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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Mondial 2014 : protestations tous azimuts dans les grandes villes du pays [mis à jour]
Article mis en ligne le 13 juin 2014
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Emeutes à Rio, Belo Horizonte, Porto Alegre et Sao Paulo au premier jour du mondial de foot

Le Chat noir émeutier, 06/13/2014

Certains Brésiliens n’apprécient pas que 11 milliards aient été dépensés pour accueillir le Mondial. L’ouverture de la compétition a été précédée d’affrontements, ici à Rio de Janeiro, mais aussi à une dizaine de kilomètres du stade de Sao Paulo où s’est tenu le premier match entre le Brésil et la Croatie.

Les studios de la télévision brésilienne ITV, installés sur la plage de Copacabana, à Rio, ont été pris pour cible, une pierre a endommagé la vitre. Le footballeur français Patrick Vieira participait à l’intérieur à une émission.

Dans la journée à Sao Paulo, des affrontements violents avaient éclaté entre un petit groupe de radicaux masqués et la police, en marge d’un rassemblement pacifique de quelques centaines de manifestants. D’autres heurts ont opposé manifestants anti-mondial et policiers à Belo Horizonte dans le centre du pays, où des banques et des commerces ont été endommagés.

A Belo Horizonte, l’après-midi a été bien agité lorsque la manif est descendue Avenida Bias Fortes : la police militaire s’est fait défoncer plusieurs voitures. Des magasins et des banques (dont une agence ‘Santander’) ont été attaquées à coups de pierres. Les bataillons de choc de la PM se sont rapidement positionnés et ont fait abondamment usage de flashballs lorsqu’un groupe de supporters de l’équipe du Brésil s’est fait encercler par des manifestant-es. Vingt minutes plus tard, ce sont les vitres de plusieurs banques qui sautent Avenida Joao Pinheiro, tandis qu’un véhicule de la police civile a été retournée puis incendiée. Par ailleurs, un journaliste de Reuters s’est mangé une pierre sur crâne lors des affrontements. Au final, six manifestant-es ont été arrêté-es (les chiffres de la répression varient selon les articles de presse, et celui-ci actualisé à 20h38 parle de 12 arrestations). Ils comparaîtront devant le tribunal pour actes de vandalisme.


Mondial 2014 : protestations tous azimuts dans les grandes villes du pays

Le Monde.fr | 13.06.2014 à 08h21

La première journée de la Coupe du monde a commencé tôt le matin dans les faubourgs de Sao Paulo avant de finir tard le soir et dans la confusion sur la plage de Copacabana. Au Brésil, les mobilisations sociales se suivent sur un air de déjà-vu. Beaucoup moins nombreux qu’en 2013, au moment de la vague de protestation dénonçant la corruption et le coût exorbitant des travaux liés au Mondial, les défilés n’ont jamais dépassé plus de 2 000 à 4 000 personnes mais ils n’ont eu de cesse de se multiplier avant et peu après le coup d’envoi du match d’ouverture.

A 10 heures, jeudi 12 juin, un premier groupe de manifestants anti-Copa s’était réuni dans la zone est de la capitale pauliste, à quelques stations du stade Itaquerao. Quelques centaines d’employés du métro, qui venaient de suspendre leur grève, ont alors convergé vers la grande voie rapide Radiale Leste, le principal axe menant à l’enceinte où devait se dérouler la cérémonie d’ouverture. Rejoints par une cinquantaine de militants du Black Block, la situation a très vite dégénéré en confrontation avec la police militaire et les troupes de choc. Les échauffourées se sont multipliées jusqu’au milieu de l’après-midi ; les premiers bilans ont fait état d’au moins quinze blessées, dont cinq journalistes parmi lesquels figuraient un reporter français et deux membres de la chaîne américaine CNN.

Au même moment, huit rassemblements ont eu lieu dans les principales capitales d’Etat du pays dont Brasilia, Fortaleza et Porto Alegre. Ailleurs, plusieurs centaines de manifestants ont encore défilé dans les villes moyennes telles que Sao Luis, Teresina, Alagoas ou Belem. A Belo Horizonte, des agences bancaires et des commerces ont barricadé leurs devantures par craintes d’actes de vandalisme. A Natal, une grève partielle des autobus a provoqué de longues files d’attente. Cette agitation sociale, encore faible en intensité, laisse planer la menace d’une tension pesante et continuelle sur les prochaines semaines.

Une longue banderole contre la FIFA

A Rio de Janeiro, une poignée de personnels au sol ont bloqué la principale voie d’accès aux terminaux de l’aéroport international Carlos Jobim-Galeao au moment où des milliers de supporteurs devaient atterrir ou transiter par la cité carioca. Dans le centre-ville, la première manifestation s’est déroulée dans le calme à Candelaria. Environ 1 500 à 2 000 personnes ont rejoint le quartier bohème de Lapa ; le rassemblement s’est terminé par quelques affrontements avec la police en début d’après-midi. Une longue banderole contre la Fédération internationale de football (FIFA) a été déployée de façon spectaculaire sur le viaduc aux côtés de calicots féministes et anarchistes. Dans la nuit, des échauffourées ont éclaté devant les locaux provisoires construits par la FIFA. Onze personnes ont été arrêtées. La veille, 17 mandats d’arrêt avaient été émis contre des activistes de la ville.

A la station de Cardeal Arcoverde, derrière le luxueux Copacabana Palace, près de 500 militants contre la Copa, encadrés par une forte présence policière, ont entamé une marche peu avant 17 heures sur l’Avenue Atlantica. Au même moment, les cafés et les écrans géants installés au bord de mer retransmettaient la fin de la cérémonie d’ouverture et le match qui opposait la sélection nationale à la Croatie. Des téléspectateurs avec le maillot brésilien suivaient la victoire de leur équipe, saluant chaque but de cris de joie qui se mêlaient aux slogans hostiles des manifestants. « Il n’y a qu’au Brésil qu’on voit de tels contrastes », s’amuse Joceline, jeune retraité de Copacabana. Elle ajoute, plus sérieuse : « Ils ont raison de protester, mais il faut désormais laisser la place au jeu. »


A quelques heures du Mondial au Brésil, la police de Sao Paulo disperse des manifestants

Le Monde.fr avec AFP | 12.06.2014 à 19h06

La tension monte à Sao Paulo, jeudi 12 juin, à quelques heures du coup d’envoi du Mondial. La police militaire de la ville a dispersé, vers 10 heures (15 heures à Paris), des manifestants avec des gaz lacrymogènes et des grenades détonantes.

Prévue à partir de 20 h 14, clin d’oeil à l’année 2014, la cérémonie d’ouverture espère attirer plus d’un milliard de téléspectateurs répartis dans 200 pays. Elle précédera le match inaugural Brésil-Croatie à Sao Paulo, qui débutera à partir de 22 heures.

Dans la mégalopole pauliste, des policiers anti-émeute ont d’abord dispersé avec gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes un groupe d’une soixantaine de manifestants anti-Mondial qui venaient à peine de se rassembler à environ 10 km du stade aux abords d’une station de métro en chantant : "La Coupe n’aura pas lieu". Une journaliste de la chaîne américaine CNN a ainsi été blessée par une capsule de gaz lacrymogène. Une soixantaine de manifestants hostiles à la Coupe du monde venaient de se rassembler aux abords d’une station de métro derrière une banderole rouge proclamant : « Si nous n’avons pas de droits, il n’y aura pas de coupe ».

Ils avaient confié leur intention de bloquer une grande avenue menant au stade Arena Corinthians, où aura lieu dans l’après-midi le match d’ouverture du Mondial, Brésil-Croatie, en présence de douze chefs d’Etat étrangers et du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

Des affrontements ont ensuite éclaté entre un petit groupe de radicaux masqués et la police, en marge d’un rassemblement pacifique de quelques centaines de manifestants près des bureaux de la compagnie du métro de Sao Paulo.
Les protestataires violents ont jeté des pierres et des canettes de bière sur la police et enflammé le contenu de poubelles, entraînant une riposte musclée dans une grande confusion.

« PAS BESOIN DE ÇA MAINTENANT »

Les policiers sont intervenus avant même que la marche ne commence. Ils ont notamment tiré des balles en caoutchouc sur un manifestant torse nu, qui a été interpellé. « La Coupe n’aura pas lieu », chantaient les manifestants avant l’intervention policière. Gregory Leao, un étudiant de 27 ans, a confié que l’intention initiale des manifestants était d’envahir le stade. « L’objectif est de mettre fin à la Coupe du monde. On sait qu’on n’y arrivera pas, mais il faut que les Brésiliens se mobilisent, a-t-il exhorté. Les Brésiliens aiment le football mais ils n’ont pas besoin de ça maintenant. »

D’après le correspondant du Monde dans la région, d’autres manifestations étaient prévues jeudi à Sao Paulo face auxquelles un « important » dispositif policier a été déployé.

Le géant sud-américain semblait divisé jeudi entre une grande majorité de Brésiliens déjà mobilisés pour la « Copa » et une minorité déterminée à protester contre cet évènement pour lequel 11 milliards de dollars de fonds publics ont été dépensés.

Dans neuf des 12 villes hôtes du Mondial, des appels à manifester circulaient jeudi sur les réseaux sociaux. L’agitation, pour le moment d’ampleur limitée, laisse planer la menace d’une réédition des manifestations historiques qui avaient enflammé le Brésil en juin 2013 en pleine Coupe des Confédérations, la répétition grandeur nature du Mondial. A Belo Horizonte, des agences bancaires et commerces ont barricadé leur devantures par craintes d’actes de vandalisme.A Natal, une grève partielle des autobus provoquait des files d’attentes.

BARRAGE FILTRANT

A l’aéroport international Carlos Jobim-Galeao de Rio, une vingtaine de grévistes - qui participent au mouvement partiel de vingt-quatre heures lancé par le personnel au sol - ont par bloqué la principale voie d’accès aux terminaux au moment où des milliers de supporteurs attendus pour le Mondial doivent atterrir ou transiter par la ville.

Selon une attachée de presse de l’entreprise gestionnaire des aéroports, Infraero, des policiers, rapidement dépêchés sur place, ont convaincu les grévistes de lever en partie leur blocage, transformé en barrage filtrant. Plusieurs chaînes de télévision ont diffusé des images montrant environ 25 grévistes postés sur la route, provoquant un embouteillage de plusieurs kilomètres et contraignant certains passagers à quitter leur véhicule et effectuer le reste du parcours à pied pour ne pas manquer leur vol.

Par ailleurs, une manifestation s’est déroulée pacifiquement dans le centre de Rio de Janeiro, où une autre marche était prévue dans l’après-midi sur la plage de Copacabana, non loin de l’espace aménagée pour les supporteurs par la FIFA.