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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Athènes : Cinq ans après la mort d’Alexis, un compagnon se fait tirer dessus à Exarchia
Article mis en ligne le 8 décembre 2013
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Grèce : Cinq ans après la mort d’Alexis, un compagnon se fait tirer dessus à Exarchia

Avant de commencer la description de l’incident, je voudrais mentionner les raisons pour lesquelles je n’ai pas entrepris de plainte ou d’action en justice. Tout d’abord, je déclare que je suis un anarchiste anti-autoritaire. Par conséquent, ma conscience ne peut pas se détourner vers des procédures judiciaires. Les combattants de la liberté devraient tracer des lignes de bataille contre le système et les « privilèges » qu’il nous offre. Dans le récit de l’incident qui suit (qui a eu lieu deux jours avant l’anniversaire de l’assassinat du compagnon Alexis Grigoropoulos en 2008), je tiens à clarifier que je ne me considère pas comme une victime de l’attaque décrite, parce que les lignes de bataille sont établies, et nous nous tenons contre l’ennemi, comme je l’ai déjà dit.

Dans la nuit du 4 Décembre 2013, J’étais dans le centre d’Exarchia [Ndt. quartier d’Athènes avec une forte présence anarchiste] avec d’autres compagnons, lorsque nous avons compris que nous étions suivis par trois flics en civil à proximité de l’intersection des rues Benaki et Eressou. Nous avons brièvement discuté de ce que nous pourrions faire, et puis nous avons pourchassé et harcelé les flics.
Deux des civils se sont enfuis dans la rue Dervenion, jusqu’à la rue Zoodochou Pigis, tandis que le troisième s’enfuyait par la rue Eressou, également en direction de la rue Zoodochou Pigis. Il ne fut d’aucune surprise quand nous avons vu les deux premiers voyous tourner dans la rue Valtetsiou puis sur la rue Charilaou Trikoupi, pile là où un escadron anti-émeute est stationné en permanence.
Nous avons regardé en arrière, vers le troisième flic, et je lui ai crié : « Où crois-tu aller, sale civil ? ». Soudain, j’ai remarqué qu’il tenait une arme pointée sur moi, et il cria : « Venez ici... je vais vous baiser », en pointant son arme sur ma poitrine. Dans les secondes qui suivirent, il arma son pistolet, prêt à faire feu, et je criais vers lui : « Que vas-tu faire, me tirer dessus ? ». Et il m’a tiré dans la jambe. A ce moment précis, je n’ai pas réalisé que j’étais blessé, et la pensée que sa prochaine balle me frapperait m’a fait courir vers la place Exarchia, où j’ai enfin réalisé que j’étais blessé à la jambe.

J’ai considéré utile de divulguer ces informations, pas pour répandre la peur, mais la rage. Nous ne nous défilons pas, peu importe quoi, ils doivent se mettre ça dans la tête, que nous ne plions pas, même avec des balles.

Attaque d’abord et toujours, avec tous les moyens possibles, contre l’État et ses sbires.

On se voit dans la rue aujourd’hui, le 6 Décembre et tous les jours.

La balle sera retournée à la fois aux instigateurs et aux auteurs du coup de feu.

Force aux vagabonds qui sont accusés dans les affaires de Velventos et de Nea Filadelfeia.

M.K.

[Traduit de l’anglais de contrainfo December 6th, 2013, par non-fides.]