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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Athènes : une permanence d’Aube Dorée explosée
Article mis en ligne le 7 décembre 2012
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Un attentat vise le parti néonazi grec Aube dorée

Le Monde.fr avec AFP | 04.12.2012 à 15h48

Une bombe a explosé dans la nuit de lundi 3 à mardi 4 décembre devant une permanence du parti néonazi grec Aube dorée à Athènes, a indiqué une source policière. Il n’y a ni victime ni blessé, seulement des dégâts matériels.

L’explosion a endommagé la façade de l’immeuble accueillant une permanence du parti Aube dorée, qui était alors inoccupée, dans la zone industrielle d’Aspropyrgos, de la banlieue ouest d’Athènes. Les vitres de plusieurs bâtiments aux alentours ont explosé.

Aube dorée a fait une percée au Parlement lors des élections de juin, remportant 18 sièges sur 300. Pour de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme, le parti néonazi est soupçonné d’être derrière la multiplication récente des attaques et des violences racistes contre des immigrants en Grèce.


Grèce : les néonazis prennent le chemin de l’école pour mieux s’implanter

AFP, jeudi 06 décembre 2012 à 18h26

Les écoles deviennent en Grèce un terrain d’opération pour les néonazis du parti Aube dorée, qui y recrutent et y propagent leurs thèses, suscitant inquiétude et mobilisation des responsables éducatifs.

"Les fascistes hors de l’école", "Dehors les néonazis" : jeudi à Athènes, banderoles et affiches d’une manifestation lycéenne attestaient de cette pénétration et des résistances qu’elle suscite, depuis l’irruption du parti Aube Dorée au parlement lors des élections législatives de juin.

Plusieurs affaires ont récemment aussi mis en lumière le phénomène : des batailles rangées entre élèves grecs et albanais, dans lesquelles deux de ces derniers ont été blessés, ont éclaté à deux reprises dans un collège de Crète, pour cause de slogans anti puis pro Aube dorée inscrits au tableau, tandis qu’à l’occasion des célébrations de la fête nationale du 28 octobre, une chasse aux sorcières a visé des enseignants au patriotisme jugé défaillant.

L’un des 18 nouveaux députés néonazis a aussi fait sensation en interpellant des écoliers visitant la Chambre pour leur enjoindre de résister au "terrorisme" de gauche.

Dans divers établissements opèrent "de manière organisée, des gangs qui injurient les élèves étrangers et leurs parents, avec une grande violence verbale qui peut à tout moment basculer dans l’agression physique", décrit Nicodème Mainia Kiniua, éditeur du magazine africain Asante.

Pour le secrétaire d’Etat à l’Education Théodoros Papatheodorou, le pays doit "sans tarder" agir pour empêcher que se systématisent ce qu’il décrit comme des "tentatives sporadiques de pénétration dans les établissements et d’intimidation des professeurs et des élèves, contraires au fonctionnement démocratique de l’école".

"Cela émane soit de parents qui invoquent leur appartenance à Aube Dorée, soit de membres du parti, sans compter ses annonces d’intervention pour contrôler l’enseignement de l’histoire", relève-t-il pour l’AFP, soulignant la détermination du ministère à faire barrage.

Pour empêcher un "fait accompli", le ministre compte notamment sur la mise en place d’un "Observatoire de la violence à l’école", et veut introduire une éducation civique centrée sur "l’apprentissage de la citoyenneté, de la tolérance et du respect de la différence".

Selon M. Maina Kiunia, le système éducatif grec offre en l’état un "terrain propice" à Aube Dorée : "la conception dominante repose sur l’idée que les Grecs ont tout inventé, alors que le reste de l’humanité était encore dans les arbres à manger des glands", déplore-t-il.

Dans l’immédiat, les autorités scolaires ont dû intervenir pour annuler la mutation, sous pression néonazie, d’une institutrice de maternelle, "coupable" d’avoir affiché des drapeaux albanais dans sa classe. Une procédure disciplinaire a aussi été ouverte contre un directeur de lycée à Athènes, qui avait menacé les élèves de recourir au service d’ordre musclé d’Aube Dorée.

"Cette menace est devenue très à la mode", confie à l’AFP une enseignante d’un lycée professionnel de la capitale, qui a requis l’anonymat. Elle en a récemment été la cible, prise à parti par trois élèves lui reprochant son engagement syndicaliste à gauche.

"Le pire est que deux-tiers de mes collègues ont jugé que nous étions à renvoyer dos à dos", s’inquiète-t-elle, même si ailleurs, des enseignants lancent campagnes et mobilisations "antifascistes".

Parmi ces militants, Artémis Kalogyri affirme devoir dialoguer sans relâche pour empêcher les thèses néonazies de gagner les esprits, dans le lycée de la banlieue populaire de Kallithéa où elle enseigne le grec.

"Des adolescents sont recrutés, surtout parmi les plus défavorisés, et assurent le relais via une formation théorique et paramilitaire qui leur est dispensée par Aube Dorée", raconte-t-elle.

Selon elle, ces jeunes "perçoivent l’extrême droite comme assurant la défense de l’hellénisme face au danger d’une dissolution, à laquelle les immigrés sont accusés de contribuer. La plupart veulent intégrer la police ou l’armée".


Le parti néonazi grec Aube dorée fait des émules en Espagne

France24, 07/12/2012

Engluée dans une crise dont elle ne voit pas le bout, l’Espagne assiste, à l’instar de la Grèce, à une montée de l’extrême droite. Plusieurs formations se réclamant d’un populisme régional ont fait de la lutte contre l’immigration leur priorité.

"Pas un de plus ! Six millions de chômeurs en Espagne, c’est six millions d’immigrés en trop." La page d’accueil du site d’España 2000 annonce la couleur, enchaînant différents slogans, parmi lesquels également : "L’islam est incompatible avec l’Europe" et "Pour une banque publique au service des Espagnols".

Xénophobie, islamophobie, populisme sur fond de crise économique : la formation a copié sans grande imagination la flamme historique du Front national français, la peignant en rouge et or, les couleurs de l’Espagne. Elle s’inspire aussi du parti néonazi grec Aube Dorée pour s’enraciner dans une société touchée par un taux de chômage à 25 %.

Alors que le froid de l’hiver commence à s’abattre sur la péninsule ibérique, dans un pavillon de Valence qui lui sert de siège social, España 2000 s’est mis à distribuer de la nourriture et fait ainsi subsister une cinquantaine de familles. Une méthode qui a déjà fait ses preuves en Grèce : "Ce que propose Aube Dorée nous semble très bien, explique José Luis Roberto, fondateur et leader d’España 2000. Ce qui paraît sur eux dans la presse, ce sont bien souvent des citations sorties de leur contexte, dans le but de les criminaliser. Si tellement de gens votent pour Aube Dorée, c’est qu’il y a une raison."

La raison, c’est que le parti néonazi grec s’est imposé au Parlement en juin dernier suite à ses actions dites "sociales" dans les quartiers populaires. Services de "sécurisation" des quartiers à base de ratonnades, mais aussi service d’accompagnement de personnes âgées et distribution de vivres aux plus pauvres.

Une ONG financée par l’UE

Sur le même créneau, José Luis Roberto a créé pour sa distribution de vivres une ONG financée par le Fonds social européen (FSE) le "lieu d’accueil patriote Maria Luisa Navarro". Le parti récolte aussi des dons de ses adhérents (3 500 au total) et met sur le terrain 200 volontaires pour distribuer de la nourriture invendue des supermarchés et entretenir une auberge d’accueil pour SDF.

"Nous appliquons la préférence nationale. S’il y a des Espagnols en situation d’exclusion sociale, nous leur donnons la priorité", indique Roberto. De fait, dans l’auberge de Valence, un seul sans-abri est étranger, un Russe affilié à España 2000 depuis la création du mouvement en 2003.

Cette formation a réellement percé dans le paysage politique espagnol l’année dernière, aux municipales, en obtenant plusieurs élus, notamment à Alcala de Henares, la troisième ville la plus peuplée de la banlieue de Madrid, et dans la région de Valence. Selon les recherches de l’historien Xavier Casals, l’extrême droite avance surtout dans l’est de l’Espagne, à Valence et en Catalogne.

Des formations politiques telles que España 2000 et Plataforma per Catalunya (67 conseillers municipaux en Catalogne) y réinventent un populisme régional qui se construit contre Madrid, contre l’immigration, et contre la classe politique traditionnelle accusée d’avoir fomenté la crise et la corruption.

Depuis la fin de la dictature franquiste, c’est le grand parti conservateur, le Parti populaire, qui parvenait à rassembler l’ensemble de la droite espagnole, du centre à l’extrême. En se substituant aux pouvoirs publics pour pallier les effets de la crise, le parti España 2000 attend son heure.

"Nous avons des militants qui viennent de la Phalange [des nostalgiques du franquisme, NDLR] mais le profil des nouveaux adhérents est différent, précise Roberto. Ce sont soit des gens qui ne viennent d’aucune organisation, soit des vieux militants communistes ou de syndicats ouvriers. Nous avons réalisé nos percées électorales dans des fiefs qui étaient à gauche depuis les années 1970."

Avec un taux de chômage qui continue de flamber et la désaffection des Espagnols vis-à-vis des deux grands partis traditionnels, les petites formations d’extrême droite pensent avoir de belles années électorales devant elles.