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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Ecotaxe & radars : chronologie non exhaustive de 2 semaines d’attaques diffuses [mis à jour]
Article mis en ligne le 17 novembre 2013
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coût d’un portique écotaxe : entre 500.000 et un million d’euros
coût d’une borne écotaxe : 250.000 euros
coût d’un radar : de 35 000 euros ("fixe double face") à 120 000 euros ("feux rouges")

Selon cette chronologie sommaire, le bilan est d’une centaine de radars (3 à 4 millions d’euros), quatre portiques et une vingtaine de bornes écotaxe (2 millions et 5 millions d’euros) détruits. Soit une dizaine de millions d’euros en tout par divers moyens comme les pneus (avec ou sans paille, branchages), la hache, la peinture (violet, bleu, dorée, noire, rouge), le bâchage, le fusil, la masse... collectivement et individuellement, et à travers tout le territoire. Alors, tous des fachos ?


Rappel  :
Incendies de bornes ecotaxe et racket politique
Brèves du désordre, 9 novembre 2013

Si beaucoup de ces attaques de bornes/portiques ecotaxe ou de radars restent anonymes depuis le début (à l’exception des quatre premiers radars revendiqués par des autonomistes bretons), le mouvement de destruction commence à faire l’objet d’un racket politique de l’extrême-droite, comme ces bornes incendiées à Saint-Gilles signées CRAV ou, à Paris, ces ex-du Printemps Français qui ont commencé à saboter un portique dans le 16e arrondissement ( !) avec la banderole du groupe "Hollande-Démission".

Si toutes les autres attaques restent encore anonymes, comme en Charente ou en Isère il y a peu, et peuvent donc appartenir à tous, ce n’est pas le cas de celles qui sont siglées. Malgré tout, quoi que chacun puisse penser des nombreux individus (en dehors bien sûr de tout réflexe para-policier de mettre des étiquettes là où règne le gris de l’anonymat) qui s’organisent de nuit pour causer des dizaines de milliers d’euros de dégâts à l’Etat, la question à se poser n’est à notre avis pas : "qui sont ces anonymes ?", mais pourrait plutôt être : "quelle contribution révolutionnaire puis-je apporter dans ou à côté de ce bordel ?" ; "comment rendre ce mouvement d’attaque de biens étatiques plus incontrôlable et plus vaste dans son contenu et ses cibles ?" ; "comment, par son silence et son inaction, ne pas laisser aux réactionnaires la diffusion de l’offensive et ne pas relégitimer la gauche dans sa défense d’un Etat transformé en "bien public" ?".

Quand gronde la colère, même quand cela part de bases qui ne nous plaisent pas (mais peut-on dire qu’une colère pour qu’une usine de merde ne ferme pas a des bases plus intéressantes ?, ou que défendre l’école et la famille en matière d’expulsions de sans-papiers est moins réactionnaire ?), quand gronde la colère donc, c’est à chacun qu’il revient de pousser ses propres perspectives anti-autoritaires, plutôt que d’attendre la situation idéale ou de rester d’éternels spectateurs.

Les temps sont comme cela. La gôche et ses satellites porteurs d’illusions progressistes et émancipatrices sont mortes depuis un bail (on ne les regrette pas). L’ambiguïté est de mise partout. Dans la moindre des luttes larges (comme la ZAD et sa défense réac de la terre nourricière) ou dans la rue (comme à Trappes face au zèle policier, et sa défense réac de l’oppression religieuse), et jusque dans nombre de centres sociaux du mouvement. Cependant, l’expérience historique nous apprend que si la colère explose rarement sur des bases qui nous satisfont (la Commune de Paris était blindée de patriotisme franchouillard anti-allemand à ses débuts), mais plus souvent sur un prétexte -bienvenu ou malvenu- dans un contexte de mécontentement social, elle nous dit aussi que cette colère peut parfois s’étendre bien au-delà de son prétexte étroit initial, transformant alors parfois le mécontentement en soulèvement. A chacun de s’en donner les moyens et d’apporter ses contenus et ses perspectives enflammées.


Lundi 18 novembre
Landes : trois radars entièrement recouverts de peinture violette à Meilhan, Saint-Paul-lès-Dax et Mées sur la RD 824 (Mont-de-Marsan/Saint-Geours-de-Maremne).
Aisnes : trois radars recouverts de peinture noire sur la Nationale 2 (à Largny-sur-Automne et Coyolles). Un quatrième, situé à Leuilly-sous-Coucy, est criblé de balles de fusil de chasse.
Amagney (Doubs) : radar couvert de peinture grise sur la RD 683.
Cantepau (Hautes-Pyrénées) : tentative d’incendie au molotov d’un radar (direction d’Albi). Des traces de bouteilles de verres et d’essence trouvées sur place.
Boubiers (Oise) : radar couvert de peinture bleue sur le CD 915.


Dimanche 17 novembre
Faouët (Morbihan) : radar incendié vers 7h30. C’est le 39e en Bretagne depuis le début du mois.
Lamotte-Warfusée (Somme) : borne écotaxe incendiée vers 1h30 sur la départementale 1029. Le feu a été mis à la bâche qui recouvrait depuis plusieurs jours la borne.
Oise : trois radars tagués de noir, rendant tout flash impossible, à Péroy-les-Gombries, Boissy-Lévignen et Vauciennes sur la N2.
Bannost-Villegagnon (Seine-et-Marne) : tentative d’incendie d’un radar avec des cagettes sur la N4
La Longueville (Nord) : radar incendié avec des pneus vers 1h30 sur la RD 649 (direction Valenciennes), éteint par les pompiers.
Oudan (Nièvre) : incendie du radar sur la RN 151 avec des pneus.

Samedi 16 novembre
Loon-Plage (Nord) : transformateur de borne écotaxe incendié sur l’autoroute A16 vers 2h.
Mottier (Isère) : socle de borne écotaxe incendié vers minuit et demi sur la RD1085, à l’aide de pneumatiques et de paille. La borne Ecotaxe n’était pas encore installée.
Calvados : radar incendié avec des pneus à Ouilly-le-Vicomte vers 2h40 sur la départementale 579 (Lisieux-Deauville) ; contre un autre situé à Bons-Tassilly, sur la RN 158 (Falaise-Caen), le fuel ne prend pas.
Saint-Laurent de Médoc (Gironde) : radar incendié vers 22h avec des pneus sur la D1215 (Bordeaux-Lesparre).
Côte d’or : les radars de Fenay et Ouges (deux jours avant) passés à la peinture bleue, sur la D968 (Saint-Jean-de-Losne-Dijon).

Vendredi 15 novembre
La Londe (Seine-Maritime) : radar incendié sur la nationale 138 avec des pneus vers 0h30. C’est le septième radar de Normandie qui crame depuis le début du mois.
Bérus (Orne) : radar incendié sur l’ex-nationale 138, dans le sens Le Mans/Alençon vers 23h45, avec des pneus.
Cérans-Foulletourte (Sarthe) : radar incendié vers 4 h 25 avec des pneus.
Sainte-Sève (Finistère) : radar incendié en bordure de la voie express Brest-Morlaix vers 5 h 30.
Tilloloy (Somme) : radar obstrué à la peinture bleue sur la D1017.
Verdun (Franche-Comte) : radar incendié sur la route Stratégique, éteint par une patrouille de police.
Châtenois (Bas-Rhin) : incendie de deux bornes écotaxe sur la RN 59 vers 2h30.

Jeudi 14 novembre
Vincey (Vosges) : radar incendié sur la RN57 (Nancy-Epinal). C’est le cinquième de ce département, qui en compte vingt-et-un.
Le Mans (Sarthe) : un chômeur de 24 ans est arrêté avec dans son sac à dos, une pince multiple, pour casser le radar, une bouteille de parfum et un briquet pour y mettre le feu. Il déclare avoir agi « pour se venger » d’avoir eu son permis de conduire suspendu quelques jours plutôt. Il prend 150 heures de TIG.
Doubs : six radars recouverts d’une bâche noire et coiffés d’un bonnet rouge à Vuillecin, Les Hôpitaux-Vieux, Touillon-et-Loutelet, Chapelle-d’Huin, Houtaud et Montbenoît.

Mercredi 13 novembre
Rouffach (Haut-Rhin) : radar incendié sur la RN83 (Colmar-Belfort) avec des pneus vers 2h.
Sainte-Gemmes-le-Robert (Mayenne) : un radar pédagogique mis hors-service à coup de masse.
Mantry (Jura) : deux bornes écotaxe incendiées avec des pneus sur la RD1083.

Mardi 12 novembre
Vouziers (Ardennes) : radar incendié sur la départementale 946 avec quelques pneus et du liquide inflammable.
Veaugues (Cher) : radar incendié avec du papier journal à l’intérieur, sur la RD 955.
Fleury-les-Aubrais (Loiret) : radar incendié.
La Baule-les-Pins (Loire-Atlantique) : tentative d’incendie du radar, éteint par une patrouille de police.
Saint-Quentin-Fallavier (Isère) : incendie d’un radar sur la RD 313 vers minuit, avec des pneus et des branchages.

Lundi 11 novembre
Bretagne : la préfecture annonce 46 radars vandalisés, sur les 109 que compte la région, depuis le début du mois de novembre. Il y en a 13 qui ont été visés ces derniers jours pour la seule Ille-et-Vilaine : 5 détruits par un incendie, 5 dégradés ; 2 occultés ; et un dernier qui a survécu à une tentative de destruction par coups de hache.
Alsace : 6 radars dégradés route de la Wantzenau,entre La Wantzenau et Strasbourg, le long de la RN4, à Strasbourg, au sortir du tunnel de l’Etoile, le long RD 1420, la voie expresse de la vallée de la Bruche, à Urmatt et Dorlisheim, sur la RD5 entre Stotzheim et Kertzfeld (ce dernier a été incendié).
Lapanouse-de-Sévérac (Aveyron) : incendie d’un distributeur de boîtiers écotaxe vers 21h. Cette borne (qui permet aux camionneurs de recharger leur boitier GPS ecotaxe) coûte environ 20 000 euros.
Roussillon (Isère) : incendie d’un radar sur l’autoroute A7.
Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) : radar de la rocade A16-port incendié avec des pneus.
Pontchâteau (Loire-Atlantique) : radar incendié sur la RN 165 (Vannes-Nantes).
Habas (Landes) : radar incendié vers 20h30 au sud de Dax.
Bédarieux (Hérault) : radar incendié vers 22h sur la route départementale 908.
Golbey (Vosges) : radar incendié.
Seine-Maritime : radar incendié à Saint-Martin-l’Hortier et recouvert de peinture noire à Saint-Jacques-sur-Darnétal.
Cheux (Calvados) : le flash d’un radar couvert de peinture.


Dimanche 10 novembre
Mayenne : radar incendié entre Évron et Soulgé-sur-Ouette sur la route départementale 20.
Vosges : quatre radars détruits avec des pneus dans le secteur d’Epinal, Moyenmoutier et Longchamp. Deux sont totalement incendiés, deux autres endommagés.
Migné-Auxance (Poitou-Charentes) : tentative d’incendie d’un radar sur la RN10. Les pompiers éteignent le feu vers 20 h 45.
Sonnay (Isère) : incendie d’un radar sur la RD 51.
Bretagne : trois radars incendiés dans les Côtes d’Armor (à Maroué, sur la D14, à Planguenoual (D791) et à Plouvara (D7)) entre 0h35 et 1h47, et deux dégradés en Ille-et-Vilaine (à Goven et Saint-Jean-de-Vilaine).
Roumagne (Lot-et-Garonne) : un radar entièrement repeint en jaune or.
Charente : deux bornes écotaxe incendies à La Péruse sur la RN 141 (Angoulême-Limoges) avec des pneus, et à Brossac sur la D 731.

Samedi 9 novembre
Auberives-sur-Varèze (Isère) : incendie d’un portique écotaxe sur la RN7.
Saint-Gilles (Gard) : incendie d’une borne écotaxe, dégradation d’une autre. Le tout signé du comité régional d’action viticole (Crav).
Paris : trois militants du Printemps français interpellés vers 10h30 porte Maillot munis d’essence et de fumigènes près d’un portique écotaxe.
Jugon-les-Lacs (Côtes-d’Armor) : un radar incendié lors d’une manifestation.
Saint-Christophe-du-Luat (Mayenne) : un radar automatique incendié et tagué d’une inscription "Bonnet rouge" sur la route départementale 20.

Vendredi 8 novembre
Bretagne : La préfecture annonce 28 radars détruits (dont 22 incendiés) depuis le début du mois. Cette nuit de jeudi à vendredi, cinq radars ont été détruits, quelques heures avant un déplacement à Rennes du ministre de l’Agriculture en Ille-et-Vilaine (Châteauneuf, Saint-Méloir-des-Ondes, Miniac-Morvan, La Moinerie et au barrage de la Rance). Il faut en rajouter un à Quévert (Côtes d’Armor) et deux à Plouigneau et Dirinon (Finistère).
Saint-Didier-en-Donjon (Allier) : incendie de la borne écotaxe sur la D 994 (Lapalisse-Digoin) vers 22h, avec paille et pneus.

Jeudi 7 novembre
Castillonnès (Lot-et-Garonne ) : une borne de paiement écotaxe incendiée. A Sainte-Colombe-en-Bruilhois, 75 km plus loin, c’est un radar qui est incendié.
Bouville (Seine-Maritime) : tentative d’incendie d’une borne écotaxe sur la départementale 6015, près de Rouen.

Mercredi 6 novembre
Freyming-Merlebach (Moselle) : incendie d’un radar sur l’autoroute A320 (Metz-Sarrebruck) avec des pneus.
Bousbach (Moselle) : un radar tagué sur la RD31 (Forbach-Sarreguemines). La cabine doit être changée, il est inutilisable.

Mardi 5 novembre
L’Etat annonce onze bornes et quatre portiques destinés au contrôle de la collecte de l’écotaxe détruits sur tout le territoire. Quatre portiques détruits et un retiré sont en Bretagne, mais motus sur la localisation des onze bornes sabotées. Un portique vaut entre 500.000 et un million d’euros, et une borne environ 250.000 euros.

Lundi 4 novembre
Losse (Landes) : incendie d’une borne écotaxe vers 21h.
Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) : incendie d’un radar, le septième en Bretagne.


Dimanche 3 novembre
Lanrodec (Côtes-d’Armor) : incendie d’un portique écotaxe par des manifestants.

Samedi 2 novembre
Pujo (Hautes-Pyrénées) : incendie en toute discrétion de l’une des deux bornes écotaxe du département, à partir d’une botte de foin.
Avesnes-sur-Helpe (Nord) : incendie d’une borne écotaxe vers 20h30 sur la RN2 avec des pneus.
Saint-Allouestre (Morbihan) : incendie du portique écotaxe sur la route Lorient-Rennes lors d’une manifestation.
Morbihan : deux radars incendiés à Moustoir-Ac, près de Locminé, puis à Pluvigner.
Lacanau (Gironde) : incendie avec des pneus du radar sur la RD6.

Vendredi 1er novembre
Morbihan (Bretagne) : quatre radars incendiés à Quéven, Merlevenez, Hennebont et Plouhinec vers 1h. Ils seront revendiqués par les autonomistes bretons Argad.


Mardi 22 octobre
Hérault : incendie de deux bornes écotaxes à Loupian et Mèze lors de manifestations de viticulteurs et d’agriculteurs


Un exemple de la diffusion sociale des attaques
Somme : Les ados tirent sur le radar

Le courrier picard, 22/11/2013

Le 11 novembre dernier, le radar automatique installé sur le bord de la D.929 à hauteur de Ribemont-sur-Ancre, entre Amiens et Albert (Somme), a été dégradé. Des coups de feu ont été tirés sur l’équipement. Les gendarmes ont relevé plusieurs impacts de plomb sur l’appareil. Huit jours plus tard, les enquêteurs de la communauté de brigades de Corbie ont mis la main sur les responsables présumés de ces dégradations. Il s’agit de deux adolescents âgés de 16 et 17 ans.

Selon nos informations, les deux jeunes gens avaient commencé par une tentative de vol de voiture. N’y étant pas parvenu, ils se sont rabattus sur le cambriolage d’une maison qui leur semblait inoccupée. Elle était en fait en cours de rénovation. C’est dans cette habitation que les deux voleurs présumés se sont procuré l’arme, du calibre 22 long rifle. Ils ont ensuite décidé de l’utiliser contre le radar automatique de Ribemont-sur-Ancre.

Les deux adolescents ont été présentés mercredi devant le procureur de la République de la Somme et le juge des enfants. Ils ont été mis en examen des chefs de vol en réunion d’arme à feu, et de destruction volontaire d’un bien d’utilité publique. Ils font l’objet d’une mesure de liberté surveillée.

À la demande du préfet de la Somme et de Picardie Jean-François Cordet, dans le contexte de dégradations qui se multiplient en France, les gendarmes déploient des moyens humains et matériels spécifiques pour la surveillance des radars, de bornes et de portiques écotaxes. Ils comptent prévenir toutes dégradations.

Le 13 novembre dernier, la ministre de la Justice Christiane Taubira a demandé aux parquets, via une circulaire, que ce type d’infractions « fasse l’objet d’une réponse rapide et circonstanciée de l’autorité judiciaire ».