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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Inculpés de Vincennes : quand une célèbre avocate "militante" balance
Article mis en ligne le 12 mars 2009
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[Comme (quasi) tous les baveux, M°Terrel croit à la justice, à la police, et participe à ce système d’oppression. Défendant des inculpés de l’incendie de Vincennes, elle n’hésite pas dans un journal stalinien à demander aux keufs et aux juges de mieux faire leur travail, soit d’inculper les "vrais" coupables. Crapule !
Ceci dit, bien sûr, solidarité avec les sans-papiers inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes, ni coupables, ni innocents.]

Acharnement contre les inculpés de Vincennes

L’Humanité, 11 mars 2009

Sans-papiers . Les retenus poursuivis pour l’incendie du centre, en 2008, sont « pris en otages », selon Me Terrel.

Quel beau pays, la France ! C’est en effet en catimini qu’elle a rapatrié en Tunisie le corps de Salem Souli, le sans-papiers dont la mort fut suivie, fin juin, de la révolte et de l’incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes. Son fils et son ex-compagne (qui n’ont appris sa mort qu’en octobre !) ont d’ailleurs porté plainte pour « rétention d’information, homicide involontaire par manquement aux obligations de sécurité, omission de porter secours et atteinte à la mémoire du mort et à sa réputation ainsi qu’à sa famille ». Et c’est avec la même discrétion que le pays des droits de l’homme s’acharne sur les huit sans-papiers tenus responsables de l’incendie du CRA.

Ainsi, l’un d’eux, Slaheddine El Ouertani, d’origine tunisienne, vient de sortir du coma dans lequel il était plongé depuis novembre, après avoir été grièvement blessé dans sa cellule de la prison de Fresnes, où il était en préventive. Hospitalisé à Paris, il est hémiplégique et souffre de graves séquelles. Si le juge d’instruction n’a pas jugé utile de prolonger son maintien en détention provisoire, cela n’a pas empêché le parquet de dégainer une procédure d’exception (le référé détention) pour le renvoyer en prison ! Heureusement, la chambre d’instruction de la cour d’appel, en attendant de statuer sur le fond, vient de lui éviter de retourner derrière les barreaux, rejetant cette demande.

Demain, un autre inculpé, le jeune Ekma Mouktare, d’origine marocaine, passera devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris. Incarcéré depuis huit mois à Fleury-Mérogis, son dossier a été, depuis peu, pris en charge par Me Irène Terrel. Pour elle, ces inculpés ne sont ni plus ni moins que « des otages et des victimes ». « Victimes de ne pas être nés dans le bon pays, de la politique d’immigration, des conditions de vie déplorables dans les centres de rétention et en prison. » D’ailleurs, comme nous le raconte l’avocate, après avoir été ballotté de CRA en CRA, puis en prison, son client a fait « plusieurs tentatives de suicide ». « Il s’automutile et a, à plusieurs reprises, avalé des lames de rasoir. » En huit mois de détention, il n’aura d’ailleurs été entendu qu’une fois.

De surcroît, le 19 février, son conseil a pu visionner des images «  tournées par la police, et sélectionnées par celle-ci comme étant les plus intéressantes, sur ce qui s’est passé au CRA. Le pire, c’est qu’on voit bien que mon client n’a rien fait. La seule chose qu’on puisse lui reprocher, c’est de s’être approché d’un tas de matelas pour récupérer l’argent qu’il y cachait. On voit bien qu’il n’a ni briquet ni allumette à la main. En revanche, sur d’autres images, on voit dans les couloirs une autre personne avec un linge en feu à la main. Une personne qui n’a pas été inculpée  ». Et l’avocate d’ajouter : « Même le juge des libertés, dans son ordonnance, reconnaît que l’on ne peut rien reprocher à mon client. » Cela ne l’a pas empêché de demander le prolongement de son maintien en détention. Une décision dont Me Terrel a fait appel. Et pour laquelle elle demandera, demain après-midi, la publicité des débats.