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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Agnetz (Oise) : attaque en règle contre le siège de la fédération des chasseurs
Article mis en ligne le 18 février 2015
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Agnetz : La Maison de la chasse saccagée par un groupuscule extrêmiste

Courrier Picard, 16/02/2015

Le siège de la fédération des chasseurs de l’Oise a été pris pour cible, dans la nuit de dimanche à lundi, par des individus se revendiquant du Front de libération des animaux.

Tout a été dégradé, arraché, tagué… » D’un pas furieux, Guy Harlé d’Ophove, président des chasseurs de l’Oise, arpente les couloirs de la fédération, pointant du doigt ici un tag, là une armoire défoncée à coups de pied.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un ou plusieurs individus – «  ils ne pouvaient être qu’entre 10 et 15 », estime le président – ont pénétré par effraction dans le bâtiment, situé à Agnetz, près de Clermont. « C’est la femme de ménage qui a découvert le carnage en arrivant sur les lieux. Et nous sommes tous là depuis 7 heures du matin pour nettoyer, passer le balai… »

Les auteurs de ces dégradations ont tout d‘abord découpé le grillage d’enceinte de la Maison de la chasse, avant de fracturer une porte à coups de pierre. Une fois à l’intérieur, ils se sont livrés à un véritable saccage de la partie administrative des locaux. « L’alarme s’est déclenchée ; ils ne sont donc pas allés plus loin dans le bâtiment. Mais ils ont quand même pris le temps de tout dégrader dans les bureaux. C’est la première fois qu’une fédération de chasseurs se fait attaquer en France. »

« Ils nous touchent au cœur »

Pour le président, l’attaque est directement liée à la récente obligation, depuis le Grenelle II de l’environnement, « de mettre sur internet tout nouvel arrêté. Celui autorisant les lieutenants de louveterie à réguler les blaireaux la nuit a attiré plus de 800 réponses haineuses. »

Le ton de Guy Harlé d’Ophove se fait cinglant. «  Ils nous attaquent à un moment particulièrement chargé pour nous ; il nous faut à la fois préparer la prochaine assemblée générale et la fin de la saison de chasse 2014-2015. Ils nous touchent au cœur. Sans ordinateur, nous ne pouvons pas travailler ! »

Ils, ce sont ces casseurs qui ont tagué partout le sigle ALF, ajoutant aux slogans des propos orduriers. « Rien n’a été volé, même pas un stylo-bille. Leur objectif était simplement de casser. » À l’extérieur aussi, le groupe a fait de nombreux dégâts. « Ils se sont attaqués au matériel pédagogique, jetant les miradors au sol, fracturant des cages… Ils avaient repéré les lieux au préalable, nous en sommes certains. Il y a des caméras de vidéosurveillance au carrefour voisin et ils ont pris soin d’opérer là où ils ne pouvaient être filmés. » Les dégâts auraient pu être bien pires : «  Ils ont allumé le four pour déclencher un incendie. Heureusement, tout a disjoncté. Sinon, c’est le bâtiment entier qui brûlait. »

Les dégâts ont été chiffrés à plus de 50 000 euros. « C’est un viol, une agression ; ce spectacle, ce matin, ça a été un choc. Ces gens sont des fascistes, on ne peut admettre ça ! La liberté d’expression est quelque chose de sacré. Même si ces gens ne sont pas d’accord avec nous, ils n’ont pas à agir ainsi. »

Loin de se laisser impressionner, Guy Harlé d’Ophove est décidé au contraire à réagir. « Ce qui s’est passé renforce notre combativité. C’est malheureux d’en arriver là, mais nous allons entièrement sécuriser le site. Et on va se battre, montrer qu’on sera toujours là. »


La fédération des chasseurs de l’Oise saccagée par l’ALF, assimilée à l’éco-terrorisme

France3 Picardie, 16/02/2015 | 19:37

Le siège de la fédération des chasseurs de l’Oise a été saccagé dans la nuit de dimanche à lundi. Un délit signé "ALF", acronyme du Front de Libération des Animaux, une organisation internationale parfois assimilée à de l’"éco-terrorisme".

La Fédération des chasseurs de l’Oise a été attaquée dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 février. A leur arrivée au siège d’Agnetz, les salariés ont découvert des locaux totalement saccagés. 14 bureaux ont été visités et vandalisés, pour un préjudice estimé par la fédération à 60.000 euros.

Tous les ordinateurs ont été cassés, les armoires éventrées à coups de pied ou de masse, les meubles de bureau défoncés, les murs et sols taggés, y compris à l’extérieur où apparaît une menace : "Mort aux chasseurs !"

Une partie des 25 salariés se sont affairés lundi pour remettre les locaux en ordre et "rouvrir demain (mardi) pour les 18.400 chasseurs de l’Oise", annonce Guy Harlé d’Ophove, le président de la fédération. Mais la page ne sera pas tournée. La fédération prend la menace au sérieux et va déposer plainte. La gendarmerie de Clermont a déjà ouvert une enquête.

Un suspect est tout désigné puisque le délit est signé "ALF", l’acronyme du Front de Libération des Animaux (Animal Liberation Front en anglais). Il s’agit d’une organisation clandestine qui se donne pour mission d’"infliger des dommages financiers à ceux qui profitent de la misère et de l’exploitation des animaux" et de "révéler l’horreur et les atrocités commises envers les animaux derrière des portes fermées, via des actions directes non-violentes et des libérations d’animaux."

Saccages de bureaux et sauvetages d’animaux : qu’est-ce que l’ALF ?

Le site animalliberationfront.com estime que la première action de l’ALF en France remonte à 1981, soit peu de temps après l’apparition du mouvement au Royaume-Uni (1976) et sa contagion aux Pays-Bas (1977) puis aux Etats-Unis (1981).

Les actions de l’AFL sont assimilées par les autorités, qu’elles soient politiques ou policières, des Etats-Unis jusqu’en France, à de l’extrémisme voir à de l’éco-terrorisme

Il faut dire que les actions de l’AFL exercent une violence à la fois symbolique et matérielle, en ce qu’elles bafouent le principe de propriété privée et consistent le plus souvent en des destructions de biens.

Mais elles n’ont surtout aucune centralisation ni coordination. Concrètement, tout le monde peut se revendiquer de l’ALF à condition de respecter quatre ou cinq commandements dans ses actions.

C’est ainsi que peuvent être revendiqués sur le site Bite Back (spécialisé dans le référencement de ce type d’action) des délits aussi divers que : le saccage, le 6 janvier 2015, d’un local d’Air France à Toulouse parce que la compagnie aérienne "est la dernière à transporter des animaux pour les laboratoires de vivisection" (avec un tag "A.L.F") ; ou le "sauvetage" de 12 lapins volés dans une simple ferme du sud de la France qui n’est pas signé ALF mais qui correspond bien aux "règles de conduite" de l’organisation...

Une menace connue des autorités depuis de nombreuses années

Le fonctionnement informel de l’ALF lui garantie la pérennité dans la clandestinité, facilitant son développement tout en compliquant la tâche des enquêteurs pour remonter des filières.

Aux Etats-Unis, les autorités ont longtemps considéré que l’éco-terrorisme était l’activité la plus dangereuse après l’islamisme radical. "Ça prend de l’ampleur (en France)", confiait même en 2007 Christian Dupouy, chef du bureau de la lutte antiterrorisme à la direction générale de la gendarmerie nationale.

Et même si aujourd’hui, le nombre de délits signés ALF est très limité en France, Guy Harlé d’Ophove indique cependant que c’est la première fois aujourd’hui qu’une fédération française de chasseurs est ciblée par l’organisation.