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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Nîmes : Les agriculteurs font sortir les clients du supermarché sans payer
Article mis en ligne le 25 août 2011
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Nîmes : Les agriculteurs font sortir les clients sans payer

Midi Libre, 20/08/2011, 06 h 00

"On n’est pas des saccageurs, c’est eux qui nous saccagent. On ne mérite pas d’avoir une mauvaise image, eux oui. Alors, aujourd’hui, on va faire plaisir aux consommateurs". Voilà ce qui s’est dit à la maison de l’Agriculture, hier, à 17 h 30, où se sont retrouvés une trentaine de producteurs de fruits et légumes avant de se rendre au supermarché Leader Price des 7 Collines, à Nîmes. Pourquoi là ? Parce que cette enseigne organise, en ce moment, des ventes flash avec des raisins italiens à 1,19 € le kilo. Une promotion que les agriculteurs assimilent à de la provocation.

"On produit beaucoup de raisin blanc à quelques kilomètres de Nîmes et Leader Price ne nous les achète pas. Ou alors à dose homéopathique, histoire de faire croire qu’ils jouent le jeu du local, mais en les mettant en vente à 2,70 € le kg alors qu’ils nous les paient 0,80 €. Résultat, les consommateurs boudent notre raisin, d’autant qu’il y a la promo du raisin italien à prix cassé. Or, on a besoin qu’ils nous en achètent, même à 0,80 €/kg, ce qui est pourtant très en-dessous de nos coûts de production. Parce que si on reste avec nos raisins sur les bras, la perte est totale", explique Salvadore Zoroddu, producteur à Jonquières.

Quand les agriculteurs ont pénétré dans le magasin, l’un d’entre eux a pris le micro et a annoncé aux clients, médusés, le début d’une vente flash exceptionnelle : "Tout est gratuit pendant dix minutes. Servez-vous. Vous pouvez remplir vos chariots et sortir, vous ne paierez pas". Certains clients ne se le sont pas fait dire deux fois et malgré l’extrême colère et la violence (un agriculteur a pris un coup de barre) des responsables de la sécurité du magasin, plusieurs chariots ont franchi les caisses sans s’arrêter, tirés et poussés par les agriculteurs.

Ce qui a provoqué la rage des surveillants du magasin et de plusieurs caissières qui se sont lancés à la poursuite des clients sur le parking, ce qui a engendré de nouvelles bousculades dans un climat proche de l’hystérie. Un client dont le chariot débordait a brutalement été pris à partie, bousculé, menacé et copieusement insulté, sa voiture ouverte et ses achats - gratuits - récupérés de force dans une atmosphère de guerre civile.

Face à la tournure des événements, les agriculteurs, estomaqués, ont cessé leur action et se sont retirés dans le calme.