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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Grenade (Espagne) : attaque solidaire de distributeurs de billets
Article mis en ligne le 23 janvier 2015
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DE GRENADE.

Un mois sans nos compagnonnes.

"Je me souviens de toutes fois où j’ai entendu que la solidarité est une arme nécessaire pour les anarchistes. Aujourd’hui j’espère que ces souvenirs deviendront réalité … Transformer nos idées en action."
Mónica Caballero, depuis la prison de Brieva.

A l’aube du 16 décembre, les forces répressives de l’État sont entrées en action. Un complot entre les états chilien et espagnol a lancé un nouveau montage d’ampleur : l’ Opération Pandora. Les domiciles de nos compagnonnes et quelques espaces libérés ont été pris d’assaut , envahis et perquisitionnés en même temps à différents endroits de la géographie catalane ainsi qu’à Madrid. Onze de nos compagnonnes ont été arrêtées.
Deux jours plus tard, l’Audience Nationale a prononcé sa décision provisoire : quatre d’entre elles ont été remises en "liberté" avec des charges d’appartenance à une "organisation criminelle à finalité terroriste de caractère anarchiste violent" et les sept autres sont en prison depuis lors, en régime FIES 3, réservé aux délits de bande armée. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de preuve les incriminant.

Nous ne voulons pas parler le langage du Pouvoir. Nous savons sont les montages sont une arme de plus à disposition de l’État et du Capital pour perpétuer leur existence et réprimer la dissidence. Nous ne parlerons pas non plus de la culpabilité ou de innocence de nos sœurs emprisonnées. Nous, les anarchistes méprisons leurs lois et leur justice. Nous sommes ennemies de l’État et du Capital. Nous luttons contre toute forme de Domination, pour la récupération de nos vies. Par conséquent , notre lutte est aussi Contre la Démocratie et ses mécanismes d’aliénation et de répression. Contre la police, contre le travail salarié, la banque et l’argent, contre la culture et les loisirs imposés, contre les prisons et les hôpitaux psychiatriques, contre les villes et leur technocratie, contre le vide que suppose cette forme de vie.

Pour cela, nous nous solidarisons de la manière dont nous pensons qu’elle plairait à nos affinités : en attaquant ce que nous haïssons et en entretenant la flamme ; La nuit du 16 janvier, nos compagnonnes en étaient déjà à un mois de détention et nous les avons rappelé à notre bon souvenir en détruisant plusieurs DAB de différentes agences bancaires (BBVA, Banco Popular, La Caixa y BMN). Des tags ont aussi été faits en soutien avec les anarchistes emprisonnées et toutes les personnes privées de liberté.

Nous ne connaissons pas nos compagnonnes. Il est possible que nous ne nous soyons jamais vu. Mais le même feu court dans nos veines. Les mêmes envies de détruire la société existante, ses valeurs, ses rapports et ses accords marchands. La même passion pour construire des espaces libres de oppression et des relations horizontales et saines. Nous avons déjà commencer. Ils ne pourront pas nous arrêter.

De notre modeste position nous lançons un appel à étendre le conflit, à retrouver la passion Anarchiste et à la multiplication de groupes et de projets autonomes antiautoritaires. Les états se liguent contre nous, ils passent des alliances et abattent leurs cartes. Notre réponse doit être plus grande. Cela fait sept compagnonnes emprisonnées de plus. Sept anarchistes qui viennent s’ajouter à une liste toujours plus longue et qui s’allongera sans doute encore.

"Dans une perspective démesurée de libération, il n’y a pas de formes de luttes supérieures. La révolte a besoin de tout, journaux et livres, armes et explosifs, réflexions et blasphèmes, poisons, poignards et incendies. La seule question intéressante, c’est comment les mélanger."
A couteaux tirés avec l’Existant

Nous envoyons des saluts fraternels à Mónica Caballero (comme toi, si nous pouvions choisir une autre vie, nous n’en changerions pour rien au monde), Francisco Solar, Gabriel Pombo da Silva et à toutes celles et ceux avec qui nous nous sentons en affinité aux quatre coins du globe. Dans chaque action, à chaque pas, nous avons en mémoire nos compagnonnes mortes, emprisonnées ou en clandestinité.

Que la solidarité entre acrates ne reste pas un mot écrit.
Parce que le sabotage est facile et amusant.
Maintenant et toujours

MORT A L’ETAT ET VIVE L’ANARCHIE

[Traduit de l’espagnol de contrainfo, 22 January 2015]