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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

[Terrorisme d’Etat] : un point sur la dite "opération sentinelle" [mis à jour]
Article mis en ligne le 29 janvier 2015
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Jean-Yves Le Drian : L’opération Sentinelle lutte contre le terrorisme

Ouest France, Vendredi 23 janvier 2015 14:04

Alors qu’il venait d’inaugurer le pôle sécurité défense du Conservatoire national des Arts et métiers, ce vendredi midi à Ploufragan (Côtes-d’Armor), Jean-Yves Le Drian ministre de la Défense a indiqué que « l’opération menée sur le territoire national pour lutter contre le terrorisme est une opération militaire », qui intervient en complément de Vigipirate.

Même adversaire à l’intérieur et à l’extérieur

« Nos forces armées mènent le même combat contre le même adversaire - le terrorisme - à l’intérieur qu’à l’extérieur. J’ai voulu donner un nom « l’opération Sentinelle » à cette opération, comme pour les opérations extérieures. Parce qu’il n’y a jamais il n’y a eu tant de proximité entre la menace extérieure et la menace intérieure. »


Vigipirate : Patrouiller à Bangui ou à Paris demande "le même savoir-faire"

Le Point - Publié le 22/01/2015 à 13:47

Mobilisés après les attentats meurtriers de début janvier, les 6 200 militaires déployés en Ile-de-France mènent cette "mission comme une autre".

"C’est une mission comme une autre" : posté devant une synagogue, son fusil d’assaut Famas dirigé vers le sol, le sergent Alexis est l’un des 6 200 militaires déployés en Ile-de-France après les attentats djihadistes. Une présence rassurante, malgré 150 incidents répertoriés. Son équipement de guerre est celui des soldats engagés au Mali, si ce n’est qu’il porte un béret plutôt qu’un casque. Cette fois, la mission ne vise pas à couper les routes des groupes armés djihadistes mais à protéger "H24" un lieu de culte en banlieue parisienne, après les attentats qui ont fait 17 morts début janvier.

Patrouiller à Bangui ou à Paris demande "le même savoir-faire" sauf qu’"ici, nous devons rassurer autant que nous devons protéger et ne pas être un facteur supplémentaire d’inquiétude dans un climat de crise", explique le gouverneur militaire de Paris, le général Hervé Charpentier. "L’accueil des civils est impressionnant", souffle le sergent Alexis, en piochant une tranche de gâteau offerte par une dame accompagnée d’une fillette. Le rabbin, Moïse Taïeb, offre le logement et le couvert aux huit militaires et reçoit "des couffins de nourriture pour les nourrir".

Comme en "opex"

Toutefois, les militaires, engagés sur 310 sites, principalement israélites (synagogues, écoles...) dans le cadre du plan antiterroriste Vigipirate renforcé, ont fait face depuis le 11 janvier à près de 150 incidents. Cela va "de la simple infraction à la bonne conduite ou aux règles élémentaires de politesse et de savoir-vivre jusqu’à des agressions armées avec arme de guerre d’hommes cagoulés la nuit", décrit le général Charpentier. "Aucune ouverture de feu", mais "cela demande de la part de nos soldats une intelligence de situation" et "une grande vigilance".

Sur les 150 incidents, on dénombre notamment 5 menaces physiques, 18 provocations ou insultes et 58 "relevés d’objectifs" par des personnes soupçonnées de faire des surveillances ou des prises de vue du dispositif de sécurité. Tous ces faits sont transmis à la police. Mardi soir, des militaires en faction devant un lycée juif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) ont été menacés de mort. Dans la nuit de samedi à dimanche, deux soldats postés devant un collège juif du Raincy (Seine-Saint-Denis) ont armé leur fusil d’assaut, après s’être sentis menacés par des hommes qui semblaient manier une arme.

"Guerre des sergents"

Le gouverneur militaire en est convaincu, prévenir un attentat est "une guerre des sergents". "Il revient aux sergents qui commandent les patrouilles d’être le moins prédictible possible. Nous serons sauvés par l’intelligence du caporal ou du première classe qui comprendra avec trois secondes d’avance ce qui se prépare". Au centre de commandement de l’opération Vigipirate à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), le point de situation 211430L JAN 15, effectué deux fois par jour, est "satisfaisant". Le stock de lits picots (les lits de camps de l’armée) est à l’orange et une trentaine de militaires sont victimes des maladies saisonnières. Si une majorité des militaires peuvent dormir dans un vrai lit, un tiers d’entre eux dorment sur des lits de camp, alignés parfois dans des gymnases et se lavent sous des tentes, s’alimentant, comme en "opex", de rations militaires.

"On n’a pas besoin de beaucoup plus", affirme en souriant le capitaine Franck, commandant la compagnie Guépard de la 9e brigade d’infanterie marine. Sur son lit, le strict nécessaire : gilet pare-balle, sac d’alerte et du change pour huit jours. "Nous sommes là au taquet du contrat de protection." Assurer l’engagement actuel de 10 000 militaires en France nécessite de renoncer aux entraînements, à de nombreux exercices, voire à des permissions, affirme le général Charpentier. "S’inscrire dans la durée ou si la crise dégénérait, augmenter les effectifs, se ferait au prix de nombreux autres renoncements."


Les pièges du plan Vigipirate pour les militaires

Le Monde.fr | 20.01.2015 à 18h50

Pour les armées, le plan « Vigipirate alerte attentat » représente, depuis le 7 janvier, un effort significatif, comme l’a rappelé le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian. Pour le budget de la défense, le coût supplémentaire de cette mobilisation, 10 500 hommes aujourd’hui, n’est pas neutre : il s’établit à un million d’euros par jour, selon les informations du Monde. Ce surcoût comprend l’indemnité de service accordée aux soldats dans cette opération intérieure et les frais de fonctionnement liés à leur déploiement.

Mais c’est dans la durée que l’effort se mesure, et qu’il va peser. Cet effectif exceptionnel d’urgence, qui s’ajoute à celui de la « posture permanente de sûreté » (la dissuasion, la police du ciel, la sécurité des approches maritimes de la France) est le plafond prévu par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013. Pour tenir, l’armée de terre devra procéder à des arbitrages, différer des entraînements, des formations, voire prélever des hommes sur d’autres missions.

Dans la durée, en outre, la validité du plan se pose aussi. Au ministère de la défense, les gardes statiques devant les lieux sensibles sont en discussion. D’un côté, l’armée, visible, rassure. En amont, le commandement a été attentif aux consignes passées, ainsi qu’à la sélection des militaires envoyés. Ces jours-ci, les réseaux sociaux ont rapporté le chaleureux accueil réservé à certains dans les écoles juives, où des parents leur ont offert des pâtisseries.

« Une cible devant une cible »

Mais, « si le dispositif est appelé à durer, il pourrait aussi devenir un fixateur de tension », rapporte une source à l’issue d’une des réunions des derniers jours. Quelques unités ont subi des provocations bénignes, des insultes, des menaces jetées en passant. Plus grave, certains militaires ont été ostensiblement pris en photo avec des intentions peu claires. Les incidents relevés sont en proportion infimes. Ils concerneraient « au plus 0,1 % des effectifs sur le terrain » selon l’armée de terre, qui ne les juge pas significatifs en volume. Aucune procédure pénale n’a été ouverte. Mais depuis les assassinats commis par Mohamed Merah, en 2012, le sujet est ultrasensible.

« Les militaires sont des cibles, et un soldat devant un site sensible, c’est une cible devant une cible », résume un officier. Parmi ces incidents, l’un a retenu l’attention, au Raincy (Seine-Saint-Denis), en banlieue parisienne. En pleine nuit, lundi 19 janvier, deux soldats en faction devant le collège Merkaz Hatorah ont vu un automobiliste s’arrêter, et sembler manipuler une arme à l’approche des militaires. Faudra-t-il, dans les semaines qui viennent, privilégier des rondes ou des patrouilles véhiculées ? Les gardes statiques ne sont pas un mode d’action militaire, juge-t-on du côté de la défense, et les maintenir serait prendre un risque.

Une autre question délicate est soulevée : poster des soldats devant de nombreux lieux jusque-là très discrets les « révèle » en quelque sorte. Des centres culturels, des lieux de prière sont repérés, auxquels le voisinage pouvait ne pas prêter attention. Passé le déploiement en urgence, il ne fait pas de doute du point de vue des armées que Vigipirate doive être réaménagé.


L’armée appelée à être plus visible sur le territoire national

LE MONDE | 14.01.2015 à 06h44

L’armée sera-t-elle, demain, engagée sur le territoire national contre des citoyens français, dans une «   guerre   » contre le terrorisme ? Le cadre légal de la République l’exclut, mais les attentats de ces derniers jours ont montré que les capacités militaires étaient jugées indispensables, en appui de la police.

Le ministre de la défense a mobilisé, lundi 12 janvier, sur ordre du chef de l’Etat, 10 000 soldats au total dans le cadre du plan Vigipirate. « Une opération militaire à part entière », selon les mots officiels, sous le commandement d’un préfet, pour protéger les points sensibles. C’est le volume maximal prévu en appui des forces de sécurité intérieure et civile par le Livre blanc sur la défense de 2013. Mais c’est plus que l’effectif déployé dans les opérations extérieures, qui s’établit actuellement à 9 000 hommes, et cela représente un effort très conséquent pour l’armée de terre. Vingt-six régiments sont concernés. Plus de la moitié des effectifs seront consacrés à la région parisienne.

Dimanche 11  janvier, pour la marche parisienne, tous les moyens aériens de l’armée de l’air, à l’exception de drones (satellite, avions, hélicoptères) avaient été employés. Le gouvernement avait déjà, dans la foulée des attentats, triplé en trois jours les effectifs de Vigipirate sur l’Ile-de-France, d’abord portés à 1 350 militaires, tandis que le niveau « Vigipirate attentat » permettait d’armer les patrouilles – dans les échelons inférieurs du plan, les munitions sont disponibles mais ne sont pas chargées dans les fusils.

Au-delà, le débat politique s’ouvre sur la portée des événements. Est-on en guerre, en France, contre un « ennemi intérieur », une expression que nombre de militaires sont eux-mêmes réticents à employer ? Faut-il de nouveaux moyens pour répondre à la menace ? Les attentats risquent d’accélérer une réflexion sur l’emploi de l’armée de terre dans les missions de sécurité intérieure, prises au sens large. Un terrain miné. «  L’armée de terre sur le territoire national, c’est un sujet difficile, convenait, avant les attentats, le général Jean-Pierre Bosser, son chef d’état-major. Cela va du putsch d’Alger aux banlieues, en passant par l’ordre de transporter la paille des agriculteurs l’été… »

Des hélicoptères de l’armée pour traquer les frères Kouachi

«  Nous n’en sommes évidemment pas à intervenir dans des cités, comme certains le réclament, mais la réponse de l’armée de terre est un sujet pour l’avenir, a souligné, vendredi 9  janvier, lors d’une rencontre prévue de longue date avec la presse, le général Olivier Gourlez de La Motte, commandant de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT) – les hélicoptères. Il n’est plus question de dire que ce n’est pas notre travail.  »

Parmi les hélicoptères qui ont traqué les frères Kouachi, figuraient plusieurs appareils des armées. Un Fennec de l’armée de l’air, avec deux tireurs, porte ouverte, prêts à faire feu, est intervenu au titre des missions de protection de l’espace aérien, pour empêcher une intrusion dans la zone d’exclusion établie pour l’occasion. Dans ces missions de police du ciel, les pilotes sont assermentés. Ils peuvent, sur autorisation du premier ministre, tirer contre un aéronef qui n’obtempérerait pas.

Intervenait aussi, ce jour-là, un hélicoptère Puma de l’armée de terre, engagé sur ordre préfectoral dans le cadre du « groupe interarmées des hélicoptères », créé en 2006 – des forces spéciales toujours mobilisées au profit du GIGN en pareille situation. Ces appareils n’ont pas vocation à faire feu à terre. Le groupe interarmées des hélicoptères assure des missions d’appui et le transport des unités d’intervention et de surveillance. Les militaires ne peuvent tirer qu’en riposte, en situation de légitime défense.

« Il s’agit d’être plus visibles »

Le général Bosser prépare le «  nouveau modèle  » de l’armée de terre, qu’il présentera à sa tutelle d’ici mars. Il devrait avoir «  trois piliers  : les forces spéciales, l’aérocombat et le territoire national  », explique-t-il. Selon lui, «  il faut se réorganiser en fonction des menaces, qui changent   ». Il classe ces dernières en trois chapitres. Avec la crise en Ukraine, «  le retour de la force et d’une menace en Europe centrale  ». Puis «  le djihad qui s’affranchit des frontières avec des répercussions sur le territoire national ». Enfin, « le dérèglement climatique  » et ses conséquences.

Pour l’armée de terre, la volonté d’accroître sa présence sur le territoire s’inscrit dans un contexte difficile. Elle est passée de 247 000 soldats en 1997 à moins de 100 000 aujourd’hui, et elle craint pour sa survie. Le général Bosser affirme que l’institution militaire a un rôle à jouer dans l’aménagement du territoire et s’oppose à des fermetures de régiments :«  Je ne peux pas protéger les Français avec une armée de terre réduite à trois sites.  »«  Sur le territoire, il n’est pas question d’être autre chose que des forces d’appui,explique un porte-parole. Il s’agit d’être plus visibles, de mettre à disposition des moyens spécialisés, pas seulement sous l’angle de la force, mais aussi de l’assistance aux populations.  »

Mais le chef d’état-major, qui est un ancien responsable du renseignement, connecte son analyse à la menace terroriste. « Nous avons une responsabilité  : on ne peut supprimer encore des régiments dans des coins désertés, car quand on crée un vide, certains peuvent l’occuper, notamment tous les extrémistes qui peuvent vivre et s’entraîner au fond des bois.  »


Des militaires menacés de mort devant un lycée juif de Montreuil

AFP, 21 janvier 2015 à 13h20

Des militaires en faction devant un lycée juif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) ont été menacés de mort mardi soir par un homme qui a pris la fuite après avoir fait l’apologie des attentats parisiens, a-t-on appris mercredi de sources policières.

Un homme de 27 ans, suspecté d’être l’auteur des menaces, a été interpellé quelques heures après les faits dans le secteur du Haut Montreuil, à quelques kilomètres de l’établissement.

Sa garde à vue a finalement été levée mercredi matin, le jeune "ayant été mis hors de cause", a précisé une source judiciaire.

Les militaires, qui se trouvaient en faction devant le lycée Ort dans le cadre du plan Vigipirate, ont raconté avoir été menacés aux alentours de 18H30 par un homme venu se porter en voiture à leur niveau.

"Ca fait quoi une balle de kalachnikov dans la tête, ça saigne ?", aurait lancé cet homme, selon une source policière. "Il n’y a pas eu d’exhibition d’arme", a ajouté cette source, qui précise que l’homme a pris la fuite.

Dans la nuit de samedi à dimanche, deux soldats en faction devant un collège juif du Raincy (Seine-Saint-Denis), à quelques kilomètres de Montreuil, avaient armé leur fusil d’assaut, après s’être sentis menacés par des hommes qui semblaient manier une arme.

Selon une source proche de l’affaire, l’un de ces hommes, cagoulés, aurait tiré vers l’arrière la culasse d’une arme comme s’il allait faire feu, alors que les soldats s’approchaient de leur véhicule, arrêté devant l’établissement.


Villeurbanne : Il menace avec une arme factice des militaires devant une école juive

20Minutes, 01.02.2015 à 14:07

Les faits remontent à vendredi après-midi vers 16h45. Deux militaires chargés de surveiller l’école juive Nah-alat Moché de Villeurbanne, ont été pris à partie par trois hommes.

L’un d’entre eux, s’est avancé vers eux, muni d’un faux couteau. Il les a menacés avant de proférer des insultes, de vociférer des propos antisémites et de conclure son intervention...par un geste de la quenelle.

L’individu, n’est d’ailleurs pas tout à fait inconnu des services de police, puisque selon Le Progrès, il aurait été arrêté deux jours avant pour avoir effectué le même geste devant ce même établissement. Placé en garde à vue, il aurait tenu des propos très confus pour justifier son attitude, laissant penser qu’il n’aurait peut-être pas toute sa tête.

Ses deux compagnons ont été mis hors de cause.


A la Seyne-sur-Mer, il a blessé un CRS devant la synagogue : 6 mois de prison

Var Matin, lundi 2 février 2015 à 20h24

« Aux Etats-Unis, dans les mêmes conditions, peut-être que vous seriez chez le légiste ! ». Me Olivier Ferri, avocat d’un policier seynois, a pointé l’inconscience de l’agresseur de son client ce lundi devant le tribunal correctionnel de Toulon.

En plein plan Vigipirate, dans un contexte de sécurité extrême anti-attentats, avec des militaires lourdement armés et stationnés devant des lieux à risques, Nicolas C. a multiplié les délits le 12 janvier devant la Synagogue de La Seyne.

Si un fonctionnaire de police a attesté l’avoir entendu crier "Kaouchi, Kaouchi", le fait n’a pa pu être caractérisé en "apologie d’actes de terrorisme". L’intérimaire de 22 ans a été jugé pour refus d’obtempérer, blessures involontaires et conduite sans casque.

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet (six mois de prison avec sursis mise à l’épreuve) et il a été prononcé six mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme avec mandat de dépôt et indemnisation des victimes.


Marseille : Des joueurs de paintball tirent sur des soldats près d’une synagogue

20Minutes, 30.01.2015 à 11:58

Le pire a sans doute été évité. Quatre jeunes âgés d’une vingtaine d’années ont été interpellés puis placés en garde à vue, rapporte La Provence. Mercredi, vers 20h30, ils circulent à bord de leur voiture avec des pistolets de paintball à la main.

Ils commencent par tirer sur deux passantes, prises pour cible au hasard, dans le secteur de Luminy (9e). Puis, arrivant à hauteur de la synagogue de Birkat Mordehaï, à Pont de Vivaux (10e), ils prennent pour cible deux militaires du 4e Régiment de chasseurs alpins déployés dans le cadre du plan Vigipirate alerte attentat.

Les jeunes ont de la chance : les soldats, armés de fusils-mitrailleurs, ne répliquent pas. Ils seront interpellés quelques heures plus tard par les policiers, expliquent nos confrères. Depuis les attentats contre Charlie Hebdo à Paris, plus de 200 militaires patrouillent en ville et assurent la surveillance des lieux de culte et des écoles israélites.


Un militaire du plan Vigipirate ouvre le feu accidentellement à Nice

Nice Matin, jeudi 22 janvier 2015 à 21h23

Un militaire de l’armée de terre, affecté à la surveillance d’une synagogue de Nice, a ouvert le feu accidentellement avec son fusil d’assaut sans blesser personne, ni provoquer de dégâts.

Selon le colonel Jean-Pierre Bedu, ce caporal-chef venu d’une unité du Var (qui n’a pas été précisée) a procédé à des manipulations de vérification de son arme lors de la relève vers 12h15.

Les faits sont survenus devant le centre juif Habad Loubavitch rue Rossini. Une rafale de trois balles est partie...


Vigipirate maintenu "aussi longtemps que le risque prévaut", dit Cazeneuve

AFP, 16/01/2015 à 18:49

Paris - Le plan antiterroriste Vigipirate renforcé en raison des attentats sera maintenu en France "aussi longtemps" que le "risque prévaut", a indiqué vendredi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

...Par ailleurs, on a appris de source policière que des militaires avaient repéré et signalé vendredi après-midi une voiture "suspecte" remplie d’armes près d’une synagogue. Le laboratoire central a été dépêché sur les lieux et a découvert 750 cartouches et deux fusils, dans le coffre, appartenant à un chasseur muni de son permis.

A Paris toujours, ils ont aussi signalé un homme frappant à coups de marteau ou de hache la devanture d’une bijouterie non loin de la rue des Rosiers. Il a été arrêté en possession de deux couteaux et d’une hache, toujours selon la même source policière, puis placé en garde à vue.


Depuis les attentats, la RATP est débordée par les colis suspects

RTL, 28/01/2015 à 12:43

La RATP fait exploser n’importe quel sac oublié par un voyageur. Mais ce principe de précaution représente un coût important.

Les colis suspects empoisonnent les couloirs du métro parisien. La RATP fait exploser par précaution n’importe quel sac ou bagage oublié par les voyageurs. Avant les attentats, il y en avait deux ou trois par semaine. Désormais, c’est plutôt soixante-dix.

Cette nette augmentation résulte du relèvement du plan Vigipirate à son niveau maximum. Il n’y a pas plus de colis qu’avant. Mais dès qu’il y a un soupçon, un périmètre de sécurité est établi et les démineurs sont appelés en urgence. En moyenne, le trafic est arrêté dix fois par jour. Autant d’interruptions synonymes d’évacuation des quais et des couloirs.

Trois quarts d’heure de perturbations par alerte

Ce dispositif a un coût important. Il mobilise des hommes et retarde les rames. Au grand dam de Pierre Mongin le président de la RATP. "Dix fois par jour, ce n’est pas raisonnable. Il faut absolument que tout le monde fasse un effort. Ce ne sont pas des actes de malveillance mais des oublis de la part des voyageurs. Mais ils ont de très graves conséquences car dans les circonstances actuelles nous sommes obligés de tout vérifier avec des services du ministère de l’Intérieur qui mettent un certain temps à venir parce qu’ils sont appelés ailleurs".

Jusqu’à présent, la RATP a seulement des fausses alertes à déplorer. Mais chacune d’entre elle génère à peu près trois quarts d’heure de perturbations. À tel point qu’une équipe de démineurs va bientôt être prépositionnée à la station Châtelet-Les Halles, la plus importante du réseau, pour essayer de raccourcir les délais d’intervention et de remise en route du trafic.« »


Attaque de "Charlie Hebdo" : la BBC refuse de parler de "terroristes". Pas si choquant

NouvelObs, 28-01-2015 à 07h38

LE PLUS. Faut-il qualifier de "terroristes" les tueurs de "Charlie hebdo" et de l’Hyper Cacher ? De notre côté de la Manche, c’est sans conteste oui. Les Britanniques sont plus partagés. Ainsi, le responsable du service arabophone de la BBC a alerté les journalistes de la chaîne, les invitant à éviter ce terme. À raison ? François Jost, spécialiste des médias, s’est penché sur le mot controversé.

Le responsable du service arabophone de la BBC vient de recommander à ses journalistes de ne pas utiliser le mot "terrorisme" pour qualifier les auteurs de l’attentat de "Charlie".

"Les Nations-unies ont tenté pendant une décennie de définir ce mot, argumente-t-il sans y parvenir. C’est très délicat. Nous savons ce qu’est la violence politique, nous savons ce que sont les meurtres, les attentats et les fusillades et nous pouvons les décrire. Et cela explique bien plus de choses, à nos yeux, qu’utiliser le mot ’terrorisme’."

Une question pas si facile

Vu de ce côté de la Manche, où le mot a été fréquemment utilisé par les médias, cette quasi censure peut choquer. Pourquoi prendre des gants pour évoquer ces tueurs qui ont surgi brutalement dans la rédaction d’un journal pour éliminer des hommes qui croyaient à la liberté d’expression ?

Néanmoins, on aurait tort d’écarter le débat sémantique d’un geste de la main. Si, comme l’affirmait de façon excessive Roland Barthes, toute langue est fasciste, il n’en reste pas moins que la langue ne découpe pas seulement le réel, elle le construit et le juge. C’est pour cette raison que Fabius, dès septembre 2014, a parlé des "égorgeurs de Daech" et non pas de "l’État islamique".

En l’occurrence, que faut-il penser de la proposition de Tarik Kafala, le responsable de la BBC ? Pour essayer de démêler cette question, à vrai dire pas facile, je me suis précipité sur mon "Dictionnaire historique de la langue française". Celui-ci nous rappelle que le mot "terrorisme" naît en 1794 pour désigner la doctrine des partisans de la Terreur, puis signifie par extension "l’emploi systématique de mesures violentes dans un but politique", pour qualifier enfin "des actes de violence exécutés pour créer un climat d’insécurité".

Pour ménager les susceptibilités ?

Une des objections faites par ceux qui s’opposent à l’usage du mot "terroriste" est qu’il porte en lui un jugement sur la légitimité de la violence. Comme on sait – c’est un cliché –, dans toutes les guerres, les résistants sont qualifiés de terroristes par le pouvoir en place. Le résistant exerce une violence légitime pour les uns et pas pour les autres, ce qui rend la définition du terme difficile.

En l’occurrence, la situation n’a rien à voir avec celle d’un pays occupé, dans lequel une minorité lutte pour le libérer. Il n’y a pas non plus à proprement parler d’objectif politique, comme ceux qui animaient par exemple, la "bande à Baader" en Allemagne dans les années 1970. Cela pourrait justifier qu’on préfère parler de "meurtres", d’"attentats" et de "fusillades".

Mais on peut se demander si, au-delà de cette recherche d’une objectivité prudente, il n’y a pas d’abord une sorte de principe de précaution de langage, pour ménager la susceptibilité du public arabophone.

Et si c’était prouver qu’ils nous font peur ?

Car, au-delà des objectifs politiques, il est clair que les meurtres accomplis sont bien "des actes de violence exécutés pour créer un climat d’insécurité".

La preuve, le plan Vigipirate poussé à son degré maximum. L’attentat contre "Charlie" est bien le prolongement de la fatwa lancée contre les dessinateurs ; celui de l’Hyper Cacher, en revanche, aurait pu se produire et peut se reproduire ailleurs, et il crée bien, ce faisant, un "climat d’insécurité". Peut-être celui-ci est-il moindre vu d’Angleterre.

Le mot "terrorisme" contient en lui-même un point de vue : il décrit un attentat du point de vue de ceux qui en sont potentiellement victimes et qui, donc, craignent les actes de violences et le climat d’insécurité.

C’est sans doute la seule raison qui me pousserait à refuser de l’employer : non pas parce qu’il est flou, comme dit le responsable de la BBC, mais parce qu’il prouve à ceux qui commettent des attentats qu’ils ont réussi à nous faire peur.