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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Athènes : Aube Plombée sur place [mis à jour]
Article mis en ligne le 1er novembre 2013
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Grèce : deux jeunes tués par balle devant un local du parti néonazi

AFP / 01 novembre 2013 21h10

ATHENES - Deux jeunes hommes ont été tués et un autre a été grièvement blessé vendredi soir lorsque deux inconnus ont ouvert le feu devant un local du parti néonazi Aube dorée dans la banlieue ouest d’Athènes, a-t-on appris de source policière.

La police n’était pas en mesure pour l’instant de donner des informations sur l’identité des victimes, âgées de 22 et et 25 ans selon les premières informations, et leur éventuelle appartenance politique.

Toutefois, certains médias locaux ont affirmé que les deux jeunes étaient membres d’Aube dorée. Le parti avait prévu une réunion dans la soirée dans ce local, situé sur l’avenue centrale de la banlieue athénienne de Néo Iraklio.

Des policiers du service de lutte antiterroriste ont été dépêchés sur les lieux de l’incident et ont bouclé le quartier.

Les deux jeunes hommes tués ont reçu trois balles chacun, dans la tête et le thorax. L’un d’eux est mort sur le coup tandis que le second a succombé à ses blessures après avoir été hospitalisé, a-t-on appris auprès du ministère de la Santé.

La personne blessée a aussitôt été hospitalisée et doit être opérée, a dit la même source.

Selon les premiers éléments fournis par la police, deux inconnus ont garé leur moto à proximité du local d’Aube dorée avant se diriger à pied vers leurs victimes et tirer sur elles d’une distance de moins d’un mètre. Ils ont ensuite pris la fuite sur cette même moto.

Le ministre grec de l’Ordre public Nikos Dendias a exprimé sa douleur pour la mort des deux jeunes hommes. On ne va pas laisser le pays devenir un terrain de règlements de comptes, a souligné M. Dendias.

De son côté, le porte-parole du gouvernement, Simos Kédikoglou, affirme que les assassins seront punis d’une façon implacable.

Dans un communiqué publié sur son site internet, Aube dorée écrit que cette attaque contre deux jeunes était aveugle et dénonce le fait que le gouvernement a refusé d’octroyer une protection policière au parti malgré les menaces pesant sur certains de ses membres.

L’incident intervient quelques semaines après l’inculpation de six députés d’Aube dorée de participation à une organisation criminelle dans le cadre d’une offensive contre ce parti déclenchée après la mort d’un musicien antifasciste, âgé de 35 ans, tué par un de ses membres.

Trois des inculpés, dont le chef et fondateur du parti Nikos Michaloliakos, ont été placés en détention provisoire dans la prison de haute sécurité de Korydallos, près d’Athènes.


Grèce : la piste anarchiste évoquée dans l’assassinat des militants d’Aube dorée

LE MONDE | 04.11.2013 à 11h41

Deux personnes ont été tuées le 1er novembre par des coups de feu tirés près d’un local du parti néonazi Aube dorée dans la banlieue ouest d’Athènes.

Ils sont venus par dizaines tout au long du week-end déposer une bougie, un bouquet de fleurs blanches ou un drapeau grec à l’endroit même où, vendredi soir 1er novembre, deux jeunes sympathisants du parti néonazi Aube dorée ont été tués de sang-froid, devant les locaux d’une antenne locale du parti, au nord-ouest d’Athènes.

L’attaque a duré moins de quinze secondes. Selon la police, on peut voir sur les images filmées par les nombreuses caméras de surveillance de ce quartier très fréquenté deux hommes garer leur moto à quelques mètres du local d’Aube dorée puis marcher, calmes mais déterminés, vers les victimes. L’un d’eux ouvre le feu.

Sur les quatre hommes visés, l’un parvient à s’enfuir, indemne, et il est aujourd’hui le témoin principal de la police. En état de choc, il n’a pas encore été en mesure de déposer. Un autre, Alexandros Yerondas, 29 ans, est grièvement blessé et reste à ce jour hospitalisé. Les deux plus jeunes, Emmanuel Kapelonis et Giorgos Fountoulis, sont morts après avoir reçu chacun trois balles, à la tête et au thorax.

DOUZE DOUILLES RETROUVÉES SUR LES LIEUX

Comme le montre une vidéo amateur tournant en boucle sur les télévisions grecques, le tireur a froidement achevé ses victimes d’une balle en pleine tête, à moins d’un mètre de distance, avant de s’enfuir à moto avec son complice. La moto aurait été retrouvée à quelques kilomètres du lieu du crime et serait aujourd’hui entre les mains de la police scientifique.

L’étude balistique des douze douilles retrouvées sur les lieux a permis d’identifier l’arme utilisée, un pistolet 9 mm de type Zastava. Une arme « propre », selon la terminologie policière, c’est-à-dire n’ayant servi dans aucun autre crime. Le mode opératoire est décrit par l’ensemble des spécialistes comme relevant de l’exécution froide et professionnelle, et a orienté dès les premières heures la police vers la piste du terrorisme intérieur.

De nombreux commentateurs s’étonnent sur les réseaux sociaux grecs que la piste du règlement de comptes crapuleux n’ait pas été sérieusement envisagée, alors même que les deux jeunes hommes tués sont présentés par le porte-parole d’Aube dorée comme « faisant partie de la famille du parti ». Ce parti a été qualifié d’organisation criminelle par la justice grecque et il est au cœur d’une vaste enquête déclenchée après le meurtre par un membre d’Aube dorée, le 17 septembre, du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas. L’acte d’accusation va du racket au meurtre. Trois des 18 députés du parti, dont son chef, Nikolaos Michaloliakos, ont été placés en détention provisoire.

« UN INDICE FORT »

Dans un premier temps, les médias grecs se sont précipités pour évoquer une attaque visant à venger la mort de Pavlos Fyssas et n’hésitent pas, depuis, à agiter le spectre d’une spirale de la violence opposant fascistes d’extrême droite et antifascistes d’extrême gauche. Pourtant, les auteurs de l’agression de vendredi n’ont pas été arrêtés. On ne connaît donc pour l’instant ni leur identité ni leurs motivations.

La brigade antiterroriste officiellement chargée de l’affaire rappelle qu’il y a quelques semaines, Conspiration des cellules de feu, une organisation au discours anarchiste, annonçait son « retour » et la constitution d’un « front commun » avec d’autres organisations à travers un mystérieux Plan Phénix. Le message évoquait une alliance avec Secte révolutionnaire, un groupe terroriste créé en février 2009, quelques semaines seulement après que le pays se fut embrasé à la suite de la mort d’un garçon de 15 ans, tué par un policier.

ÉVITER UNE ESCALADE DE LA VIOLENCE

Secte révolutionnaire a notamment revendiqué l’assassinat d’un policier en juin 2009 et celui d’un journaliste en juillet 2010 ; deux opérations méticuleusement préparées et aussi froidement menées que le meurtre de vendredi. « Un indice fort », selon une source policière, bien qu’aucune revendication n’ait été enregistrée.

Les responsables politiques ont, dans une rare unanimité, appelé le peuple grec à garder son calme, tentant ainsi d’éviter une escalade de la violence, à l’heure où une nouvelle mission de contrôle des bailleurs de fonds internationaux devait arriver ce lundi à Athènes et qu’une grève générale, prévue de longue date, devrait entraîner de lourds mouvements sociaux jeudi.