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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Dijon : Les Tanneries, de la légalisation à la vitrine municipale
Article mis en ligne le 29 avril 2014
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"Les Tanneries passaient en procès le 18 juillet [2000] et ont obtenu 3 mois de délais et 500 francs d’amende par jour d’occupation supplémentaire. Ce qui nous étonne une fois encore dans leurs textes, c’est non seulement la volonté de signer une convention avec la mairie, et aussi de considérer celle-ci comme interlocuteur, sous prétexte qu’elle est propriétaire selon la loi. Combien de personnes devront se faire frapper, harceler, condamner sur ordre pour que les habitantEs de ce lieu comprennent que la mairie est un ennemi contre lequel lutter (« lutter pour empêcher l’expulsion » c’est ainsi lutter contre la mairie) et non d’un adversaire avec lequel on peut dialoguer ? Le 15 août, Le Monde leur consacrait un article, le 30 ils occupaient EDF pour obtenir l’électricité et début septembre, qu’on se rassure, la mairie a annoncé que les négociations reprenaient avec en perspective la mise à disposition du lieu gratuitement après mise aux normes de sécurité."
La situation aux Tanneries (Dijon), Cette Semaine n°81, oct/nov 2000, p.6

"Nous remettons en cause les logiques marchandes et l’accumulation de biens pour prôner la propriété d’usage et les échanges solidaires... Les Tanneries ne se vivent pas comme une gentille alternative parallèle qui se construirait en ne bousculant pas trop les pouvoirs en place, un zoo folklorique censé faire la preuve de la bienveillance démocratique de nos dirigeants. Si nous sommes là, c’est pour faire évoluer la société et lutter !"
Communiqué de l’Espace autogéré des Tanneries, 24 mars 2007

"On se croit trop souvent impuissant face aux institutions, mais c’est peut-être là le plus grand pouvoir qu’elles ont. Si on brise l’illusion qui nous fait croire qu’on n’est rien, qu’on ne peut rien, et si, ensemble, on se donne les moyens..."
Interview d’un habitant des Tanneries diffusée sur le site de la rappeuse Keny Arkana, octobre 2007

"Ouvert en 1998, l’espace autogéré gêne depuis toutes ces années. Il gêne, parce qu’il ne rentre pas dans les normes dociles des structures culturelles, et continue à faire vivre un antagonisme vis-à-vis des institutions..."
Les Tanneries, c’est loin d’être fini !, par des participant·e·s à l’Espace autogéré des Tanneries, janvier 2009

"Hier, nous apprenions que la Mairie avait fait voter au Conseil Municipal un budget destiné à pouvoir reloger l’espace autogéré des Tanneries... Il y a 3 ans, la Mairie annonçait qu’en cas de projet d’urbanisme, elle proposerait des solutions de relogement garantissant la continuité du projet Tanneries, et la remise en œuvre des activités actuelles. Nous avons été clair·e·s, de notre côté, sur le fait qu’il n’était pas envisageable de quitter ces lieux pour nous retrouver dans un cube de tôle vide, sans l’assurance de conserver notre autonomie, de pouvoir redéployer la diversité de nos activités, et d’obtenir un bail stable..."
L’assemblée de l’espace autogéré des Tanneries, 29 juin 2011


L’Espace autogéré des Tanneries comme élément du cadre de vie des autorités locales

Dijon : Les échos du conseil municipal
Le Bien Public, 18/12/2013 à 05:01

(extrait du vote du budget 2014 au conseil municipal) 5,98 M€ seront consacrés à l’amélioration du cadre de vie  : 2,2 M€ pour la modernisation de l’éclairage public, 1 M€ pour les travaux neufs d’espaces verts et 2,7 M€ pour les travaux d’entretien et de rénovation de la voirie. 4,9 M€ sont affectés à l’action foncière, dont 2,8 M€ pour l’opération “passage Jean-Jaurès”, et 1,5 M€ pour l’exercice du droit de préemption. 3,5 M€ sont affectés à la culture, dont 1,7 M€ pour les travaux et études dans le cadre de la rénovation du musée des Beaux-Arts, 600 000 € pour la relocalisation de l’espace autogéré des Tanneries et 395 000 € pour la rénovation du Planétarium. 3,2 M€ sont affectés à la “réussite éducative” (travaux au groupe scolaire Montmuzard, au groupe scolaire Mansart, Petit-Bernard, Colombière), et des travaux d’entretien à la cuisine centrale. 1,6 M€ sont affectés à des travaux de maîtrise d’énergie.


Après la légalisation du squat en 2001, Les Tanneries se vendent à la mairie pour 1,6 million d’euros

Tanneries : 1,6 million d’euros pour déménager l’espace autogéré
Le bien public, 14/11/2012 à 05:00

Le rapport 19, consacré à l’opération Éco-cité Jardin des maraîchers, et plus particulièrement à la relocalisation de l’espace autogéré des Tanneries, a suscité le débat entre majorité et opposition. « Ce projet d’éco-cité est une opération importante qui permettra de revitaliser un espace qui en a bien besoin », a entamé Pierre Pribetich, adjoint délégué à l’Urbanisme. Et de poursuivre : «  Nous avons la volonté de faire en sorte que l’espace autogéré des Tanneries puisse être relocalisé  ».

La réalisation de travaux de réhabilitation partielle d’un bâtiment situé 35-37, rue des Ateliers à Dijon avait été confiée à la Splaad (Société publique locale d’aménagement de l’agglomération dijonnaise), par délibération au conseil municipal du 27 juin 2011. Ce lundi, il s’agissait de porter le montant total de l’opération de 950 000 € HT à un montant maximum de 1 366 800 € HT (soit 1 626 852,80 € TTC). « Les travaux initialement prévus ont nécessité des adaptations », a expliqué Pierre Pribetich. La Ville souhaite prendre en charge l’ensemble des travaux relevant de la sécurité, de la structure du bâtiment et de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, permettant la mise en conformité du bâtiment. « Cette évolution induit aussi une augmentation des prestations intellectuelles associées. Par ailleurs, pour préserver au mieux les intérêts de la Ville en cas de sinistre, la Splaad a été sollicitée afin de contracter une police d’assurance “dommages-ouvrages” et une police d’assurance “tous risques chantiers” pour un montant de 40 000 € », a ajouté Pierre Pribetich.

« Les villes doivent faire place aussi à ce type de culture »

« Le groupe Initiatives Dijon s’oppose catégoriquement au relogement de l’espace autogéré des Tanneries aux frais du contribuable dijonnais », a lancé le conseiller municipal d’opposition Laurent Bourguignat. « Je rappelle qu’en 1997, un groupe de squatteurs, se revendiquant de l’anarchisme, est entré illégalement sur le site des anciens abattoirs municipaux laissés en friche dans l’attente de l’évolution de plusieurs grands projets. Une dizaine de personnes y ont élu domicile de façon permanente. [...] En 2001, les squatteurs ont bénéficié de la bienveillance de la nouvelle municipalité de gauche avec qui ils ont signé un bail précaire. C’est le premier scandale, une occupation tout à fait illégale se voit ainsi cautionnée par les pouvoirs publics, par notre collectivité en l’occurrence », a-t-il poursuivi, soulignant que l’opposition municipale voterait contre ce rapport, notamment « par respect pour les contribuables qui, dans le contexte extrêmement tendu de nos finances publiques, de la nécessité de maîtriser les dépenses publiques, ne comprendraient pas que soient ainsi dépensés 1,6 million d’euros ».

Avant de procéder au vote à main levée, François Rebsamen [le maire PS désormais ministre du Travail] a précisé : « Lorsque nous sommes arrivés en 2001, ils étaient là, ce n’est pas nous qui les avons installés ! Nous avons signé un bail pour régulariser une situation qui était illégale depuis 1997. Depuis, il y a un espace culturel. Les villes doivent faire place aussi à ce type de culture, provocatrice, souterraine, “underground”. Nous allons raser tous les bâtiments, construire et développer tout ça. Entre-temps, j’assume. Je ne suis pas “anar”, mais cette culture existe. Je leur demande de respecter la loi, c’est tout. » Le rapport 19 a finalement été adopté avec neuf voix contre.


Conseil municipal de Dijon : ça déménage pour les Tanneries

Gazetteinfo, Mercredi 14 nov 2012 à 11:11

Lundi soir, le conseil municipal de Dijon a examiné l’augmentation du coût de relogement de l’espace autogéré des Tanneries. Ce qui a suscité les foudres de l’opposition. 400 000 euros supplémentaires ont été demandés lors du dernier conseil municipal pour le déménagement des anarchistes des Tanneries.

Depuis 14 ans, ce dossier revient régulièrement sur la table. La mairie avait par le passé conclu un accord : les Tanneurs partiront quand la municipalité présenterait un projet pour la friche industriel des anciens abattoirs. L’écocité Jardin des maraichers est sur les plans. En 2011, la mairie a trouvé un consensus avec les anarchistes en leur proposant de délocaliser leurs locaux rue des Ateliers, à proximité du dépôt du tramway. Une première enveloppe de 950 000 euros avait été prévue.

Mais la facture a depuis augmenté à la suite de « l’adaptation des travaux initialement prévus », pouvant atteindre un maximum de 1 366 800 € hors taxes (1 626 852 € TTC), soit jusqu’à 400000 euros supplémentaires. La Ville souhaite prendre en charge l’ensemble des travaux relevant de la sécurité, de la structure du bâtiment et de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, permettant la mise en conformité du bâtiment. De plus, la SPLAAD, chargée des travaux, a dû contracter des polices d’assurance « dommages-ouvrages » et « tous risques chantiers » pour un montant de 40000 euros...