoire : l‘homme reste au centre de la boucle”, fait-on valoir dans l‘entourage de la ministre.

Fin juillet dernier, sur la base française de Niamey, plusieurs officiers, pilotes, avaient insisté auprès de Reuters, sous le sceau de l‘anonymat, sur la nécessité d‘armer les drones de renseignement pour un traitement rapide et efficace de cibles “fugaces” dans la lutte contre les groupes armés djihadistes au Mali.

Ils expliquaient en outre que les avions de chasse et hélicoptères pourraient ainsi être mobilisés pour d‘autres missions, plus exigeantes.

Un drone armé permet de mettre une pression constante sur les terroristes que nous combattons : c‘est endurant, silencieux et quasiment invisible à l‘oeil nu”, dit-on dans l‘entourage de Florence Parly.

Les munitions utilisées sur les Male Reaper américains sont des bombes de 250 kilos et des missiles Hellfire d‘une portée de 8 à 10 kilomètres.


Défense : ce que les futurs drones armés vont changer

BFMTV, 06/09/2017 à 09h32

L’armée française va se doter de drones armés, a annoncé mardi Florence Parly. Un équipement vanté pour sa discrétion, sa grande autonomie et sa rapidité d’intervention.

La France a annoncé mardi qu’elle allait se doter de drones armés à l’horizon 2019. "J’ai décidé d’engager le processus d’armement de nos drones de renseignement et de surveillance", a déclaré la ministre des Armées, Florence Parly. Un rapport du Sénat préconisait déjà au mois de mai dernier que la France se dote de tels équipements.

"Une capacité clé du combat de demain"

L’armée française possède actuellement six Reaper : cinq basés à Niamey, au Niger, pour les opérations de surveillance des jihadistes au Sahel, et un à Cognac. Ces six drones pourraient être également armés à l’horizon 2020. Au Niger, "ils désignent les cibles à nos avions de chasse", a indiqué aux Échos le chef d’état-major de l’armée de l’air.

Les six drones de surveillance de fabrication américaine Reaper que l’armée française recevra en 2019 devraient ainsi être équipés d’un armement, en attendant la mise en service d’un drone Male européen conçu avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne à l’horizon 2025.

"Il s’agit d’une capacité clé du combat de demain, comme l’ont été, à leur époque, le blindé ou l’avion. La France ne saurait passer à côté sous peine de se voir déclassée", a insisté Florence Parly.

Discrétion et autonomie

Sur le terrain, ces drones sont vantés pour leurs qualités : discrétion, ils sont quasiment indétectables à l’œil nu, et grande autonomie, jusqu’à 24 heures de vol, contrairement à un avion piloté par un être humain, avec une durée de vol limitée.

Par ailleurs, si une cible est repérée, ils pourront être engagés beaucoup plus rapidement qu’un avion pour la "neutraliser". Un point de vue que partage Frédéric Coste, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique.

"L’avantage d’un drone, c’est la rapidité d’intervention. Il lui faut quelques secondes seulement pour atteindre une cible. Un avion de chasse, c’est de l’ordre d’une dizaine de minutes", a-t-il précisé sur Franceinfo.

Les armées françaises gagneront ainsi en "efficacité" et "limiteront le risque de dégâts collatéraux", a relevé la ministre.

Pas des "robots tueurs"

Anticipant "les craintes" que ces armes pilotées à distance suscitent, Florence Parly a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas de "robots tueurs" et qu’ils seraient utilisés avec les mêmes règles d’engagement que les armes actuelles. Selon leurs détracteurs, les drones armés "déshumanisent" la guerre, avec des pilotes qui agissent à distance et des "assassinats ciblés" contestables d’un point de vue éthique et juridique.

"Qu’il s’agisse d’un canon Caesar, d’un missile de croisière, d’un Rafale, si l’opérateur est physiquement éloigné de l’objectif, l’homme n’en est pas moins au cœur de l’engagement du feu. Il en ira de même pour les drones."