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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Melilla (Maroc/Espagne) : vague d’assauts contre la frontière
Article mis en ligne le 15 août 2014
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Maroc : nouvel assaut de migrants pour entrer en Europe

Afriqueinside, août 15, 2014

Ils étaient environ 250 hier à tenter le coup de force de passer la frontière entre le Maroc et l’Espagne faisant fi des policiers présents. Il aura fallu que les forces de l’ordre deviennent plus menaçantes pour que le groupe d’immigrants finisse par se disperser. Selon les autorités, personne n’a réussi à franchir la frontière grâce au dispositif mis en place. Il n’en reste pas moins que comme les fois précédentes, certains candidats à l’immigration sont restés durant plusieurs minutes à plus de sept mètres du sol sur les grillages qui séparent l’Europe de l’Afrique. Mercredi, environ 600 migrants avaient tenté de franchir la triple barrière grillagée qui sépare le Maroc de Melilla. Une soixantaine de migrants avaient passé plusieurs heures sur l’une des clôtures, espérant, en vain, être recueillis côté espagnol. Ils étaient près de 800 candidats à l’immigration à avoir déjà tenté mardi de passer côté espagnol et près de 80 y sont parvenus.

Ce nouvel assaut contre Melilla démontre bien la pression migratoire de plus en plus intense qu’il y a sur cette frontière. Ces derniers mois, ce sont plusieurs milliers de clandestins qui ont tenté de pénétrer de force sur le territoire espagnole avant d’être violemment repoussés par la police marocaine. Du côté de Ceuta, autre frontière avec l’Espagne, la situation n’est pas plus simple et là aussi les problèmes migratoires font redouter que la situation dégénère. A Melilla où le nombre de places en structure d’hébergement pour les immigrés n’excède pas 480, il y a désormais de gros problèmes puisque près de 2.500 personnes sont désormais présentes sur le territoire.

L’Union européenne fait la sourde oreille

Alors que plus de 4.300 personnes ont pénétré dans l’enclave espagnole en 2013, les ONG s’attendent à ce que cette année le chiffre soit encore plus important. Il n’est pas exclu que d’ici la fin de l’année, plus de 7.000 personnes parviennent à franchir les barrières entre les deux continents. Mais face à la problématique de l’immigration, c’est l’Union européenne, plus que le Maroc qui est montrée du doigt. La politique actuelle ne parvient pas à juguler l’immigration et surtout aucun accord global de coopération entre les pays concernés n’existe réellement. Dans le même temps les institutions de l’Union n’attribuent que peu de moyens aux pays qui sont confrontés à l’arrivée de ces migrants qui pour la plupart se retrouvent dans des conditions de vie déplorables. C’est d’ailleurs les mauvais traitements infligés aux personnes qui ont retenu l’attention de dizaines d’ONG qui accusent le Maroc et l’Espagne de ne pas respecter les droits de l’Homme. Il y’a quelques semaines la mort d’une quinzaine de migrants qui tentaient de rejoindre les côtes à la nage a provoqué une polémique du côté espagnol. Les autorités ont été accusées d’avoir tiré avec des balles en caoutchouc provoquant ainsi directement la noyade des personnes concernées. Face à cette situation, désormais les forces de l’ordre ont pour consigne de ne plus utiliser le matériel anti-émeute.

Devant la pression sans cesse grandissante aucune solution ne semble pour le moment envisagée. Au même titre que Lampedusa, Melilla et Ceuta pourraient bientôt se retrouver dans une situation intenable. L’Union européenne quant à elle, reste toujours sourde aux appels à l’aide et surtout inefficace.