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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Grèce : lettre des compagnons accusés du double braquage de Velventos-Kozani
Article mis en ligne le 5 novembre 2013
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Quatre compagnons (Andreas-Dimitris Bourzoukos, Dimitris Politis, Nikos Romanos, Yannis Michailidis) ont été arrêtés le 1er février 2013, accusés de braquage de banque à Kozani, dans le nord de la Grèce. On trouvera les infos parues à l’époque ici, dans "Grèce : à propos de l’arrestation et du tabassage de compagnons accusés de braquage".
Deux d’entre eux, Yannis Michailidis et Dimitris Politis, étaient déjà en cavale, accusés de participation à l’organisation Conspiration des Cellules de Feu. Chose qu’ils avaient infirmés dans une déclaration publique en octobre 2012, afin que leur discours ne soit pas confondu avec celui des CCF, tout en affirmant leur solidarité avec eux et la nécessité d’attaquer ce monde.
Quelques mois plus tard, le 30 avril 2013, les compagnons Fivos Harisis et Argyris Ntalios sont arrêtés à leur tour à Nea Filadelfeia, un quartier d’Athènes. Ils faisaient l’objet d’un mandat d’arrêt depuis mi-février 2013, pour le double braquage de Kozani.

Tous les six passeront en procès à partir du 29 novembre 2013, dans une salle spéciale aménagée dans l’aile féminine de la prison de Koridallos.


Grèce : lettre des compagnons accusés du double braquage de Velventos-Kozani

[Traduit de l’italien de contrainfo, November 2nd, 2013]

Le 29 novembre 2013 commencera le procès du double braquage de Velventos-Kozani. Il se tiendra dans la section féminine de la prison de Koridallos (et non -comme annoncé au début- dans la tribunal de la rue Loukareos). La cour, ce bordel sacré de la justice, a toujours été l’espace où la classe dominante -l’autorité- a voulu montrer sa domination sur les "illégaux" de cet Etat.

Voilà pourquoi la question de la solidarité est un problème permanent, dans le cas des anarchistes, et que les flics de toute catégorie, anti-émeute, en civil, antiterrorisme, se précipitent pour remplir la salle d’audience pour tenter d’empêcher son expression. Pourtant, vu l’échec de ces pratiques et afin de rendre plus "sûr" le transfert (de la prison au tribunal) d’un bon groupe d’anarchistes, ils ont résolu ces deux problèmes en utilisant des salles spéciales (deux pour l’instant) à l’intérieur de la section pour femmes de Koridallos. Il est évident que le changement de salles est lié à ces deux raisons-là. D’un côté un risque minimal au niveau logistique, et d’un autre l’enregistrement de tous les individus solidaires qui voudraient s’y rendre.

Pour nous, le choix de la salle ne fait pas la différence, c’est de toutes façons un territoire hostile, qu’elle soit située en prison ou dans les jardins suspendus de Babylone. Et si la tactique de fichage empêche la présence des compagnons dans la salle, rien ni personne ne peut arrêter la force que nous aurons en entendant les voix et les cris qui passeront au-delà des murs de la prison et des fourgons blindés. Un rassemblement à l’extérieur du tribunal peut briser l’isolement qu’ils veulent mettre en place.

De plus, la solidarité révolutionnaire ne se limite pas pour nous à des événements de soutien lors des audiences. La cour n’est rien d’autre que l’espace où l’ennemi avalise sa propre victoire, c’est le mécanisme d’assimilation de la violence répressive dans l’idéologie démocratique. Et plus particulièrement dans notre cas, il n’y aura pas la "pression" habituelle sur les juges pour obtenir des verdicts plus favorables. Les décisions sont prises d’avance. Mais cela ne nous intéresse pas, vu que nous avons une conduite hostile contre les juges, non pas parce qu’ils nous prennent -nous- pour cible, mais parce leur travail est de détruire les personnes pour le compte de l’Etat.

La solidarité est un rapport permanent. Ses formes d’expression sont variées et se concrétisent lors des moments d’attaque contre le système. Un rassemblement peut bien entendu être un de ces moments pour ceux qui veulent le faire, mais ce n’est pas une condition ou le seul moment de la solidarité. Et surtout, la solidarité avec les révolutionnaires incarcérés n’est pas une statistique dictée par le moment, mais c’est un besoin, une émotion, c’est la réalisation d’une communauté de lutte, à travers tous mles moyens choisis par les compagnons pour exprimer leur solidarité, aussi bien à travers une présence solidaire devant le tribunal qu’à travers l’attaque contre les représentations de la domination impliquées dans notre procès.

Pour conclure, nous voulons mettre au clair que toutes les RAPPORTS ENTRE COMPAGNONS qui nous unissent, notre vision commune de la liberté, les rêves que nous partageons ne seront jamais dégradés par tout type de division concernant la gestion du procès ou par les différentes accusations contre nous. Le fait que certains d’entre nous auront par exemple des avocats, et d’autres pas, que certains revendiqueront leur participation au braquage et d’autres pas, ne sont pas des raisons suffisantes pour diviser la communauté de lutte qui nous unit derrière les barreaux.

Dans ce procès, l’essentiel réside dans le fait que l’Etat et ses mécanismes mettent à l’épreuve les anarchistes contraires au système, ses opposants. Il est de moindre importance de savoir comment ils tenteront de nous tenir prisonniers le plus longtemps possible (cf. les accusations).

Leur intérêt principal est notre condamnation comme ENNEMIS du système. Pour notre part, nous ne reconnaissons pas la dichotomie innocent-coupable (dans ce procès et dans tout autre contre des combattants anarchistes). Nous sommes coupables selon leur monde, coupables selon leur "innocence". Nos pensées et nos coeurs sont proches de chaque tentative qui cherche à combattre l’autorité.

Rage et conscience

Fivos Harisis, Argiris Dalios, Giannis Michailidis, Dimitris Bourzoukos, Dimitris Politis, Nikos Romanos