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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Un point sur les radars détruits en Bretagne et remplacés (ou pas)
Article mis en ligne le 20 avril 2014
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[On pourra aussi relire avec profit le texte "Incendies de bornes ecotaxe et racket politique" (9 novembre 2013) suivi de "Ecotaxe & radars : chronologie non exhaustive de 2 semaines d’attaques diffuses [mis à jour]" (17 novembre 2013) ; deux textes qu’on trouvera ici]


Radars bretons. Un sur quatre a disparu

Le Télégramme, 20 avril 2014 à 10h05

Officiellement, la quasi-totalité des radars pris pour cibles ces derniers mois ont été remis en état de marche. Notre enquête démontre le contraire. Sur les 41 détruits que nous avons recensés, seuls 13 ont été remplacés. Plus d’un quart des 109 radars bretons a disparu !

Ils ont été incendiés, tagués, couverts de peinture, bâchés, estropiés, attaqués à la masse, à la hache... L’un d’eux a même essuyé des coups de feu. En plein mouvement des Bonnets rouges, et de la lutte contre l’écotaxe, entre novembre et décembre dernier, les radars bretons ont subi une véritable hécatombe. Cent-neuf bordaient les routes bretonnes avant les événements. Au 31 décembre, 55 avaient été dégradés ou détruits. Depuis, les autorités refusent de donner la moindre information sur les destructions de radars. « Quand on communique, derrière, on observe une recrudescence de dégradations », plaide la préfecture de région.

Facturé 37.563,97 €

Les radars détruits ont-ils été remplacés ? À combien s’élève la facture ? La flambée bretonne a-t-elle pris fin ? S’est-elle propagée dans d’autres régions ? Y a-t-il eu une incidence sur l’accidentologie ? Pas de réponse. Nous avons donc interrogé nos archives, épluché les coupures de presse, sondé le Web et sollicité nos rédactions et correspondants locaux. Nous avons ainsi pu retrouver la trace de la plupart des dégradations commises entre le 1er janvier et le 31 mars 2014.

Première information : un terme a été mis à la flambée. D’ailleurs, de nombreuses interpellations ont eu lieu ces derniers mois (*). Les douze premières réalisées par la seule gendarmerie ont abouti à dix condamnations : prison avec sursis et travaux d’intérêt général, alors que le maximum encouru, pour les faits les plus graves, était dix ans de prison et 150.000 euros d’amende. La première condamnée, étudiante et manifestante bonnet rouge âgée de 19 ans, s’est également vu réclamer le règlement du radar détruit : 37.563,97 euros !

Au moins 75 radars ciblés en six mois

Entre janvier et mars, nous avons tout de même recensé près d’une vingtaine de nouveaux actes de vandalisme. En six mois, les 109 radars bretons ont donc été pris pour cibles à au moins 75 reprises. Au moins 43 ont été détruits (dont deux à deux reprises). Coût unitaire moyen pour remplacer un radar : 30.000 euros. Facture totale : 1,3 M euros au bas mot. Les radars ont-ils été remplacés ? « Oui, assure la préfecture de région. La quasi-totalité des radars détruits ou endommagés ont été remis en état. » Certains emplacements restent pourtant vides, comme aux abords de Morlaix. « Il se peut que certains aient été déplacés. Les emplacements sont déterminés en fonction de l’accidentologie », avance la préfecture de région.

109 au 1er novembre, officiellement 106 au 1er avril

Des chiffres ? Aucun. Ni à la préfecture de région. Ni à la Délégation à la sécurité et à la circulation routières (DSCR), ni auprès de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI). Seule information : le nombre de radars installés dans la région au 1er avril 2014 : 18 dans le Finistère, 25 dans les Côtes-d’Armor, 26 dans le Morbihan et 37 dans l’Ille-et-Vilaine. En tout, 106, soit trois de moins qu’en novembre dernier.

Nous les avons listés un par un, et pointé les 41 sites où des destructions avaient été signalées. Pour chaque site, il a fallu vérifier. Surprise : là où « la quasi-totalité » étaient annoncés comme remis en état, seuls... 13 ont effectivement été remplacés en six mois.

Provocation ?

Près des trois-quarts (28 sur 41) manquent à l’appel ! Pour quelle raison ? Rupture de stock ? Crédits épuisés ? Crainte que des réinstallations soient interprétées comme une provocation, alors que la colère « contre les taxes et la baisse du pouvoir d’achat » gronde encore ?

Cette perspective semble en tout cas pétrifier les autorités. Au début de notre enquête, la préfecture de région nous assurait d’ailleurs que l’État n’avait « pas profité de ces événements pour en installer davantage ». Et insistait : « Il n’y en aura pas plus. » On ne saurait mieux dire.

* En plus de celles menées, hier matin, en Ille-et-Vilaine, Côtes-d’Armor et Morbihan, suite aux destructions de portiques écotaxe mais aussi de radars de vitesse.