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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Brasília (Brésil) : joueurs bloqués et indiens Guaranis contre les keufs
Article mis en ligne le 28 mai 2014
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Brésil : nouvelles manifestations à seize jours du Mondial de football

RFI, 28-05-2014 à 18:03

A 16 jours de la Coupe du monde de football, plus d’un millier de personnes, des Indiens, et des travailleurs sans toit, ont manifesté le 27 mai à Brasilia aux abords du stade Mané Garrincha, qui va accueillir plusieurs matchs de la compétition. Les policiers les ont dispersés à coups de grenades lacrymogènes pour les empêcher d’approcher du stade où se trouve le trophée du Mondial, actuellement exposé au public.

« La Coupe, je n’en veux pas, je veux de l’argent pour l’éducation », criait un des protestataires. De fait, ce sont des membres de mouvements sociaux qui étaient dans la rue. Ils reprennent à leur compte les manifestations spontanées de l’an dernier en pleine Coupe des confédérations de football. A cette époque, les manifestants critiquaient les sommes colossales investies dans la construction des stades, et demandaient une amélioration des services publics.

Aujourd’hui, ce sont les syndicats et les partis d’extrême gauche qui utilisent ce rendez-vous sportif pour tenter de faire avancer leurs revendications. D’ailleurs, parallèlement il y a des grèves dans plusieurs secteurs : les chauffeurs de bus, les professeurs, les policiers.

Et hier, le mouvement a recueilli un support inattendu : celui de 500 chefs indiens, dont le fameux chef Rahoni, qui ont rejoint les manifestants devant le stade, couverts de peintures de guerre et armés d’arcs et de flèches. Un policier aurait d’ailleurs été blessé à la jambe par une flèche. Ils venaient de monter sur le toit du Parlement pour demander que leurs droits sur leurs terres soient reconnus.

Depuis des années, les indigènes du Brésil multiplient les manifestations dans la capitale fédérale, ils accusent la présidente Dilma Roussef de freiner la délimitation de leurs terres pour que les grands agriculteurs continuent d’en bénéficier.


Des flèches contre la Coupe du monde

Courrier international, 28.05.2014

La tournée de trophée de la coupe du monde, que les Brésiliens avaient remportée lors du Mondial 2002, a été émaillée de divers incidents.

Le 27 mai, à Brasília, une manifestation contre les conséquences de l’organisation de la Coupe du monde au Brésil a dégénérée en affrontement entre la police et les manifestants, composés notamment de nombreux indigènes. Ainsi, les pierres, les arcs et les flèches se sont opposés aux tirs de Flash-Ball et aux gaz lacrymogènes de la police montée, tout cela donnant d’impressionnantes photographies.

Après avoir simulé le procès de la Fifa, les manifestants avaient décidé d’aller remettre la sentence - le remboursement de l’argent engagé dans les Coupes du monde 2010 et 2014 - au stade Garrincha de Brasília. Les 3 000 manifestants ont alors été encerclés par la police et c’est en voulant forcer le passage que les échauffourrées ont commencée. Un Indien a été blessé ainsi qu’un policier, dont la jambe a été transpercée par une flèche.

"Les élèves des écoles primaires qui faisaient la queue pour voir la coupe dans le [stade] Mané-Garrincha ont été ramenés d’urgence dans leur bus" et l’événement a été annulé écrit le Correio Brazilense. Le quotidien de la capitale avait titré le 28 mai : "Des flèches, des tirs et des bombes à deux semaines de la Coupe du monde". Le trophée est à nouveau accessible à la visite depuis cette après-midi.

Selon Globo, plus de 100 nations indigènes brésiliennes étaient présentes. Ils protestaient, plus spécifiquement, contre "le racisme de l’Etat brésilien" et l’appropriation illégale de leur terres".


Mondial : rassemblement de la Seleçao au milieu de manifestations

AFP, 26/05/14 - 19h30

Les joueurs de l’équipe du Brésil, qui ont rejoint lundi leur camp de base de Teresopolis pour y débuter leur préparation au Mondial-2014 à domicile, ont été accueillis par des manifestants à l’aéroport et à leur centre d’entraînement.

La vedette Neymar et ses coéquipiers sont arrivés le matin aux aéroports international et domestique de Rio de Janeiro et se sont retrouvés dans un hôtel à 10h00 locales. En face de cet établissement, près de l’aéroport international Antônio Carlos Jobim, quelque 200 professeurs ont manifesté pour une augmentation salariale et contre les faramineuses dépenses publiques dans les travaux de la Coupe du monde (12 juin-13 juillet). Ils ont brièvement bloqué la sortie du car des joueurs.

Au bout d’une demi-heure, le car est finalement parti sous escorte policière pour le camp de base de la Granja Comary à Teresopolis, dans une région montagneuse à 90 km de Rio. Les manifestants, des enseignants de l’école publique, ont ensuite tenté de bloquer le véhicule mais ce dernier a pris au dernier moment une voie parallèle et a accéléré pour les esquiver.

Les manifestants étaient arrivés le matin jusqu’aux portes de l’hôtel de la Seleçao près de l’aéroport international de Rio. Ils ont scandé des slogans et collé des étiquettes "Il n’y aura pas de Mondial" sur le véhicule de l’équipe nationale.

Les professeurs de l’Etat de Rio sont en grève depuis le 12 mai. Ils revendiquent une augmentation salariale de 20% pour tous les fonctionnaires de l’éducation aux niveaux de l’Etat et des municipalités.. A l’approche du Mondial, plusieurs secteurs d’activité sont entrés en grève.

A leur arrivée à Teresopolis, les joueurs ont également été reçus par des protestataires, moins nombreux, une cinquantaine. Il y avait là des membres d’un syndicat local d’enseignants et des militants de partis politiques.

- Examens physiques -

"C’est un vrai scandale de savoir qu’on a dépensé plus de 15 millions de reais (près de 5 M EUR) pour rénover ce centre d’entraînement et des milliards dans les travaux de la Coupe du monde, alors que jusqu’à présent aucune des victimes de la tragédie de 2011 n’a été relogée dans les logements promis", a dit à l’AFP Rosangela Castro, enseignante dans le public à Teresopolis.

En 2011, quelques jours après la prise de fonctions de la présidente Dilma Rousseff, plus de 900 personnes sont mortes à Teresopolis et dans d’autres localités de cette région montagneuse en raison de fortes pluies qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain. Dans les alentours de la Granja Comary, il y avait aussi des dizaines de supporteurs agitant des drapeaux brésiliens au passage du car, mais beaucoup étaient frustrés de n’avoir pas réussi à voir les joueurs derrière les vitres fumées du véhicule.

"Je suis venue de Magé (ville à 40 km de Teresopolis, ndlr) spécialement pour voir Neymar, mais malheureusement je n’ai rien vu, c’est dommage, ce car est passé très vite", a regretté Marineide, une mère de 40 ans accompagnée de ses deux filles.

Pour en revenir au terrain... bla bla bla