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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

In Salah/Tamanrasset (Algérie) : deux jours d’émeute contre le gaz de schiste
Article mis en ligne le 2 mars 2015
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Halliburton : Algérie-Premiers affrontements entre opposants au gaz de schiste et forces de l’ordre à In Salah

Zonebourse, 28/02/2015 | 18:51

Après deux mois de lutte pacifique, le mouvement anti-schiste à In Salah, a connu ce matin, 28 février, ses premiers affrontements entre les manifestants et les forces d’intervention de la gendarmerie nationale.

Les altercations entre les gendarmes, au nombre d’une centaine, et les militants d’In Salah ont commencé vers 11 heures devant la base de vie de la multinationale américaine Halliburton - en charge de la fracturation hydraulique dans les puits-tests de forage du bassin d’Ahnet - située à une dizaine de kilomètres au nord de la ville, raconte Abdelkader Bouhafs, un militant anti-schiste d’In Salah, au Huffington Post Algérie.

"Des échanges vifs ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les quelques centaines de manifestants quand ces derniers ont voulu bloquer la route nationale qui passe devant la base de vie et mène au puits-test de forage. Les militants d’In Salah ont brûlé des pneus et les gendarmes ont répliqué par des gaz lacrymogène ", décrit notre interlocuteur.

" Halliburton dégage " !

Cette escalade dans le mouvement a été déclenchée par des informations parvenues aux habitants d’In Salah selon lesquelles la société américaine s’apprêtait à fracturer le second puits-test de forage cette semaine en " passant en force " si les manifestants s’opposaient à leur projet, explique Djamel Addoun, un autre militant anti-schiste d’In Salah.

Les habitants d’In Salah, mobilisés depuis le 1er janvier contre le gaz de schiste, réclament à présent le départ d’Halliburton du centre d’In Salah. " Halliburton dégage ! Nous n’avons pas besoin de toi, ni à In Salah, ni en Algérie " ! clament les manifestants devant la base de vie de la multinationale.


Les émeutes s’étendent sur toute la ville d’In Salah

Algérie Focus | février 28, 2015 6:50

Un climat d’émeute a gagné la ville d’In Salah ce samedi 28 février, suite aux affrontements entre de jeunes opposants au gaz de schiste et la gendarmerie, au niveau du site gazier de la compagnie américaine Halliburton, situé à 10 km au nord de la ville saharienne.

Joint ce samedi après-midi par téléphone, les membres du mouvement citoyen anti-gaz de schiste d’In Salah décrivent un “climat d’émeute” total.Il y a des affrontements partout. Les femmes aussi participent aux affrontement face aux forces de l’ordre”, décrit Abdelkader Bouhafs, militant anti-gaz de schiste, contacté par la rédaction d’Algérie-Focus, précisant que la place Soumoud, le cœur battant de la contestation pacifique, née le 1er janvier dernier, est aussi touchée par les échauffourées.

Les affrontements redoublent d’intensité ces dernières minutes. En ce moment même, les militants anti-gaz de schiste tentent d’attaquer toutes les institutions étatiques, certains encerclant le siège de l’APC, indiquent à Algérie-Focus des témoins oculaires. Le rassemblement à l’extérieur de la brigade de gendarmerie de la ville d’In Salah, pour exiger la libération de la dizaine de militant arrêtés aujourd’hui, se poursuit.

1 gendarme et 1 policiers transférés en urgence à l’hôpital d’Adrar

À son 62è jour, le mouvement citoyen, jusque-là pacifique, plonge donc dans la violence. Inquiets de voir la situation dégénérer davantage, les manifestants de la première heure estiment que les jeunes, qui sont allés à la confrontation avec la gendarmerie ce samedi, sont tombés dans le “piège de la provocation”, tendu par le régime. “Ils étaient fatigués de se mobiliser pendant autant de jours et de ne rien obtenir. On a envoyé un moratoire au Président Bouteflika, il nous a répondu en disant que le gaz de schiste est un “Don de Dieu”. Donc, en résumé, si on n’accepte pas le gaz de schiste on n’accepte pas ce que Dieu nous donne. L’affrontement était inévitable”, lâche Abdelkader Bouhafs, qui appelle les émeutiers au calme.

Les altercations ont fait au moins 3 blessés graves au sein du corps de la gendarmerie, atteints par des jets de pierre, et 4 parmi les manifestants, touchés par des bombes lacrymogène notamment, d’après des sources concordantes. L’un des trois gendarmes ainsi qu’un policier, grièvement blessés, ont été évacués à l’instant à l’hôpital d’Adrar, précise une source hospitalière à Algérie-Focus. Les autres victimes collatérales ont été évacuées vers le centre hospitalier d’In Salah. Dans les affrontements près de la base vie d’Halliburton, un fourgon de police a été incendié, racontent des témoins oculaires. On apprend également qu’une dizaine d’activistes ont été arrêtés durant ces affrontements.

La radicalisation du mouvement a été déclenchée par des informations parvenues aux membres du collectif citoyen anti-gaz de schiste d’In Salah selon lesquelles la compagnie américaine Halliburton, avec la complicité de Sonatrach, est sur le point de lancer la fracturation hydraulique sur le deuxième puits-pilote cette semaine. Ce qui est perçu par la population locale comme un “passage en force” au moment même où les militants anti-gaz de schiste ont tenté de renouer le dialogue avec le régime d’Abdelaziz Bouteflika, en adressant la semaine passé un moratoire, cosigné par plusieurs experts algériens en énergie. “Sellal et Bouteflika sont responsables du climat d’émeute à In Salah”, accuse Abdelkader Bouhafs.

Ce dernier souhaite que la mobilisation anti-gaz de schiste prenne une nouvelle forme. “Le régime veut nous imposer la fracturation hydraulique. Soit on l’accepte, soit on affronte le régime de façon pacifique. Il faut faire un barrage humain sur toutes les routes donnant un accès sur les lieux de forage, comme ça si les autorités veulent s’y rendre elles devront d’abord nous passer sur le corps”, lance-t-il.


Affrontements à In Salah : L’armée négocie avec les manifestants

Algérie Focus | mars 1, 2015 9:38

La situation est très inquiétante dans le Sud algérien. Les émeutes déclenchées samedi matin à In Salah se sont étendues samedi soir à Tamanrasset, située à environ 700 Km au sud d’In Salah, a-t-on appris de plusieurs sources locales. Des émeutiers ont brûlé des pneus et manifesté sur la route qui relie l’université de Tamanrasset au siège de la wilaya. Ils ont organisé une marche spontanée dans les rues pour exprimer leur solidarité avec les manifestants d’In Salah. Ils ont exigé également que les détenus d’In Salah, interpellés samedi par les gendarmes, soient libérés ce dimanche. On ignore pour le moment si les affrontements avec les forces de l’ordre ont occasionné des blessés.

A In Salah, c’est un véritable climat de guerre qui règne dans cette ville saharienne. Ce dimanche matin, toute la ville est paralysée. Les écoles sont fermées, les institutions publiques sont vides et des dizaines de blessés se trouvent encore à l’hôpital de la ville. Les affrontements ayant opposé les émeutiers aux forces de la police et la gendarmerie ont duré jusqu’à minuit, indiquent nos sources. Au moins une quarantaine de blessés ont été dénombrés parmi les manifestants et une vingtaine d’autres parmi les forces anti-émeutes. Ce dimanche matin, des milliers d’habitants sont rassemblés au niveau de la fameuse place “Soumoud” ( Résistance) située devant le siège de la daïra d’In Salah. En face d’eux, un impressionnant dispositif sécuritaire. Une vive tension entre les deux camps se fait sentir, expliquent nos sources selon lesquelles les jeunes d’In Salah demeurent très en colère et affichent sans aucune gêne leur hostilité aux forces de l’ordre. Des nouveaux affrontements violents risquent donc de plonger cette ville saharienne dans un nouvel épisode de violence au cours de cette journée.

Actualisé à 11 H 30 : La situation dégénère à In Salah, au Sud du pays. De nouveaux affrontements ont éclaté ce dimanche matin au niveau de la Place “Soumoud” située en face du siège de la Daïra. Les forces anti-émeutes ont empêché les manifestants hostiles à l’exploitation du gaz de schiste dans la région de tenir leur rassemblement habituel au niveau de cette place. Des échauffourées ont, par la suite, éclaté entre les deux camps.

Actualisé à 12 H 30 : Le calme n’est toujours pas revenu à In Salah. Les affrontements redoublent d’intensité même. Le commissariat de la ville et le siège de la daïra ont été incendiés par les émeutiers. Plus de 200 blessés ont été, par ailleurs, recensés aux urgences de l’hôpital d’In Salah. Un deuxième manifestant blessé par balles a été hospitalisé. Il s’agit d’un jeune âgé de 26 ans.

Actualisé à 13 H 30 : Les manifestations hostiles aux forces de l’ordre au sud du pays se sont étendues à Tamanrasset, a-t-on appris de plusieurs sources locales. Des dizaines de jeunes ont occupé la voie publique pour dresser des barricades et brûler des pneus en signe de solidarité avec les manifestants d’In Salah. Nous ignorons pour le moment si des victimes sont à déplorer ou si ces émeutes ont causé des dégâts matériels.

Actualisé à 14 H 30 : Le Commandant militaire du secteur opérationnel d’In Salah a négocié personnellement avec un collectif de représentants des manifestants anti-gaz de schiste pour imposer le calme et l’arrêt des violences à In Salah. Ce haut gradé de l’armée algérienne a promis aux manifestants que les forces de la gendarmerie vont cesser leur répression et leurs interventions. Les manifestants ont pu donc se rassembler par milliers dans la Place publique située en face de la daïra. L’intervention du Commandant militaire a permis de stopper momentanément les affrontements et les émeutes.


Emeutes d’In Salah : le chef du secteur militaire d’In Salah met le holà

Le Matin/El Watan | 1er mars 2015

Les événements qui se sont succédé ce dimanche à In Salah où un véritable climat d’insurrection régnait sur la ville jusqu’en milieu de matinée ont fait plusieurs blessés parmi la population avant que la médiation du comité des sages de la ville via le chef du secteur militaire n’aboutisse à un retour au calme en fin d’apres-midi.

La population meurtrie par l’intervention musclée de la police et de la gendarmerie la veille. La gendarmerie a participé à réprimer la foule des manifestants qui demandaient samedi après-midi la libération de leurs camarades qui ont été interpellés prés de la base de vie de Haliburton. Ses éléments ont poursuivi les manifestants dans les venelles de la ville dans une course-poursuite effrénée jusqu’au soir.

La police a quant à elle pris sur son compte la répression au niveau de la Place Somoud. Il s’agit vraisemblablement d’une véritable bavure policière a laquelle est confrontée la population d’In Salah depuis samedi. Les manifestants témoignent d’un excès de violence dans l’intervention des forces de police qui ont emboité le pas aux gendarmes ayant poursuivi les jeunes du site de la base de vie Haliburton, à 10km de la ville, vers Place Somoud en plein centre.

L’intervention musclée à la fois de la gendarmerie munie de chars chasse-neige utilisés pour dissuader la foule de se rassembler en ce lieu de contestation depuis 60 jours a exacerbé la tension. Dimanche matin, après une nuit blanche, la population a riposté par une marche de grande envergure qui a commencé avec quelque 4 000 manifestants avant de s’élargir aux autres quartiers. Attaquée par la police qui avait mis fin au sit-in permanent depuis 60 jours sans interruption à Sahat Somoud, la population s’est organisée en relais pour contrecarrer les policiers usant de bombes lacrymogènes.

Bavure policière

Les insultes proférées contre les femmes ainsi que les propos racistes de quelques policiers auraient attisé la colère. "Vous les khaleche, repartez en Afrique vous n’êtes même pas des algériens" auraient répété des agents de police à l’encontre des manifestants selon des témoignages. Cette fois-ci et après avoir bénéficié de cailloux et grandes quantités de vinaigre distribués par les femmes, les jeunes exaltés ont encerclé le commissariat qui est resté sans électricité durant toute la journée après que les manifestants aient mis le feu à un véhicule blindé et au poste du transformateur d’électricité.

"Les policiers ont tiré non pas des tirs de sommation mais sur la foule, ils ont blessé une jeune au pied, il a été admis en urgence à l’hôpital d’in Salah", affirme un témoin. La situation s’enlisait vers plus de violence quand un groupe de sages, en pourparlers avec les uns et les autres sont arrivés à une trêve avec le chef du secteur militaire d’In Salah qui est allé vers 13h vers les assaillants du commissariat, les exhortant « à regagner la place Somoud comme avant avec la garantie de la sécurité". "Personne ne s’en prendra à vous", a-t-il crié haut et fort.

Pendant ce temps, les forces de police venus en renfort affrontaient les manifestants et des colonnes de fumée sont restées visibles jusqu’en fin d’après-midi. L’intervention du chef du secteur militaire a fait son effet. Le calme est revenu petit à petit à la ville et les esprits se sont apaisés pour un temps alors que le matin même, trois avions militaires atterrissaient à l’aéroport mixte de In Salah avec à leur bord 1 200 éléments. Le convoi de plusieurs bus a pris la piste du côté est de la ville. Un itinéraire contournant la ville et qui va de l’aéroport jusqu’à la sortie sud d‘in Salah.

Le vent des émeutes souffle aussi sur Tamanrasset

Après les violents affrontements qui ont éclaté, samedi, à In Salah, le climat des émeutes s’étend à Tamanrasset. Les manifestations organisées, ce 1er mars vers 1h du matin, par les opposants à l’exploitation des ressources schisteuses dans le sud ont vite dégénéré en échauffourées avec les forces de l’ordre.

Tout est parti lorsque les manifestants ont décidé d’investir la rue pour exprimer leur colère et leur mécontentement face à la conduite répressive des gendarmes ayant fait plusieurs victimes parmi les activistes anti-gaz de schiste à In Salah. Scandant des slogans hostiles au pouvoir, les contestataires ont marché du centre universitaire vers le siège de la wilaya en sillonnant les principales artères de la ville.

Cette fois-ci, les marcheurs ont toutefois dérogé à la tradition et opté pour une nouvelle forme de protestation qui sort du cadre pacifique. Ils ont saccagé les bacs à ordures mis en place aux accotements de la route principale menant au chef-lieu de la wilaya et ont attaqué plusieurs institutions publiques, à savoir la bibliothèque communale principale, le parc automobile de la wilaya et l’hôtel des enseignants, situés au centre-ville.

Les protestataires ont également incendié le poste de contrôle du barrage sécuritaire dressé à la sortie nord de la ville de Tamanrasset. Face à cette escalade, des escadrons de la brigade anti émeute sont intervenus pour disperser les manifestants. Faisant usage de bombes lacrymogènes, les forces de police ont, après quelques affrontements, réussi à remettre de l’ordre et à ouvrir les routes, barricadées à l’aide de pierres et d’autres d’objets hétéroclites, notamment au niveau de la sortie menant vers l’aéroport.