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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Opération Pandora : les sept incarcéré/es sortent de prison sous caution ! [mis à jour]
Article mis en ligne le 30 janvier 2015
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Le juge ordonne la remise en liberté de toutes les personnes en prison de l’Opération Pandora

Javier Gómez Bermúdez communique aux avocats qu’aujourd’hui seront signées les ordonnances de remise en liberté conditionnelle sous caution de 3.000 euros des sept compagnon/nes incarcéré/es (quatre autres compagnon/nes avaient déjà été libéré/es sous contrôle judiciaire quelques jours après les perquisitions de décembre 2014). En plus des cautions (tout de même 21 000 euros en tout), le juge a rajouté trois pointages hebdomadaires au tribunal le plus proche de leur domicile et la confiscation du passeport. Enfin, il a commencé à définir dans son ordonnance de remise en liberté des rôles en attribuant par exemple au compagnon arrêté à Madrid celui de "leader", notamment parce qu’à son domicile a été retrouvée une facture de l’impression de 287 exemplaires du livre édité par les GAC : "Contre la démocratie".

Arrêtées le 16 décembre, elles sortiront de prison aujourd’hui. Elles auront passé un mois et demi derrière les barreaux après que les Mossos d’Esquadra aient pris d’assaut leurs domiciles dans le cadre d’une macro opération du nom de Pandora qui, selon le conseiller de l’Intérieur Ramón Espadaler, avait pour objectif la désarticulation d’une présumée organisation de “terrorisme anarchiste”. Des sources judiciaires ont confirmé la libération immédiate qui, coïncidence, tombe le jour où le département de presse des Mossos d’Esquadra a émis un communiqué dans lequel sont détaillées les accusations contre les personnes arrêtées.

Dans leur communiqué, les Mossos accusent les arrêtés de faire partie des groupes anarchistes coordonnés (GAC), qui, selon eux, “ adhèreraient aux postulats de l’organisation terroriste FAI/FRI” dont ils seraient la "franchise" espagnole, ainsi que de 9 attaques en 2012 et 2013 (et d’ailleurs pas toutes revendiquées du même nom, mais pour l’Etat chaque signature différente devient celle d’un des groupes composant les GAC !).
- Parmi elles, l’explosion coordonnée d’engins à base de bouteilles de camping-gaz le 10 avril 2013 contre les agences CaixaBank à Barcelone (quartier de Sarrià) et BBVA à Madrid.
- Les Mossos affirment aussi leur relation avec les godemichés-piégés reçus par l’archevêque de Pampelune, Francisco Pérez, et par le directeur d’un centre éducatif lié aux Légionnaires du Christ à Madrid le 21 décembre 2012, plus les trois attaques explosives simultanées contre une agence CaixaBank dans le quartier de El Clot à Barcelone (dont le hall de DABs), trois actions revendiquées par la FAI/FRI. Dans un cas, une personne a été blessée : la lettre envoyée au directeur du centre éducatif a explosé dans le bureau de Poste, blessant légèrement une des employées
- Ils les relient également avec deux lettres piégées du même genre postées le 6 septembre 2013 de Barcelone et envoyées à deux entreprises italiennes domiciliées en Catalogne, et avec une autre troisième lettre “contenant une imitation de mécanisme explosif" reçue par une entreprise de Valence.
- Les Mossos imputent également aux GAC les engins explosifs des 7 février et 2 octobre 2013 contre la cathédrale de l’Almudena à Madrid et la basilique del Pilar à Saragosse, non pas revendiqués FAI/FRI mais respectivement par le "Comando Insurreccionalista Mateo Morral" et le "Comando Insurreccional Mateo Morral" (Francisco et Monica sont incarcérés depuis novembre 2013, accusés de cette dernière attaque).

Malgré la volonté de la police catalane de garder secret le dossier et les actes jusqu’au 22 février, hier le juge a soudain changé de critères et refusé de prolonger l’enquête. Il a aussi mis fin à la détention des sept personnes emprisonnées. Il est prévu qu’elles puissent quitter cet après-midi les geôles des centres pénitentiaires de Estremera, Soto del Real, Aranjuez et Valdemoro, tous situés dans la périphérie de Madrid.

Les démonstrations de solidarité avec les compagnon/nes n’ont pas cessé depuis décembre. Le jour même des perquisitions et arrestations, une manifestation de plus de 3.000 personnes avait parcouru les rues du quartier de Gràcia et, en pleines fêtes de Noël, plus de 1.500 personnes traversèrent le centre de Barcelone et le paseo de Gràcia derrière une banderole où l’on pouvait lire “Le Terroriste c’est celui qui nous condamne à une vie de misère, pas qui se rebelle”. A Madrid, des centaines de personnes avaient aussi participé à une manifestation spontanée le jour même. Les appels en solidarité avec les arrêtés de l’Opération Pandora se sont répétés à Valence, Gérone, Tarragone, Salamanque et Valladolid, entre autres villes. Des attaques solidaires ont également été menées dans plusieurs pays

[Synthèse de la presse espagnole complétée pour la liste d’attaque avec le rapport des Mossos en catalan]


Espagne : Libération surveillée des compagnon-ne-s détenu-e-s lors de l’Opération Pandora

Le 30 janvier dans la nuit, les 7 compagnons et compagnonnes qui étaient encore en prison suite à leur arrestation le 16 décembre dans le cadre de l’Opération Pandora ont été remis-es en liberté.

Un jour avant, le Jury d’Instruction 3 de l’Audience National a fait tomber le secret d’instruction, et pour ce qu’on en sait jusqu’à présent, à travers ce qu’ont diffusé les Mossos d’Esquadra sur leur page web au sein d’un communiqué de presse, on y trouve des accusations telles qu’appartenance aux GAC, des attaques de banques, des envois de colis piégés (un à l’archevêque de Pampelune, un à un membre de la congrégation fasciste Légionnaires du Christ, à Madrid, et d’autres à des entreprises italiennes), tandis « qu’on les relie » par ailleurs, toujours selon la police, aux attaques explosives contre la cathédrale de la Almudena à Madrid (7 février 2013) et contre la basilique du Pilar à Saragosse (2 octobre 2013), ce dernier fait ayant mené à l’accusation et la mise en prison préventive de nos compagnon-ne-s Mónica et Francisco.

Le communiqué policier s’achève sur un victorieux « selon les enquêteurs, la structure des GAC/FAI-FRI est désarticulée en Catalogne, principal bastion de cette organisation criminelle à finalités terroristes contre l’État espagnol ». Ce que ne reconnaissent pas (et ne reconnaîtrons jamais) ces serviteurs du pouvoir, c’est qu’ils cherchaient, à travers cette opération, à générer de la peur chez tou-te-s les autres compagnons et compagnonnes, ce qui n’a pas seulement échoué, mais qui, nous pourrions l’affirmer sans aucun doute, a généré l’effet inverse.

Sans nul doute, leur remise en liberté et le fait de les réaccueillir parmi nous est une occasion à célébrer, autant parce qu’ils et elles ne sont plus enfermé-e-s que parce qu’ils et elles sont de nouveau parmi nous pour lutter coude à coude contre ce monde de merde. Mais c’est une « célébration » qui ne peut rester que partielle, parce que les accusations restent en place, tout comme les mesures de contrôle judiciaire (obligation de signer 3 fois par semaine, retrait de passeport, etc.), et que Mónica et Francisco sont toujours dedans… pour ne pas parler de tou-te-s les compas qui risquent différentes peines de prisons dans différentes affaires et celles et ceux qui ont déjà été condamné-e-s.

Jusqu’à ce que tou-te-s soient libres !

[Traduit de l’espagnol par contrainfo, February 2nd, 2015]


fichiers joints

  • Attaque d’une agence bancaire, Barcelone, avril 2013
  • Attaque de DABs, Barcelone, décembre 2012
  • Baix Maresme (Catalogne) : affiche de 4 mètres sur 2, fin janvier
  • Berlin, affiche de la manif solidaire prévue pour le 7 février
  • Finlande, affiche solidaire de mi-janvier
  • Ljubljana (Slovénie) : tag sur l’ambassade d’Espagne, 23 décembre 2014
  • Magdebourg (Allemagne), 29 janvier
  • Séville, rassemblement du 16 janvier