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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Irlande : une lutte contre l’installation de compteurs d’eau
Article mis en ligne le 3 février 2015
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Les Irlandais s’opposent aux compteurs d’eau

Tribune de Genève, 31.01.2015, 11h24

Les Irlandais vont une nouvelle fois descendre dans la rue ce samedi pour protester contre la mise en place de compteurs d’eau individuels dans les foyers. Jusqu’ici, la consommation d’eau n’était pas facturée en Irlande. Une taxe sur l’eau était en effet incluse dans les impôts . La distribution de l’eau était donc quasi gratuite.

Le projet d’installation de compteurs, décidé par le gouvernement en 2013 et mené par Irish Water [et conseillée par Veolia], une société créée par l’État, devait aboutir en ce mois de janvier. Mais en novembre, de grandes manifestations contestaient ce projet, listé parmi les réformes exigées par le Fonds monétaire international, l’Union européenne et la Banque centrale européenne, en contrepartie d’un plan d’aide financière à l’Irlande, touchée par la crise.

En novembre dernier, la rue avait alors obtenu que le gouvernement passe de 400 euros à 160 euros, le forfait annuel d’abonnement, imposé à chaque foyer. Mais cela ne suffit pas.

Les opposants craignent que l’entreprise nationale ne soit à terme privatisée pour tomber dans les mains des multinationales du secteur. Ils ne doutent pas que le prix de l’eau subira alors une forte hausse, comme partout ailleurs. Ils jugent aussi que les aides aux plus démunis sont trop faibles. Ils sont enfin révoltés par l’annonce de bonus accordés à la direction d’Irish Water, en cette période de vaches maigres.

Cet hiver, des actions ont été menées pour empêcher l’installation de compteurs d’eau à Cork, au sud de l’île, comme à Donaghmede, au nord-est de Dublin. Des réunions d’Irish Water ont été perturbées. Des installateurs de compteurs ont été séquestrés. Des appareils ont été vandalisés.

S’ils défilent avec des pancartes « Mort à Irish Water », les Irlandais se dressent plus largement contre l’austérité ou les privatisations inspirées par l’Europe. L’eau payante est devenue le point de fixation d’une grogne plus large contre les mesures d’austérité imposées aux populations.


RFI, 31-01-2015 à 12:41

Les Irlandais étaient déjà massivement descendus dans la rue, l’automne dernier, afin de protester contre la fin de la gratuité de l’eau courante. Fatigués par plus de six années d’austérité, ils remettent ça ce samedi après-midi, avec l’intention de faire reculer le gouvernement. A moins d’un an des prochaines élections générales, le ton monte.

Il ne leur reste en fait plus que 48 heures aux Irlandais pour s’inscrire auprès d’Irish Water. C’est cette agence semi-publique qui a été mandatée pour collecter la nouvelle charge sur l’eau. Mais pour l’instant, ils ne sont que 60% à avoir envoyé leur inscription. Le compte est donc loin d’être bon et nombreux sont les Irlandais qui espèrent qu’un mouvement... permettra de faire plier le gouvernement.

Les premières factures d’eau devraient normalement arriver autour du mois d’avril. « Devraient » car la date a déjà été repoussée une fois après la forte mobilisation de l’automne. Mais les organisateurs s’attendent à voir un peu moins de monde cet après-midi dans les principales grandes villes du pays : Dublin, Cork ou Limerick.


Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue dans plusieurs villes en Irlande samedi pour protester contre la fin de la gratuité de l’eau, prévue dans le cadre du plan de sauvetage du pays.

A Dublin, la manifestation comptait plusieurs milliers de personnes, a constaté un journaliste de l’AFP, tandis que des milliers d’autres participaient à des manifestations dans d’autres villes irlandaises, dont Galway sur la côte ouest.

AFP, 31 Janv. 2015, 18h44


IRLANDE Fin de la gratuité de l’eau : des manifestations qui secouent l’Etat

Courrier international, 18 novembre 2014

Parmi les contreparties au plan de sauvetage, la troïka a fait imposer une redevance sur l’eau courante, jusque-là gratuite en Irlande. Depuis plusieurs semaines, la colère des manifestants ne faiblit pas.

Depuis plusieurs semaines la grogne monte en Irlande, et la classe politique s’inquiète. Les mois d’octobre et novembre ont vu des grandes manifestations à travers le pays pour dénoncer la réforme qui met fin à la gratuité de l’eau courante en Irlande. Malgré l’annonce de concessions par le gouvernement – il a notamment fixé un plafond annuel de 160 euros par foyer – la colère des manifestants ne cesse de croître : ils réclament la suppression totale de la nouvelle redevance.

Séquestrations

Le 14 novembre, dans la banlieue de Jobstown, à l’ouest de Dublin, des manifestants ont encerclé la voiture de fonction de Joan Burton, la vice-Première ministre. Prisonnière de son véhicule, elle a été libérée par la police deux heures plus tard. Un incident que le Premier ministre Enda Kenny a qualifié de "quasi-enlèvement". Sur sa une, titrée "La République secouée", le Sunday Independent rapporte que Kenny a fait part à ses collègues parlementaires de ses inquiétudes face aux "menaces croissantes et à l’intimidation des députés." Il aurait "évoqué des centaines d’appels, messages vocaux et messages ’terriblement violents’."

Lundi, 16 novembre, c’était au tour de Kenny lui-même de se faire coincer par une foule de 300 manifestants à Sligo, une ville du nord-ouest. Selon The Irish Times, un groupe "a criblé sa voiture de coups de pied et l’a cognée avec des pancartes, tandis qu’un homme, monté sur le capot, a dû être emmené de force par la police."

Signaux inquiétants

Comme le précise l’édito du Irish Independent le 17 novembre : "On l’a souvent souligné : les Irlandais n’aiment pas particulièrement protester dans la rue. C’est ce qui rend les manifestations anti-redevance d’eau remarquables et qui en fait un sérieux signal d’alarme pour le gouvernement. Il est clair pour nous tous qu’après huit années d’incertitude et d’austérité, la majorité des Irlandais honnêtes et travailleurs en ont assez. Les redevances d’eau ne sont pas l’unique cible de ce mouvement de colère." Ces incidents, précise le quotidien de Dublin, "sont des signes inquiétants pour la santé de notre démocratie".


IRLANDE La fin de la gratuité de l’eau a un goût amer

Courrier international, 16 octobre 2014

Les Irlandais doivent désormais payer une facture d’eau, une réforme qui s’inscrit dans le cadre du sauvetage financier de 2010 et qui se heurte à une forte résistance.

L’eau courante était jusqu’à présent gratuite en Irlande. Cette époque est révolue : les premiers compteurs sont installés, les factures arriveront dès le début du mois de janvier et les Irlandais devront désormais payer l’eau qu’ils consomment. C’est l’une des réformes auxquelles l’Irlande s’est engagée en novembre 2010, en échange du plan de sauvetage financier de la troïka (Union européenne, Fonds Monétaire International, Banque Centrale européenne).

Avec ce système, un foyer constitué de deux adultes et de deux enfants payera en moyenne 278,16 euros par an, explique The Irish Times. Les 30 000 premiers litres d’eau consommés seront gratuits, avec un supplément de 21 000 litres gratuits par enfant de moins de 18 ans. Au-delà, le millier de litres sera facturé 4,88 euros, soit un peu moins d’un demi-centime le litre. D’après Irish Water (la société semi-publique créée en 2013 pour mettre en place la réforme), un Irlandais consomme en moyenne 54 750 litres d’eau par an. Une douche représente en moyenne 80 litres d’eau, ce qui revient à 38 centimes par jour, soit 139 euros par an.

Colère des Irlandais

Quelque 30 000 personnes sont descendues dans les rues le 11 octobre pour protester. Fin septembre, 12 personnes avaient déjà été arrêtées à Dublin pour avoir tenté d’empêcher les employés d’Irish Water d’installer des compteurs, rappelle le Irish Mirror.

Le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, a annoncé des compensations financières aux personnes à faibles revenus, mais elles sont critiquées pour leur manque de clarté et parce qu’elles excluent certaines catégories d’Irlandais. Ainsi, "quelque 190 000 chômeurs de courte durée [moins de 15 mois] n’auront pas droit à une aide financière", précise The Irish Times. Suite à cette "gaffe gênante", le 15 octobre, les dirigeants politiques "se sont empressés de mettre au point une formule plus équitable", note The Irish Independent.

L’exclusion des chômeurs de courte durée de la compensation financière est "très inquiétante", estime le porte-parole de l’Organisation nationale pour les sans-emplois, cité par le Irish Times. Quant à l’organisation Right2Water ("droit à l’eau"), elle a fait savoir que "personne ne serait dupe" face à la proposition d’aide financière, bien au contraire : ce sera "une motivation de plus" dans la lutte contre la facturation de l’eau.

Anonymous : "votre gouvernement vous vole"

Le collectif Anonymous s’est également attaqué à la mesure. Dans une vidéo adressée aux citoyens irlandais, il dénonce un "gouvernement malhonnête" qui "tente une nouvelle fois de vous voler en vous facturant l’eau". Anonymous condamne "les mesures abusives" du gouvernement et d’Irish Water qui, "pour vous forcer à payer les factures d’eau, vous menacent de vous infliger une amende ou de vous couper l’eau [...] Votre gouvernement vous ment. Il n’est pas contraire à la loi irlandaise de refuser de souscrire un contrat avec Irish Water [...] En tant qu’être humain, vous avez le droit d’utiliser une ressource naturelle. Vous ne devriez pas être dépouillé pour une eau remplie de neurotoxines".