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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris : avis aux amateurs, le flux fragile de la construction du nouveau Palais de Justice
Article mis en ligne le 23 mars 2015
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[A côté de la construction en cours du siège de services centraux du Ministère de l’Intérieur à côté de la place de la Nation, à côté de la construction en cours du nouveau siège du Ministère de la Justice à la porte d’Aubervilliers (35 rue de la gare (19e)), à côté du déménagement en cours de de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie à Pontoise (Yvelines), à côté du prochain démarrage de la construction du nouveau siège régional de la police scientifique à Saint-Denis (avenue Jean Moulin), un autre chantier est également susceptible d’attirer l’attention de tous les ennemis de l’ordre : celui du futur monstre nommé Palais de Justice, aux Batignolles (17e), qui nécessite notamment un flux ininterrompu de béton et vient à peine de finir ses fondations...
Pour rappel, le futur Palais de Justice de 160 mètres de hauteur regroupera, sur 62.000 m², les services du tribunal de grande instance de Paris, aujourd’hui répartis sur cinq sites, ainsi que ceux du tribunal de police. Il accueillera notamment 90 salles d’audience, contre 31 dans l’actuel palais, ainsi que tous les tribunaux d’instance d’arrondissements. La police judiciaire quittera alors son adresse mythique du 36 quai des Orfèvres pour rejoindre, elle aussi, les Batignolles.]


Aux Batignolles, la future cité judiciaire fait son trou

Le Parisien | 22 Mars 2015, 21h36

Le site accueillera, à terme, la deuxième tour de bureaux la plus haute de Paris. Mais sur le chantier de la future cité judiciaire de Paris en bordure du nouveau quartier Clichy-Batignolles (XVIIe), c’est pour l’instant en « profondeur » qu’une étape importante vient d’être franchie.

Une gigantesque cavité a été creusée sur 18 000 m2 de terrain (l’emprise au sol du futur palais de justice) et les fondations de l’édifice hors normes conçu par l’architecte de renom Renzo Piano sont désormais achevées. Après le coulage de la gigantesque dalle de béton armé de près de 1,5 m d’épaisseur qui supportera les 38 étages du tribunal, la construction des trois étages de sous-sols a commencé.

Pas moins de douze grues (un record pour un chantier parisien) surplombent maintenant la zone de travaux de la porte de Clichy. Et des nuées de camions à béton - plusieurs centaines de rotations ont été nécessaires rien que pour la dalle de soutènement- se relaient sur le site. Les travaux ont normalement lieux en semaine de 6 heures à 22 heures. Mais le géant du BTP Bouygues-Construction qui pilote le chantier bénéficie de nombreuses dérogations. Au programme des réjouissances pour les riverains : plusieurs autorisations délivrées par la préfecture de police pour des bétonnages le samedi « et la nuit consécutive du dimanche » ainsi que pour des travaux nocturnes quelques jours dans la semaine.

Les travaux pourront ainsi être menés en continu (de 6 heures du matin à 6 heures le lendemain) durant 7 journées d’ici au 30 avril prochain. « Il s’agit de dépassements horaires tout à fait exceptionnels. Ils sont nécessaires pour mener à bien certaines opérations qui ne peuvent techniquement pas être interrompues », rassure-t-on du côté de Bouygues-Construction en rappelant que d’autres chantiers du nouveau quartier des Batignolles bénéficient de dérogations encore plus larges. Le chantier géant a en tout cas enfin trouvé son rythme de croisière après un démarrage plutôt compliqué.

Mené selon la très contestée formule du PPP - le Partenariat public privé qui prévoit que l’aménageur finance lui-même le coût de construction et de maintenance du bâtiment avant de le louer pour une très longue période à l’Etat —, le dossier « cité judiciaire » avait été attribué au projet Bouygues par Nicolas Sarkozy, à la veille des élections présidentielles de 2012. Un temps remis en cause par la nouvelle garde des Sceaux, Christiane Taubira, en raison de son coût prohibitif, le chantier avait finalement été lancé à l’été 2013… Mais pour être arrêté au bout de quelques semaines à la suite de recours en justice déposés par des avocats opposés au départ du palais de justice de son siège historique de l’Île de la Cité.

La cité judiciaire en chiffres

160 m. Ce sera la hauteur du futur Palais de justice, qui deviendra en 2017 la 2e plus haute tour « habitée » de Paris derrière Montparnasse et ses 210 m. La superficie totale du bâtiment de verre et d’acier imaginé par Renzo Piano dépassera les 100 000 m2… soit environ 1,2 fois la place de la Concorde !

9,5 millions d’heures de travail. C’est, selon les estimations de Bouygues, l’activité qui sera générée par la construction de la cité judiciaire. Le chantier doit durer au total trois ans.

2044. C’est la date à laquelle l’Etat récupérera la propriété du nouveau palais de justice. D’ici là, il versera un loyer au consortium Arélia (piloté par Bouygues) qui a remporté le contrat pour la construction du bâtiment et sa maintenance pendant vingt-sept ans. La facture globale au terme du contrat dépassera les 2,5 Mds€.

9 000 visiteurs. C’est le nombre de personnes — magistrats, agents de l’Etat et justiciables — qui fréquenteront quotidiennement la future cité judiciaire. Le site comptera 90 salles d’audience.

1 métro, 1 RER et deux lignes de bus. C’est la desserte actuelle en transports en commun du site de la porte de Clichy. En plus de la ligne 13 du métro et du RER C, le secteur en plein développement sera également desservi en 2017 par le tramway T3 prolongé jusqu’à la porte d’Asnières. La prolongation de la ligne 14 du métro, de son terminus de Saint-Lazare jusqu’à Saint-Ouen, ne pourrait en revanche être achevée que bien après l’inauguration de la nouvelle cité judiciaire

Les travaux n’ont redémarré qu’en avril 2014, une fois les opposants déboutés, après plus de 8 mois d’interruption. La livraison du nouveau Palais de justice qui était initialement prévue pour novembre 2016 a finalement été au 1er juillet 2017. « Cette date reste d’actualité. Elle a été confirmée lors du comité du groupe Bouygues en février dernier. Le calendrier sera tenu », précise le géant du BTP.