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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Grèce : 4000 prisonniers en grève de la faim
Article mis en ligne le 30 juin 2014
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4000 prisonniers en grève de la faim en Grèce

FranceInfo, lundi 30 juin 2014, 17h07

Près de 4 000 prisonniers ont entamé, depuis le 23 juin, une grève de la faim en Grèce. Ils protestent contre le nouveau projet de loi carcéral du gouvernement. Les mauvaises conditions de vie dans les prisons grecques ont été dénoncées à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et le Conseil de l’Europe.

Des médecins volontaires devaient, ce lundi, rendre visite à ces 4 000 détenus grecs qui ont cessé de s’alimenter depuis une semaine pour protester contre le nouveau projet de loi carcéral du gouvernement. Un projet qui entend lutter contre les « anarchistes » et les condamner pour terrorisme.

Des manifestations de soutien étaient organisées tout le week-end dans la capitale par les organisations de défense des droits de l’homme qui redoutent que le projet de loi ne prive les prisonniers des droits les plus fondamentaux. Un projet de loi qui limite les droits des détenus

Le gouvernement grec prévoit de diviser les prisons en trois catégories : A, B et C. Les établissements de catégorie C seront réservés aux prisonniers condamnés pour trahison, terrorisme, homicide volontaire sans circonstances atténuantes, extorsion de fonds et vol en bande organisée.

Selon un collectif de prisonniers et d’avocats engagés dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie dans les prisons grecs, le nouveau type d’établissement limite les droits des détenus, comme les sorties autorisées, le travail, les cours qui donnent droit à une réduction de peine, les contact avec les proches et les échanges avec les autres prisonniers. Avec cette loi, le gouvernement souhaite réduire les contacts entre les détenus de droit commun et ceux issus de la mouvance anarchiste.

Les conditions de vie dans les prisons grecques ont été dénoncées à maintes reprises par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et par le Conseil de l’Europe.


Grèce : la lutte contre les prisons de haute sécurité s’intensifie

Contrainfo, July 1st, 2014

Au 27 juin (cinquième jour du grève de la faim massive), plusieurs prisonniers ont rejoint la grève de la faim à la prison de Corfou, encouragés par la chaude intervention de soutien à l’extérieur du centre d’extermination.

Le même jour, le réseau de combattants emprisonnés a appelé à la solidarité avec la lutte en cours dans les prisons grecques, se référant également au cas du gréviste de la faim Nicolò Angelino, otage de l’État italien.

Dans la nuit du 27 juin, les détenus dans toutes les ailes de la prison pour hommes de Korydallos ont refusé d’être enfermé dans les cellules pendant une heure (jusqu’à 22 heures), pour protester contre l’énorme manque de médecins, d’infirmières et autre personnel médical, comme des brancardiers, dans la prison et son « hôpital » en particulier, mais aussi en raison du fait que les matons ont déclaré un « arrêt de travail », bloquant ainsi effectivement des visites entre les prisonniers et leurs avocats ou leurs parents.

Depuis le 28 Juin (sixième jour de grève de la faim de masse), les mobilisations de protestation se sont intensifiées avant le scrutin jeudi 3 Juillet 2014 du nouveau projet de loi sur les prisons de haute-sécurité.

Dans la matinée du 28 juin, cinq compagnons incarcérés actuellement en grève de la faim ont été transférés à l’infirmerie à la prison pour hommes de Korydallos, à savoir Yannis Michailidis, Argyris Ntalios et Nikos Romanos, ainsi que les membres de la CCF Michalis Nikolopoulos et Panagiotis Argirou. Pendant ce temps, plus de 30 grévistes de la faim ont déjà été transférés. Comme prévu, le directeur de la prison Maria Stefi (dont la voiture a été incendiée par les anarchistes en 2013) a démontré un mépris total de leur état ​​de santé en renvoyant la plupart d’entre eux dans les ailes de la prison.

Le 29 Juin (7e jour de grève de la faim de masse), plusieurs grévistes de la faim ont rapporté qu’il y aurait eu un évanouissement à Koridallos.

Solidarité active avec la lutte des prisonniers !


Grèce : 4.000 prisonniers en grève de la faim contre un nouveau projet de loi carcérale

Le courrier des Balkans, dimanche 29 juin 2014

Depuis le 23 juin, dans toute la Grèce, près de 4.000 prisonniers ont entamé une grève de faim pour protester contre un nouveau projet de loi carcéral censé lutter, selon le gouvernement, contre les « anarchistes ». Depuis des années, les rapports de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et du Conseil de l’Europe dénoncent les très dures conditions de vie qui prévalent dans les prisons grecques.

D’ici une vingtaine de jours, le Parlement grec devrait débattre de ce nouveau projet de loi. Et selon les prisonniers, la seule façon de se faire entendre et de faire valoir leurs revendications, c’est la grève de la faim. Car ces derniers ont de bonnes raisons de s’inquiéter.

La nouvelle loi prévoit en effet de diviser les prisons en trois catégories : A, B et C. Les établissements de catégorie C seront des centres de haute sécurité, réservés aux prisonniers condamnés pour trahison, terrorisme, homicide volontaire sans circonstances atténuantes, extorsion de fonds et vol en bande organisée. De surcroît, le projet de loi préconise de transférer les prisonniers jugés « dangereux » des prisons de catégorie A ou B vers celles de catégorie C.

Un collectif de prisonniers et des avocats engagés dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie dans les prisons grecques affirment que le nouveau type d’établissement pénitentiaire que le gouvernement veut mettre en place limite et même abolit de facto certains droits des prisonniers, comme les sorties autorisées, le travail, les cours qui donnent droit à une réduction de peine, les contact avec les proches et les échanges avec les autres prisonniers. De surcroît, les personnes condamnées à vie, pour terrorisme ou assassinats en bande organisés ne pourront pas bénéficier de mesures de libération anticipées avant une période incompressible de vingt ans, sans avoir pour autant droit à des sorties autorisées.

Il n’est même pas nécessaire de se référer aux condamnations de la Cour européenne des droits de l’homme ou aux nombreux rapports du Conseil de l’Europe pour se rendre compte de la gravité de la situation dans les prisons grecques. Depuis de nombreuses années, la Grèce connait régulièrement des émeutes dans les centres pénitentiaires, où prévalent la surpopulation et des conditions de détention et de vie inhumaines et dégradantes.

Le 24 juin, la police a interpellé prés de cinquante personnes liées au mouvement anarchiste, qui connait un grand essor en Grèce depuis l’assassinat du jeune Alexis Grigoropoulos. Ces dernières tentaient de se rapprocher de la résidence du Premier ministre pour protester contre le projet.

Avec cette loi, le gouvernement veut en effet réduire les contacts entre les prisonniers de droit commun et ceux, très nombreux, issus de la mouvance anarchiste. Depuis plus de deux ans, les politiques grecs dénoncent une « collaboration » accrue entre les anarchistes et les autres prisonniers, initialement non politisé, une situation qui rend de plus en plus difficile la gestion des prisons selon les autorités.


fichiers joints

  • Banderoles anticarcérale à Florina, dans le nord de la Grèce “4400 prisonniers en grève de la faim pour protester contre les prisons de haute-sécurité” “Ni prisonniers pénaux ni prisonniers politiques, explosifs et feu pour toutes les prisons (A)”