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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Russie : l’ambassade d’Indonésie taguée en solidarité
Article mis en ligne le 22 décembre 2011
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[Pour rappel, au-delà de cette histoire de punks, il y a des compagnons anarchistes incarcérés en Indonésie depuis un mois, accusés d’avoir cramé des distributeurs de banque. Amis punks moscovites, au-delà du folklore solidaire, faudrait peut-être élargir votre horizon, en matière de "répression brutale de l’Etat indonésien". Quand à "punk n’est pas un crime", c’est sans commentaire...]


Russie : des Punks taguent l’ambassade d’Indonésie en solidarité

Sabotagemedia, 22 décembre 2011

Le 15 décembre un groupe de punks anonymes de Moscou a décidé d’agir après avoir reçu des nouvelles de la répression brutale de l’État indonésien contre la scène Punk.

Nous nous considérons en tant qu’anarcho-punks et ces nouvelles nous ont offensés dans le sens le plus profond. Nous n’allons pas tolérer l’emprise d’aucune religion sur la liberté des êtres vivants, en particulier sur notre sous-culture. Ainsi, le soir même nous nous sommes rassemblés pour exprimer notre rage. Nous avons choisi l’ambassade indonésienne comme cible. Pour nous, la solidarité commence au niveau de la sous-culture. Nous pensons que les anarchistes russes modernes paient trop peu d’attention aux sous-cultures de résistance. Nous souhaitons que les nouvelles de notre action atteignent les camarades indonésiens. Nous espérons que leurs esprits s’élèveront après avoir écouté que dans un aussi lointain pays, il y a des gens qui se sentent solidaires avec leur lutte.

Punk n’est pas un crime. La religion est fascisme. Combattez pour vos looks.

(...)


Punks arrêtés en Indonésie : les keupons du monde se rebiffent

Rue89, 21/12/2011 à 17h52

Mi-décembre, 64 punks sont arrêtés lors d’un concert punk à Banda Aceh, seule province d’Indonésie à appliquer la Charia. Motif : Ils sont punks.

Ces 59 jeunes hommes et cinq femmes sont transférés dans une école de police pour y être rééduqués.

Le chef de la police qualifie ces punks de « maladie sociale » et décrit au Jakartaglobe le programme qui les attend :

« Il y aura une cérémonie traditionnelle. D’abord leurs cheveux seront rasés. Ensuite, ils seront jetés dans une piscine. Les cheveux des femmes seront coupés par une de nos officiers de police. »

Récupération des piercings, rasage de tête, bain rituel... Une vidéo postée par le site d’information belge Le Soir montre les premières mesures de « rééducation » prises par les autorités.

« Nous allons leur donner une leçon », résume le chef de la police. Ce qui passe par un relooking forcé :

« Nous allons changer leurs vêtements dégoûtants. Nous allons les remplacer par de beaux vêtements. Nous allons leur donner des brosses à dents, dentifrice, shampoing, des sandales et des instruments de prière. »

En Indonésie, le mouvement punk s’enracine dans la communauté des enfants des rues. Selon le Jakarta Post, certains jeunes se seraient échappés du centre de rétention, avant d’être capturés à nouveau.

Depuis, l’indignation remue les punks de la planète, et prouve, s’il le fallait encore, que le mouvement bouge encore. En marge de manifestations à Jakarta, et d’actions menées par des groupes indonésiens comme Komunitas Bendera Hitam ou Superman Is Dead, des micro-actions pullulent dans le monde et sur la toile au sein du Punk mondial.

Un groupuscule « arnarcho-punk » moscovite a tagué son soutien aux punks d’Aceh sur les murs de l’ambassade d’Indonésie à Moscou, la semaine dernière et posté une vidéo...


Des punks soumis à la charia en Indonésie

AFP, 15/12/2011 à 16:20

Une soixantaine de punks participant à un concert de rock en Indonésie ont été arrêtés et placés en "rééducation" par la police en charge de l’application de la charia. Plus de soixante punks participant à un concert de rock ont été arrêtés et placés en "rééducation" mardi 13 décembre par la police en charge de l’application de la charia, dans la province indonésienne d’Aceh, où la loi islamique est en vigueur depuis 2001.

"Nous craignons que leurs actions viennent perturber l’application de la charia", a expliqué à l’AFP Illiza Sa’aduddin Djamal, maire adjoint de Banda Aceh. Les punks ont été transférés dans un centre de rééducation à Seulawah, où ils ont commencé un stage de dix jours, sous contrôle policier. Ils ont été tondus - adieu crêtes et cheveux péroxydés - et ont été baignés dans un lac naturel. Revêtus d’habits neufs conformes à la charia à la place de leur t-shirt habituel vantant "l’anarchie" ou un groupe de rock, l’ensemble des détenus a dû également participer à une séance de prières. "Le but est de les arracher à leur comportement déviant. On doit les réhabiliter afin qu’ils aient un comportement convenable. Un traitement sévère est nécessaire", a expliqué à l’AFP Iskandar Hasan, responsable provincial de la police.

Ces arrestations suscitent la protestation des organisations pour les droits de l’Homme. Un militant local, Evi Narti Zain, a condamné l’arrestation : "Etre punk est un mode de vie et les punks vivent de par le monde sans porter préjudice à qui que ce soit".