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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris : l’Etat se venge en demandant des années de prison ferme dans l’affaire de la keufmobile cramée
Article mis en ligne le 22 septembre 2017
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Le délibéré, initialement prévu le 29 septembre à 11h, sera rendu à une date ultérieure (fixée mercredi prochain 27/09, jour où les avocats finiront de plaider de 9h30 à 13 h lors d’une ultime audience). Par ailleurs, en toute fin vers 21h30, le tribunal a eu à se prononcer sur la remise en liberté de Kara et Krem, toujours incarcérés. Elle a été refusée sous les cris d’une partie du public : "Liberté", "freedom", "courage".

Réquisitoire des procureurs Olivier Dabin et Emmanuelle Quindry
(à base de : c’est le "procès de quelques casseurs" organisés "en horde", de ""Où se trouvent les fascistes et les extrémistes quand on combat la police, la justice, les journalistes ?", "En perquisition, on trouve des autocollants de la mouvance ultra gauche", "Je mets au défi quiconque de dire que la justice couvre les violences policières" mais aussi de : "Le grand Lénine disait " L’anarchiste est un réactionnaire"" et "Pour les jusqu’aux boutistes, le silence est un droit mais c’est aussi un silence d’approbation").

1) Contre les personnes accusées de participation à un "groupement en vue de commettre des violences", mais aussi de "violences volontaires sur PDAP (personne dépositaire de l’autorité publique)", avec 4 circonstances aggravantes (en réunion, avec arme, visage masqué sur PDAP) :

Joachim (de nationalité suisse) : 8 ans de prison ferme assorti d’un mandat de dépôt (il est en fuite, déjà sous mandat d’arrêt, et accusé d’avoir jeté le fumigène qui a incendié la voiture)
Antonin : 5 ans d’emprisonnement dont 1 an avec sursis, avec mandat de dépôt plus une interdiction de participer à une manifestation pendant 3 ans à Paris. Il a déjà fait 10 mois de prison préventive.
Nicolas : 5 ans d’emprisonnement dont 2 avec sursis sans mandat de dépôt (suite à son "acte clair de contrition" et l’absence de "risque de réitération" dixit le procureur), et 3 ans d’interdiction de manifester à Paris. Il a déjà fait 13 mois de détention provisoire.
Krem : 4 ans de prison ferme avec maintien en détention et 3 ans d’interdiction de manifester à Paris. Il est toujours incarcéré en préventive depuis 7 mois.
Kara : 3 ans de prison dont 1 avec sursis avec maintien en détention., et une interdiction du territoire français de 3 ans (elle est de nationalité américaine). Elle est toujours incarcérée en préventive depuis 16 mois.
Thomas : 3 ans de prison dont 2 avec sursis, assortie d’une interdiction de participer à une manifestation pendant 3 ans à Paris. Sans mandat de dépôt (soit 1 an de prison ferme aménageable).

2) Contre les personnes uniquement accusées de participation à un "groupement en vue de commettre des violences" :

Angel : 1 an d’emprisonnement avec sursis et 3 ans d’interdiction de manifestation. Il a déjà fait 42 jours en détention provisoire.
Bryan : 1 an d’emprisonnement avec sursis et 3 ans d’interdiction de manifestation, 1000 € d’amende pour avoir refusé de se soumettre au test ADN. Il a déjà fait 4 jours en détention provisoire.
Leandro : 1 an d’emprisonnement avec sursis et 3 ans d’interdiction de manifestation. Il a déjà fait 4 jours en détention provisoire.

Demande des "parties civiles" :

- le syndicat de police Alliance demande 5000 euros pour "préjudice moral" de sa profession (à base de "ces violences s’apparentent à des actes de terrorisme"). L’avocat d’Alliance est Me Delphine Des Villettes.
- Kevin Philippy, le flic côté conducteur, demande 30 000€ de "dommages et intérêts" (son avocat est Me Michèle Launay). Kevin Philippy, adjoint de sécurité, a passé le concours de gardien de la paix quatre fois et l’a raté à chaque fois. Avec l’histoire du quai de Valmy, il a été exempté de concours et a intégré directement l’école de police de Sens, d’où il est sorti le 20 mars 2017. Aujourd’hui gardien de la paix stagiaire, il sera titularisé en mars 2018.
- L’agent judiciaire de l’Etat demande 1500 euros