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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Italie : ping-pong, ping-pong, ping-pong... vlam
Article mis en ligne le 20 mars 2015
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C’est inutile. Malgré tous ses efforts, le côté raisonnable de tous ne sera jamais à l’abri des excès de quelques-uns. La multitude pourra aussi bien railler et mettre au ban l’individu, sa tranquillité sera toujours mise en danger par la rage de quelqu’un. La politique a besoin des masses, et exècre donc la solitude, à l’inverse de l’éthique, qui se suffit à elle-même. La politique pourra se contempler autant qu’elle veut dans le miroir de sa propre popularité, faire de grands sourires, récolter des applaudissements et compter avec auto-satisfaction sur ses propres forces, véritables ou supposées, mais elle ne pourra jamais empêcher qu’un pavé intempestif fasse voler son image en éclats.

Prenons par exemple la ligne de train à Grande Vitesse en construction dans la province d’Alessandria (Piémont), celle dite du Terzo Valico. La raison d’Etat veut qu’elle se fasse, et compte pour cela sur de nombreux parlementaires, sur la magistrature, sur les forces de l’ordre. La raison de contre-Etat ne veut pas qu’elle se fasse, et pour cela compte sur quelques parlementaires, sur la magistrature, sur les populations. Ping-pong, ping-pong, ping-pong... Pendant que les deux parties, sinon les deux partis, se disputent les faveurs de tous à grands coups de clairons sur la reprise économique ou sur les dévastations de l’environnement, sur les flux de marchandises ou sur les flux de pots-de-vin, voilà que sur les chantiers infestés d’ouvriers et de flics ont surgi nuitamment des hôtes indésirables. Passe encore quand il s’agit de voleurs, de miséreux qui feront l’actualité du jour, mais quand il s’agit de saboteurs... Là non, ils ne doivent pas faire la Une. C’est peut-être pour cela que c’est seulement à travers un mail anonyme diffusé sur internet qu’on a appris l’incendie qui a grillé des engins de chantier il y a quelques nuits.

La raison d’Etat se tait, celle du contre-Etat également. Tant qu’elles ne sont pas utiles à l’intimidation répressive ou à la gloriole activiste, ce ne sont pas des choses dignes d’être prises en considération, et donc qui ne doivent pas arriver. Et pourtant, oooh, quel dommage...

[Traduit de l’italien de Finimondo, 19/03/15]